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 Trouve l'ombre, pour voir la lumière.

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Sam 17 Avr - 2:12









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Trouve l'ombre, pour voir la lumière.
i shut my eyes, in order to see.


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Sam 17 Avr - 2:12





Au fond, toute âme humaine est cela : une fragile lumière en marche vers quelque abri divin, qu'elle imagine, cherche et ne voit pas. (André Maurois)
Loreley.
C'était un nom doux. Un nom de femme, d'humaine, mais il avait été donné à une fillette aux cornes retroussées et aux pattes de faune. Elle était belle pourtant, avec ses cheveux bruns et ses grands yeux qui brillaient d'être trop bleues. Elle avait un grand sourire, sans cesse, et ses mimiques toutes enfantines donnaient envie de le manger toute crue. Elle était belle, et si son prénom, pour tout être vivant n'appartenant pas à sa race était incompréhensible et imprononçable, elle restait pourtant la petite Loreley, aux doigts d'argent, qui donnaient un sens à tout ce qu'elle touchait. Elle était belle comme un ange, logique et pleine de morale. Elle ronchonnait toujours qu'on la dise trop rigide pour son âge, elle qui était aussi grande que la table, mais elle haussait les épaules, faussement vexée, et répondait tout simplement que dans la vie, il fallait bien se tenir à quelques principes. Même si elle en avait beaucoup trop.

Loreley.
C'était beau, comme prénom. Mais Loreley cessa de sourire quand le vaisseau s'écrasa violemment en Azeroth. Ses deux parents décédèrent sur le coup, laissant derrière eux quatre enfants. Loreley était la première, l'aînée, et elle était devenue froide comme le glas. Froide, au regard sévère. Derrière elle, il y avait le fort Dömÿ, un tas de muscle ambulant, proche de la nature. Il la regardait tristement bien souvent. Il savait que Loreley était de tous celle qui avait le plus souffert, mais pouvait-il seulement l'aider, quand il était trop jeune pour s'assumer? Derrière lui, il y avait la jeune Coreley, au sourire calme et aux yeux clairs, douce comme une mère, à la peau douce. Elle était la lumière de la famille, quand Loreley la regardait d'un mauvais oeil. Aurait-elle seulement pu la supporter, elle et ses sourires candides? Coreley aimait ce que les filles aiment : les garçons qui la regardent, être au centre de l'attention. Jouer à la femme. La perte de leurs parents l'avait touchés, c'était sûr, mais que pouvait-elle y faire? Elle s'est dit que Naaru les avait accueillis, et les avait chéris en son coeur, car il était bon et grand. Le dernier de la famille, Lömÿ, la rejoignait. Lui croyait en sa force de coeur. Il deviendrait fort, car il était respectable, même si il était jeune. S'il ne changeait pas, il deviendrait prêtre.

Tous les soirs, quand Loreley rentrait chez elle, elle regardait les trois enfants, avec le regard trop mature, désillusionné, et elle ne voyait rien ici de concret, de tangible. La famille était brisée. Il fallait qu'elle se reconstruise, qu'elle redevienne ce qu'elle était, et en cela, il fallait que tous fasse l'apprentissage de la vie. À commencer par Loreley. Elle le savait, elle aussi, mais pouvait-elle quitter cette famille qui chaque soir l'accueillait, bras ouvert? Elle ne le pouvait pas. Pas maintenant. Il fallait quelque chose, un déclic. Quelque chose d'infime, mais qui pour elle représenterait quelque chose de fort. Cette chose n'arriverait pas encore. Elle n'arriverait peut être jamais. Loreley n'y croyait pas de toute façon.

Elle ne croyait plus en rien.

Quand elle rentra ce soir là, c'est le regard de Coreley qui l'accueillit. Il brillait de milles feux, et elle tendit tout doucement ses mains. Elles tenaient quelque chose, et quand Loreley posa son regard dessus, elle haussa un sourcil. Cette chose, c'était des... dessins? Loreley les attrapa doucement, et regarda. Sur tous les dessins, ils étaient quatre, ils étaient heureux, ils souriaient et s'amusaient. C'était beau. La draeneï eut un sourire tendre, et redonna les dessins. D'une main, elle ébouriffa les cheveux de sa cadette.

« C'est très beau, Coreley. »
« Merci! »

La voix chantonnant, Coreley tourna les talons, mais finalement refit encore un demi-tour, ses grands yeux posés sur Loreley. La draeneï arqua un sourcil :

« Tu as besoin de quelque chose... ? »
« Dömÿ m'a demandé quelque chose, mais là... Je m'en rappelle plus. » Loreley eut un sourire amusé.
« Du bois pour le feu? » Coreley sursauta, son index pointé vers le haut.
« Oui! C'est ça! »
« J'y vais. »

Loreley se tourna, amusée. Si son sourire était un peu triste, ce n'était pas de sa faute. Elle aurait vraiment aimé sourire sincèrement, mais à chaque fois, il y avait quelque chose de douloureux au fond d'elle. Elle sortit de la petite baraque et s'éloigna dans les bois, une simple épée rouillée à la ceinture. C'était le minimum à avoir. Ici, il n'y avait pas de guerre, pas de pestilence, ni de bourrasque de feu par quelques dragons du Vol Noir. Il n'y avait qu'eux, et quelques phalènes aux grandes ailes. C'était juste beau. Loreley s'amusait parfois à s'asseoir et à regarder les papillons voletaient. Ça passait le temps. Ça changeait les idées. Mais ce soir, elle n'avait pas le coeur à ça. Elle ramassa les bouts de bois, sans un mot. Elle n'obligeait jamais Coreley et Lömÿ aux basses tâches, car ils étaient jeunes, et qu'elle voulait les préserver de toute cette misère. Ça faisait trop mal de les voir sans parents pour en plus les obliger à faire ce qu'ils ne veulent pas. Loreley sursauta quand une branche se brisa. Devant elle, un faon pencha la tête. Elle eut un sourire, et regarda aux alentours, mais aucune biche ne s'y trouvait. Se pouvait-il qu'une mère laisse son enfant s'éloigner? Loreley se redressa de toute sa hauteur, et regarda, mais rien. Juste des phalènes. Encore des phalènes. Le faon recula et s'éloigna en marchant. La draeneï arqua un sourcil. Il savait donc où aller? Inquiète de ce qu'il allait devenir de l'animal, la jeune fille posa sur le sol les buchettes qu'elle portait jusque là, et elle suivit le faon qui semblait l'attendre pour avancer. Calmement, lentement, elle suivit la petite chose fragile qui avançait sur la terre. Ils s'enfoncèrent ensemble, sans un mot, et plus ils avançaient, plus les lunes dans le ciel se faisaient lumineuses. Sur l'île de Brume Azur, le ciel était toujours clair, et il fallait être d'ici pour savoir quand il faisait nuit, et quand il faisait beau. Loreley s'arrêta finalement, car ils étaient arrivés au lac, et que le faon la regardait de ses yeux en amandes. Qu'attendait-il? S'était il perdu?

« Où vas tu? »

Le faon recula, et ses pas flottaient sur l'eau. Ils flottaient. Il flottait. Le faon marchait sur l'eau, et au contact de l'eau, son corps entier devient d'un blanc clair. Il devint grand, le bel animal. Des bois imposants poussèrent sur le haut de son crâne comme son squelette s'allongeait, et le faon fragile s'était transformé en un magnifique cerf, prince des forêts. Loreley était tombée à genoux devant le spectacle, comme l'animal faisait demi-tour sur l'eau, et regardait la draeneï. Elle ne bougeait pas, fixait le magnifique animal dans un silence de mort. Pouvait-elle seulement placer un mot sur ce qui venait de se passer devant ses yeux? Elle avait entendu parler des hommes et des femmes qui se changent en animaux, et des animaux qui, le soir venu, se parent de rayures qui brillent... Elle avait entendu parler de ses êtres aux cornes, des siens, des dragons aussi, mais elle n'avait jamais vu que les ailes des phalènes. L'Exodar était même un rêve pour elle, car jamais elle n'avait ne serais-ce que frôler les fondations de la Capitale. Son périmètre, c'était le Guet d'Azur au plus loin, et sa cabane. C'était la première fois qu'elle voyait une autre créature qu'un phalène. Le cerf le savait, ça se lisait. Il étendit son cou, long et élastique, et elle frôla du bout du doigt le museau humide et froid, mais ses doigts passèrent dans l'ectoplasme de l'esprit. Un esprit. C'était donc ça, un esprit? C'était aussi froid et léger? Loreley regarda l'animal, et ce dernier releva doucement la tête, la fixant de ses yeux clairs. Un esprit. C'était beau.

« Il te faut partir, Lorellïullireïna... Ta quête commence ici. » Elle tendit sa main, mais se ravisa.
« Ma quête...? »
« Trouve ta lumière. Celle que tu as perdu. Celle que tu n'as pas vu. Marche, marche loin, longtemps. Ton éternité ne te sera pas nécessaire, mais il te faut subir la solitude, les amitiés qui se font et se défont, les amours éphémères, qui meurent et s'effacent dans l'univers. Il te faut connaître tes ombres. Quand tu auras connu l'obscurité, la mort, alors peut être verras-tu ta lumière. »
« Ma... lumière? Mais, comment saurais-je que je l'ai à nouveau? » Le cerf sembla sourire, mais ce n'était qu'une impression. Un cerf ne sourit pas. La draeneï le sait.
« Tu le sauras, c'est tout. » Le cerf recula, mais elle s'approcha à nouveau. Dans son élan, son pieds entra dans l'eau.
« Par où je dois commencer? »
« Va là où ton coeur te mène. Ne regarde pas tes pas. Marche. Marche jusqu'à que la fatigue t'endorme... »

Et le cerf disparu.
Loreley resta sur la terre ferme, quoi que son sabot était mouillé. Elle regarda un instant l'eau, abasourdie. Un esprit... était-elle à ce point désespérée qu'elle se mettait à inventer mille excuses? Une lourde main se posa sur son épaule, ce qui la fit sursauter. Elle se retourna aussitôt, les yeux écarquillés.

« D-Dömÿ? »
« Tu es en retard, Loreley. » Le géant de muscle eut un sourire. « Coreley s'inquiétait, alors... »
« J-je... je n'ai pas vu l'heure... »
« Pendant un moment, en te voyant si près de l'eau, j'ai cru que tu voulais te noyer. » Il eut un rire bête, mais pourtant sincère. « On rentre? »
« Non. »

La réponse frappa le géant qui sursauta et regarda sa grande soeur – et pourtant si petite en taille face à lui. Oh, bien sûr, elle lui arrivait au niveau des épaules, mais elle n'en restait pas moins petite. Loreley regarda son frère cadet, le regard droit, directe. C'était la première fois depuis l'accident qu'elle semblait aussi déterminée.

« Comment ça non? »
« Je pars, Dömÿ. »
« Mais où? »
« Je ne sais pas. Là où mes pas me mèneront... »
« Mais? Tu y vas seule, comme ça, sans prévenir? Ça t'es venue comment d'abord? » Elle haussa les épaules.
« Il est temps pour moi de prendre mon envol vers la lumière, Dömÿ. Toi aussi tu partiras, car tu sentiras qu'il est le bon moment. » Elle avait un sourire si sincère... cela lui fendit le coeur. Il baissa la tête, triste.
« Tu diras au moins au revoir à Coreley et Lömÿ...? »

Loreley hocha négativement de la tête.

« … mais... »
« Pardon Dömÿ. Vraiment... »
« On se reverra? » Il espérait, du fond du coeur. Elle haussa les épaules.
« Quand j'aurais trouvé ma lumière, je jure de revenir vous voir. »
« Quand la trouveras-tu? »
« Je l'ignore. »

Dömÿ la regarda, comme elle semblait sincère et fragile. Loreley avait toujours été forte. La plus forte d'eux quatre. Car elle avait la passion dans les veines, et qu'elle était animée de cette force de caractère qui avait longtemps été celui de leur mère. La serrer dans ses bras aurait été décalé, alors il ne fit rien de tout ça et eut un sourire pour elle. Peut être le dernier.

« Un jour, nous entendrons ton nom comme celui d'une brave, et si c'est sur le chemin de la lumière que tu t'engages, alors j'espère qu'un jour, je te verrais sur ton destrier, fière et forte à la fois. » Elle eut un sourire amusé.
« Si mon nom retentit parmi les héros, alors je veux que le votre résonne aussi, et qu'à votre nom, on m'indique la direction de votre chemin. »
« Nous nous reverrons. »
« Très bientôt, j'en suis sûr. »

Comme elle finissait sa phrase, et qu'il reculait, elle releva le nez. Elle fixait les lunes, astres magnifiques. Elle regarda son frère, passa sa main sur une de ses tentacules, dans une dernière caresse amicale, et s'éloigna. Elle n'avait rien d'autre qu'une épée rouillée, un pantalon et une chemise blanche, trouée et sale. Maintenant, c'était au destin de lui tendre la main. Elle n'avait plus rien que ça. Elle n'avait plus de famille, plus de lien. Pas d'argent, ni de bien. Juste le destin, et sa lumière pour unique horizon.


 

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