AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  



 

Partagez | 
 

 Le Sam.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
PROFIL & INFORMATIONS






Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Lukas K. Ustaz
PROFESSEUR de dcfm

► MESSAGES : 294
Dim 29 Jan - 17:59


Si ce n’était grâce aux grands lampadaires en fer forgé qui étaient plantés jusqu’à la sortie de Bibury, Balto et Sam seraient plongés dans un noir de poix. La nuit était tombée une heure plus tôt, le ciel s’était dès lors peint de nuages encombrants qui dévoilaient de temps à autre la lune ronde et pleine. Un léger crachin déposait une fine pellicule humide et glissante sur le goudron de la route qui s’échappait du village et filait à travers les collines des Cotswolds. L’agréable petrichor dont exhalaient les terres alentours titilla le naseau du Balto. L’animal était assis sur son séant à la sortie du village. Sur sa gauche la route serpentait parmi les habitations, sur sa droite elle se perdait de loin en loin. Devant lui, un chemin de terre traversait les champs vallonnés et se dessinait vaguement à l’horizon, grimpant sur une des plus hautes collines des environs.

Bibury était un petit village moldu, sacrément pittoresque et on ne peut plus typique de ces contrées de la campagne anglaise. Il n’avait aucun intérêt si ce n’était pour son élevage de truites arc-en-ciel. Pourquoi Lukas leur avait-il donné rendez-vous à cet endroit précis ? Même Balto eut du mal à en entrevoir les raisons bien qu’il partageât ses pensées avec son maître. Le chien était resté avec Samuelle pour quelques jours, son maître étant très occupé depuis son retour au monde du visible tangible.

A l’heure du rendez-vous, la lune, se dégageant partiellement de sa couverture nuageuse, déversa sa lumière coruscante sur le haut de la plus haute colline de la vallée. Balto réprima un aboiement en quelque bruit guttural dans le fond de sa gorge et plissa des yeux. Une masse sombre sembla s’ériger en pic au-dessus de la colline puis retomba sur son flanc pour dévaler le petit chemin de terre. C’était un bateau. Un galion à trois mâts de vingt-cinq mètres de long au moins. Toutes voiles dehors, il glissait à plus d’un mètre du sol et à une allure folle. Balto reconnut la silhouette de Lukas debout sur le bastingage. L’animal s’élança à travers champs à sa rencontre.

Le galion s’était immobilisé. Quelques torches bleues illuminaient le pont et jetaient des ombres sur les voiles qui se gonflaient au gré du vent. Le crachin s’était accentué. La pluie trottinait sur le bois du navire. Soudain, une passerelle agrémentée d’un escalier tomba de dessous la coque et s’ancra lourdement dans le sol. Lukas, vêtu de sa pelisse de vair, descendit les marches. Il n’avait à se pencher que très légèrement pour passer sous la coque.

- Alors, Balto ? demanda-t-il avec un sourire béat. Qu’est-ce que tu en penses ? On ne nous trouvera jamais là-dedans. Je l’ai emprunté au musée national de la marine de Londres. Ils ont une réplique qui ne souffre d’aucun défaut, ajouta-t-il d’un air goguenard. Il est protégé par les meilleurs enchantements que je connaisse, certains que j’ai inventé pour l’occasion. Pour qu’il vienne il suffit de se craquer l’index et de dire ‘Sam’. C’est son nom, je l’ai baptisé le Sam !






Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Samuelle Daee
SORCIERE.
Agent du Ministère Canadien

► MESSAGES : 173
Dim 29 Jan - 21:15


Le crachin perpétuel de l’Angleterre était très différent des rafales de pluie de son territoire natal. Celui-ci distillait un lent poison dans ses veines. « Qu’elle idée de donner rendez-vous aux gens dehors par cette température? » Ses cheveux lui collaient à la figure, et le col relevé de sa veste de cuir n’empêchait pas l’eau de s’infiltrer dans son cou. Elle allait se décider à lui faire faux bond pour aller se mettre à l’abri quand elle vit le vaisseaux monter à l’assaut des vallons. « Humm… » critiqua-t-elle avant de suivre Balto à la rencontre de son maître.

Samuelle prit la chose avec une certaine élégance. Prise d’une subite envie, elle lui colla son poing dans la figure. Un coup de bon droit, sans retenue, qui l’envoya rouler par terre dans la terre meuble et détrempée. « Oh, excuse-moi, je t’ai fait mal? » Sa réaction donnait une nouvelle dimension à l’expression ‘en colère’. Restait à savoir si c’était pour le vol du bateau ou pour une autre raison. Étant donné l’origine et la personnalité de la jeune femme, il y avait fort à parier que le problème n’était pas le vol…

Ce qu’elle confirma par un hurlement de rage en lui tombant dessus à grand renfort de taloches : « ARGL! Je n’ai jamais été aussi insultée de ma vie! » Elle lui enfonça les doigts sous les clavicules, là où ça fait mal. « En claquant des doigts??? Tu l’as appelé Sam? Tout le monde va s’imaginer que… que… » Son bafouillement devient inintelligible alors qu’elle se refusait à traduire le fond de sa pensée. « ARGL!! » Elle lui brandit un index sous le nez. Boueux et vindicatif. « T’as intérêt à en changer le nom et vite… » le menaça-t-elle. « Parce que je ne te laisserai pas faire! »






Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Lukas K. Ustaz
PROFESSEUR de dcfm

► MESSAGES : 294
Lun 30 Jan - 18:18


Lukas se retournait vers Sam avec un large sourire aux lèvres lorsque le poing de la métisse fit irruption dans son champ de vision. BIM ! Comme de concert, la pluie commença à tomber dru. Balto se réfugia sous la coque du navire et scruta la scène avec circonspection.
- Non d’un… marmonna Lukas vautré dans la fange au bout d’un sillon creusé par son vol plané.
Le coup n’avait néanmoins pas réussi à arracher le sourire au visage du sorcier ; malgré en outre le sang qui coulait de son nez. Lukas rigola même lorsque Samuelle se jeta sur lui et s’appliqua à la frapper. Il se débattait, sans vraiment forcer, parant les coups entre deux éclats de rire. Et puis les paroles de la métisse vinrent à ses oreilles. Le visage de Lukas se rembrunit d’un coup, ses traits se tirèrent. Une détonation, une gerbe d’étincelles et ce fut au tour de Samuelle de glisser au sol. Lukas se releva, rajusta son manteau plein de boue et rangea sa baguette. Il respirait bruyamment et crachait le sang qui lui coulait dans la bouche.
- S’imaginer quoi Sam ? Hein ? s’écria-t-il. Ce bateau est conçu pour n’être vu par personne d’autre que nous trois. Personne ne va penser quoi que ce soit. Refrène ton imagination !
Lukas se tint debout pendant quelques secondes dans la nuit noire. Il fixait la métisse, haletant, une grimace d'incompréhension sur le visage. Enfin, il indiqua à Balto de monter dans le bateau et lui emboîta le pas.
- C’était juste ma façon de te dire merci, dit-il en se retournant une dernière fois sur la passerelle. Avant d’ajouter en remontant. Tu me fatigues Samuelle.

Galion ensorcelé oblige, la cale était élégamment aménagée. La passerelle menait à un espace rectangulaire ; une sorte de salon avec une grande table en chêne, un poêle à bois dans lequel se muaient des flammes dansantes, un cuisine ouverte dans un coin, un tas de coussins dans un autre sur lesquels Balto s’allongea sitôt rentré. Un escalier en fer forgé et en colimaçon montait vers une trappe qui donnait sur le pont. Deux portes en haut de trois marches d’un côté et de l’autre du salon donnaient sur les châteaux de proue et de poupe. Lukas sortait tout juste de l’avant, du coton dans les narines. Derrière lui, la porte ouverte laissait entrevoir une grande chambre. Des centaines de livres parsemaient des étagères fixées à la coque. Une lumière tamisée accentuait la chaleur prodiguée par le poêle. Une odeur de soupe au potiron émanait d’une marmite bouillante vers laquelle Lukas se dirigeait. Il entreprit machinalement de tourner lui-même la louche qui dansait toute seule dans le récipient avant qu’il n’arrive. Un léger roulis, presque imperceptible rappelait que tout ceci se trouvait bien en fond de cale d’un galion.






Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Samuelle Daee
SORCIERE.
Agent du Ministère Canadien

► MESSAGES : 173
Mar 31 Jan - 4:37


« Lâche! T’as utilisé ta magie sur moi, vaurien! » l’accusa-t-elle dans la nuit. Puis, elle monta à l’abordage.

Rien n’aurait pu l’y forcer. Rien mis à part la colère. Samuelle était imprévisible comme la magie qu’elle ne maitrisait pas. Elle fit irruption dans la pièce, répandant boue et pluie autour d’elle. « Librement donné, librement accepté. Il n’y a pas de dette entre nous. » C’était généreux. Généreux, démesuré et tout confit d’ignorance… Elle tapa du pied, éclaboussant un peu plus le parquet ciré. « Tu ne peux pas appeler ce vaisseau par mon nom, peu importe que personne ne puisse le voir. Moi je le saurai! » C’était là le nœud du problème. Que son humilité naturelle se froisse d’un pareil hommage passait encore… Que le mécanisme pour que le dit navire apparaisse soit de claquer des doigts en l’appelant par son nom était une analogie qu’elle ne pouvait supporter. Un vaisseau? Et pourquoi pas une putain de statue!

« Et tu vas voir… » fit-elle en franchissant la distance qui les séparait pour se planter devant lui au terme d'une piste de trace boueuse. « Je te fatigue??? » sussura-t-elle d’un ton onctueux, les poings sur les hanches, le menton dressé haut pour le fixé droit dans les yeux. « Continue à m’embêter et je te jure que plus jamais tu n’oseras aller au lit sans laisser la lumière allumée! » menaça-t-elle, sa voix prenant des accents chantant comme si elle énonçait une malédiction. Elle était belle et terrible et seul un incontrôlable frisson atténuait l'éclat surnaturel de ses yeux. « Change le nom de ce navire ou je le coule! »






Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Lukas K. Ustaz
PROFESSEUR de dcfm

► MESSAGES : 294
Mar 31 Jan - 18:33


Lukas versa trois louchées de soupe au potiron dans un large bol en terre cuite. D’un coup de baguette il le fit léviter devant lui et se retourna. Samuelle était plantée là; elle lui faisait face avec tout l'aplomb dont elle était capable. Il croisa subrepticement son regard puis se dirigea vers Balto qui était toujours affalé sur le tas de coussins.
- Je ne dors plus de toute façon, répondit-il à demi-mot. Plus depuis que je suis revenu.
Lukas posa le bol sur le sol et Balto entreprit d’en laper goulûment le contenu. Le maître, accroupi, caressait le chien, jouant à pincer les bourrelets que le beauceron avait empochés durant son absence. L'animal répondait par des coups de dent inoffensifs. Le navire grinça suite à la menace de la métisse. Lukas leva sa baguette au-dessus de sa tête. Il y eut une détonation et le navire grinça de plus belle, mais différemment cette fois, comme si il s’étirait, se réagençait.
- C’est fait, le nom est changé, murmura-t-il sur un ton désinvolte.
En se relevant il arracha la pancarte en bois que se trouvait au-dessus de la porte menant au château de poupe. Il y était gravé en belles lettres calligraphiées ‘La Chambre de Sam’. Lukas ouvrit le poêle à bois et y jeta le panneau sans commisération aucune.
Balto, qui avait déjà fini son repas se laissa tomber sur ses coussins, repu. Lukas se pencha de nouveau sur l’animal.
- Je dois aller à Poudlard demain, Balto. On m’a proposé le poste de professeur de défense contre les forces du mal. J’ai dit oui. Bonne nuit, ajouta-t-il en lui grattant l’échine une dernière fois.
Puis le sorcier se dirigea à nouveau vers le coin cuisine, se servit un bol de soupe et prit la direction de sa chambre.
- Ne me prends pas pour un magicien de pacotille Sam, dit-il avant de fermer la porte derrière-lui.
Balto fixait Samuelle de ses yeux azurs. Ses paupières se faisaient de plus en plus lourdes.






Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Samuelle Daee
SORCIERE.
Agent du Ministère Canadien

► MESSAGES : 173
Mar 31 Jan - 21:56



« Il est vexé? » demanda-t-elle à Balto. « Bon sang… il a quel âge pour aller bouder dans sa chambre comme ça? » demanda-t-elle en fixant la porte close. L’instinct de conservation, niveau de base, aurait dû la pousser à rapidement prendre la tangente et veiller à ne plus jamais recroiser sa route. Samuelle se mit donc en marche d’un pas décidé et alla toquer à la porte du château de proue. Un seul coup, après quoi elle ouvrit la porte et glissa sa tête dans l’entrebâillement.

« L’ambiance ne me donne pas l’impression d’être chez un magicien de pacotille mais plutôt d’être entrée dans la maison de l’horrible sorcière… » Elle fit une pose.« Et d’ailleurs, avant de manger quoi que ce soit, je vérifierai s’il n’y a pas d’enfant dans le four.»

Son tempérament bouillant s’était rapidement tempéré. Elle n’exigea pas d’excuse pour l’avoir vexé elle, et ne prit pas la peine de lui expliquer pourquoi le sujet des remerciements était si sensible depuis son passage chez les fées. Au lieu de quoi elle demanda : « Je peux aller avec toi à Poudlard? » demanda-t-elle sans préambule. Comme si elle était le genre d'individus qui demande des permissions...






Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Lukas K. Ustaz
PROFESSEUR de dcfm

► MESSAGES : 294
Mar 31 Jan - 23:29


Pour toute réponse, Balto ferma définitivement les yeux et sombra dans un sommeil aussi profond que loin des enfantillages de ses deux compagnons.

La chambre de Lukas épousait parfaitement le château de proue. Elle était cubique et haute de plafond ; un petit escalier central en colimaçon menait même à une mezzanine. Le haut avait été utilisé pour entreposer d’autres livres, tous plus vieux et poussiéreux les uns que les autres, des ribambelles de parchemins griffonnés d’une langue étrange, des coffres de tailles différentes et sans serrure, des bibelots bizarres aux utilités suspectes et une grande garde-robe qui devait être à n’en point douter une armoire à disparaître. Le bas était meublé comme une chambre devait l’être ; un large lit à baldaquin dont le couvre-lit en soie noire était recouvert d’une fine pellicule de poussière. Lukas était assis à un bureau, la tête penchée sur d’autres parchemins, il jetait un regard de temps à autre à une carte accrochée sur le mur en face ; une vieille carte d’Egypte.

Sam fit irruption. Quoi de plus normal. L’évocation des enfants dans le four était tellement inappropriée qu’elle extirpa Lukas de ses lectures. Bien sûr il ne douta pas une seule seconde que cette allusion à ses crimes passés était délibérée. Une surenchère du mauvais goût aurait été de préciser qu’il n’en avait enfourné aucun, mais Lukas se ravisa en aristocrate viennois qu’il était – ou qu’il avait été.

- Te dire non ne servirait à rien Sam, répondit Lukas en s’étirant sur sa chaise. Alors je te demanderai juste de faire preuve de discrétion. Ce poste est une couverture. Pas de Lukas, pas d’Ustaz. Là-bas je serai le professeur Kellen. Ne parle pas de moi, ni de Balto, ni de toi d’ailleurs, à vrai dire, là-bas, il vaudrait mieux que tu te contentes d’ennuyer ton monde en silence. Essaye au moins… Sans attendre de réponse il reprit sur un tout autre sujet. Concernant ton caillou, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, je sais qu’il n’est pas perdu. La mauvaise, Grand-mère Ida ne veut pas me dire où elle l’a caché.
- Je te le dirai lorsque tu me diras à quoi correspondent tous ses signes étranges sur ces parchemins répliqua le fantôme de la vielle femme d’un recoin de la mezzanine.
- Et vu que cette requête a à peu près autant de chance d’aboutir que de voir des cheveux repousser sur mon crâne, j’ai bien peur que tu ne retrouveras jamais ta pierre.
- J'ai l’É-TER-NI-TÉ pour déchiffrer ce langage Lukas Ustaz, alors tu ferais mieux de cracher le morceau TOUT-DE-SUITE, scanda Grand-mère Ida d'en haut.
- Et j'ai également l'éternité pour te résister vieille peau, marmonna Lukas pour lui-même.
- Qu'est-ce que tu as dit ? Non d'un gobelin, pourquoi aucun de ces coffres n'a de serrure !






Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Samuelle Daee
SORCIERE.
Agent du Ministère Canadien

► MESSAGES : 173
Mer 1 Fév - 4:02


« La pierre que j’ai donné est l’une de mes pierres personnelles. » Elle entra dans la chambre, explorant les lieux sans vergogne, laissant des empreintes humides derrière elle. « Un Daee sait toujours où se trouve ses pierres personnelles… Tu vois, c’est comme une partie de soi. On sait toujours où se trouve chacun de nos membres… » Elle sourit à Ida. Samuelle pouvait être une véritable artiste en matière de malveillance et d’injure. « Faudra vous trouver un meilleur levier, vieille peau! »

Elle prit un livre sur une étagère, l’ouvrit au hasard et le referma lorsqu’elle réalisa qu’elle ne pouvait pas le déchiffrer. Elle allait en disposer n’importe comment mais se ravisa avant de le remettre là où elle l’avait pris en lui jetant un regard en billet. Il n’y avait pas de pierre dans cette pièce et elle se demanda si c’était dirigé contre elle. Le bois absorbe tout autant que la pierre mais il est plus facilement distrait. Ayant fait le tour, elle tâta le matelas du lit avec circonspection et se roula dans le couvre-lit en faisant plusieurs tours sur elle-même. Après tout, il n’y dormait pas et il lui avait interdit l’autre chambre, non?

« Il y a un problème… » murmura-t-elle d’une voix ensommeillée. « Les gens de ma sorte… Ne passent pas inaperçus… » Elle ne spécifia pas si elle parlait de son physique exotique ou de sa fascinante personnalité. « Parce que moi, en 22jours, je n’ai pas changé. » Il y avait une accusation subtile dans ces mots-là. Lui avait changé. « Poudlard est une grande école. Je pourrais y jouer les élèves… Il y a des tas de choses que tu ne m’as pas encore apprises… Les coffres sans serrures par exemple. Mais je suis trop vieille n’est-ce pas? » Elle parlait sans retenue, partageant avec lui tout son cheminement de pensée, le sommeil tout proche lui faisant oublier de se taire. Elle prenait manifestement pour acquis qu’il refuserait de continuer à l’instruire. Il n’avait plus évoqué ce ‘nous’ depuis qu’il était revenu. « Ou comme stagiaire… J’ai des références comme stagiaire… J’en avais avant… » Elle renifla et resta silencieuse si longtemps qu’on aurait pu la croire endormie. « Si tu ne veux pas que je vienne avec toi, je n’irai pas. » Et il y avait de la magie dans ces mots là aussi.

Elle lui laissa quelques secondes puis elle changea de sujet, pour ne pas lui donner d’occasion trop facile de la rejeter. Elle lui avait demandé par deux fois si elle pouvait venir avec lui. L'offre de paix avait été faite de manière insouciante, mais le fait qu'elle y revienne montrait qu'elle y accordait beaucoup d'importance et ça, elle ne l'admettrait jamais. « T’as des livres d’histoire? Il faudrait que je sache ce qui s’est passé ces dernières années… Je veux dire, internationalement? » questionna-t-elle pour finir de noyer le poisson.






Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Lukas K. Ustaz
PROFESSEUR de dcfm

► MESSAGES : 294
Sam 4 Fév - 23:36


- Tant mieux ! Si vous arrivez à localiser cette fichue pierre, alors vous n’aurez plus qu’à plonger au fond d’un lac aussi noir que la mort et lisse comme une marre d’huile, et la l’y chercher vous-même ! siffla Grand-mère Ida, avant d’ajouter en aparté. Rira bien qui rira le dernier.
Le fantôme de la vielle femme continuait de virevolter à l’étage, d’un recoin encombré à un autre, tout en passant de temps en temps sa tête chenue à travers le plafond afin de jeter des regards inquisiteur à Lukas et de marmonner des imprécations à l’encontre de Samuelle.

Lukas adressa un coup d’œil clinique à Sam lorsque celle-ci s’allongea sur son lit. Le sorcier ne semblait pas être perturbé le moins du monde par les interventions successives du fantôme et de la métisse. Il écrivait, à présent, à la plume et sur du parchemin, de cette écriture illisible aux caractères tous plus étranges et alambiqués les uns que les autres. Il coula un bref regard en arrière lorsque Sam mentionna une nouvelle fois le fait qu’elle puisse le suivre à Poudlard.

Finalement, lorsque la métisse fit silence. Lukas se leva et s’assit sur le rebord du lit. Son visage stigmatisé affichait un sourire qui n’exprimait rien.

- A Poudlard, personne ne te reconnaîtra mis à part Rocstone. C’est dans son intérêt tout autant que dans le tien qu’il se taise. A moins que tu n’aies prévu de crier sur tous les toits de l’école que tu as passé quelques jours au royaume des fées. Pour ce qui est du Ministère, plus tu en resteras éloignée mieux ce sera. Lukas marqua une pause ; son visage s’assombrit. Quant aux Patriarches et à ta famille, nous en parlerons demain.

Il s’adossa contre la tête de lit en bois et y posa son bras droit. Imperceptiblement sa baguette avait glissé jusqu’au creux de sa main.

- Mis à part la gazette du sorcier d’aujourd’hui, tous les écrits ont ici plus de cinq cents ans, murmura-t-il finalement comme l’on murmure à un enfant qu’on s’apprête à mettre au lit. Nous aurons tout le temps demain de parfaire ton éducation.
De son indexe, il tapota sur sa baguette à la manière d’une cigarette que l’on soumet à de petits coups répétés afin d’en faire tomber la cendre. Une pluie fine de paillettes vint caresser le visage de Samuelle et la plongea dans le plus paisible des sommeils.


A potron-minet, Lukas se tenait déjà sur le pont du navire, un verre de jus d’orange à la main. Son regard s’abîmait dans de vertes collines d’Ecosse où une rivière serpentait. Un soleil incarnat se levait en face de lui et déversa sa lumière sur les courbes de verdures du paysage. Le navire avait parcouru des centaines de kilomètre durant la nuit.

Balto monta l’escalier en colimaçon et se dirigea vers son maître. Les yeux de l’animal cherchaient à lire les traits inexpressifs du visage de l’homme ; ce dernier semblait méditer. Le flair du beauceron quant à lui n’avait d’intérêt que pour la table à quelque mètre de là qui était garnie d’un petit-déjeuner copieux.






Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Samuelle Daee
SORCIERE.
Agent du Ministère Canadien

► MESSAGES : 173
Jeu 9 Fév - 2:01


Samuelle apparut sur le pont à la suite de Balto, ébouriffée et encore abrutie de sommeil, elle vacillait, comme ivre de magie. Elle s’était endormit sans être allée jusqu’au bout de ce qu’elle avait à dire… Elle n’avait pourtant pas eu sommeil du tout. Elle dévisagea Lukas d’un regard en biais, suspicieuse… Le dernier souvenir qu’elle gardait était sa voix… Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose et son expression montrait clairement qu’il s’agissait d’une question, puis se ravisa et déclara plutôt : « Théodore Devalier m’a déjà reconnue… Il est devenu Ministre de je ne sais plus quoi…. Lui, Edith Arweiller et bon nombre d’agent du ministère… » Elle lui prit son verre des mains tout en pigeant une brioche glacée sur la table. Samuelle s’agenouilla et partagea la pâtisserie entre elle et Balto, faisant passer le tout avec une longue rasade de jus d’orange. « Je crains que si on me voit avec toi, ta couverture ne soit rapidement éventée, 2 et 2 font 4, Professeur Kellen… »

Elle réfléchit en se léchant les doigts. « Mon clan n’a certainement pas cessé de me chercher. Ils me trouveront tôt ou tard… » Un destin auquel elle ne pouvait rien. Juste avant de disparaitre, elle avait ouvert une sente, sous leurs yeux… Elle était la cadette, celle qui a le pouvoir… User pour elle-même d’une magie qui ne lui était pas dévolue, c’était spolier l’aîné. Elle regardait Balto dévorer la brioche, bavant sur le pont et lui sourit… « Lukas? » fit-elle en se relevant. « Je veux que tu m’apprennes les illusions! Je veux que tu me montre à modifier mon apparence. »






Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Lukas K. Ustaz
PROFESSEUR de dcfm

► MESSAGES : 294
Ven 17 Fév - 15:32


Depuis qu’il était revenu, Lukas s’était montré particulièrement attentif à l’alimentation de Balto. Bien décidé à lui faire recouvrir son allure svelte et musculeuse d’antan, il lui jeta un regard sentencieux et gourmandeur qui poussa l’animal à souffler par petites séries d’expirations les morceaux de brioche qu’il avait accumulés dans ses bajoues. Un signe approbateur de son maître finit de lui ôter tout appétit.
- Ta capacité à passer inaperçu est tout à fait révoltante Sam, persifla Lukas avec une once d’énervement dans la voix. Même invisible tu arriverais à te faire remarquer. Le fait qu’elle ait déjà fait esclandre auprès du ministère lui restait en travers de la gorge. Une illusion s’accompagne d’une attitude, sinon elle ne sert à rien. T’apprendre la première relève de l’impossible, la seconde… même toutes les années de l’immortalité ne sauraient être suffisantes à ton apprentissage de la discrétion. C’est peine perdue…
- Il y a bien la bague d’Ann, dit Grand-mère Ida qui virevoltait autour du mât principal.
Les épaules de Lukas s’affaissèrent tout comme ses paupières.
- Hors de question, lança Lukas dans les airs comme un boulet de canon à destination du fantôme.
- Voyez-vous Samuelle, ma belle fille n’était pas très douée pour le grand art des illusions. Après tout elle n’était qu’Anglaise. Les Viennois ont ça dans le sang. Bref, c’était une incapable, tout comme vous. Lorsqu’ils étaient jeunes mariés, mon fils lui avait confectionné un artefact. Cette bague lui permettait de passer inaperçue lorsque les regards de l’aristocratie viennoise lui pesaient. Les hauts rangs ne sont pas faits pour tout le monde…

Lukas monta sur le bastingage et sauta sur la terre ferme. L’herbe grasse et verte de ces vallées écossaises s’étendait à perte de vue. Il faisait frisquet.
- Sam, veux-tu descendre un instant s’il te plaît, demanda Lukas en s’éloignant du bateau.






Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Samuelle Daee
SORCIERE.
Agent du Ministère Canadien

► MESSAGES : 173
Sam 18 Fév - 3:18



Samuelle le suivit docilement dans la lande, les mains dans les poches. Elle pouvait être accommodante lorsqu’elle voulait quelque chose. Obéissante, facile et malléable. Elle avait eu exactement cette attitude des années plus tôt lorsqu’elle était entrée dans son bureau. À terme, elle ne lui laissa pas le temps de s’expliquer et lui coupa la parole. « Si j’arrivais à passer inaperçu, » fit-elle le menton haut, ses yeux d’or étincelant. « Tu n’en serais certainement pas là maintenant! »

Il ne se serait douté de rien, il lui aurait montré quelques sortilèges, se serait convaincu de son absence de talent, et l’aurait renvoyé. Elle n’aurait jamais fait partie de sa vie et tout aurait probablement été beaucoup plus simple.

Samuelle savait mentir. Tricher. Tromper. Elle arrivait à se faire passer pour une sorcière sans envergure, sans défense, presque une cracquemol. Elle n’était pourtant pas inoffensive. À sa manière, elle pouvait vous infliger des choses terriblement inventives.

La boutade était une tentation et un défi.

Donne-moi ce que je veux, garde-moi auprès de toi, apprend-moi ce que je désire et je te révèlerai peut-être ce que tu as deviné, disait ses yeux surnaturels. Pas besoin de Légimencie pour deviner ses pensées : Comment enseignerait-il aux étudiant de Poudlard s’il ne pouvait venir à bout de Samuelle Daee.

« Lukas? » questionna-t-elle tout à coup, soudain alertée. Elle se retourna, scrutant la lande plombée de l’écosse, comme si elle avait peur de quelque chose. De quelque chose de pire que lui. « Pourquoi grand-mère Ida est-elle de mon côté maintenant? »






Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Lukas K. Ustaz
PROFESSEUR de dcfm

► MESSAGES : 294
Ven 24 Fév - 17:53


Les bottes de Lukas s’enfonçaient légèrement dans le sol meuble. Agitant sa baguette le sorcier entreprit de repousser la brume qui hantait le vallon resserré et plein de fraîcheur dans lequel ils se trouvaient. Bientôt les entrelacs de vapeur blanche serpentèrent par delà les collines environnantes, se juchant à leurs sommets et façonnant la large cuvette verte en une grande arène circulaire et silencieuse.

- Voyons Sam, tu n’en viendrais tout de même pas à regretter notre rencontre. Tu es la pièce qui a manqué pendant des années à mes projets. Je l’ai su dès que je t’ai vue. Sans toi je ne serais jamais revenu dans ce monde. Et non seulement m’as-tu permis de tromper la mort mais tu m’as également poussé au plus près de mon but ultime. En effet, je te l’annonce, je compte porter prochainement mes recherches à leur dernier stade. La fin est proche. Et c’est grâce à toi.

Etait-ce inné, ou l’avait-il développé au contact de la métisse ? Quoi qu’il en soit, il avait le sens du jeu, lui aussi.

- Il n’y a pas de côté pour ceux qui ne sont ni mort ni vivant. En outre, il semblerait qu’elle tienne plus de l’esprit frappeur que du fantôme. Comme tous les ectoplasmes, Grand-mère Ida a un rôle. Il semblerait que le sien soit de nous mettre des bâtons dans les roues. Le fait qu’elle ait sacrifié sa mort semble aussi avoir… Disons… Bref, je n’ai pas encore eu le temps de réfléchir pleinement à tout ça.

Lukas pointa sa baguette sur le bateau quelques mètres en arrière. Les voiles se déroulèrent, se gonflèrent et le navire s’ébranla, disparaissant derrière les collines, avalé par le brouillard. A présent, Sam et son professeur étaient seuls au milieu du vallon.

- Pour ce qui est de t’offrir un déguisement, on verra plus tard. J’essaye encore d’entrevoir si des cornes ou du groin, quel attribut t’ira mieux au teint. T’enseigner notre magie serait vain et ridicule Sam. Je veux que tu prennes pleine possession de la tienne.

Le silence pesant des environs répondant à l’immensité des lieux. Lukas enveloppé dans sa pelisse de fourrure faisait face à Samuelle. Une bonne dizaine de mètres s’étalaient entre eux. L’Azur opérait étrangement.

- Alors… vas-y !










Contenu sponsorisé




 

Le Sam.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
POET&PENDULUM. :: Bienvenue à Londres! :: le reste du monde;-