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 Blake, Cezare Lancelot.

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C. Lancelot Blake
ETUDIANT. ► 4e année de MEDICOMAGIE&SORTILEGES.

► MESSAGES : 6
Dim 8 Jan - 23:55










CEZARE LANCELOT, BLAKE

" J'attends depuis si longtemps que le soleil se lève enfin, personne n'aura vécu une aube aussi interminable. "


























QUALITE; Sang-pur.
ORIGINES; Anglais et roumain.
    PÈRE ▬ SEAN ABEL BLAKE, fils de Leonard. Célèbre pour avoir été le plus jeune détenu d'Azkaban (il y a mis les pieds alors qu'il n'avait que quinze ans), il est également tristement célèbre pour avoir été mangemort, assassin de sa propre femme, fou selon les récits, drogué et alcoolique par la suite. Marlowe a un profond respect pour son père, tellement que c'en serait même maladif chez lui. Il est la figure la plus parfaite pour n'avoir jamais vu en lui qu'un sombre héros amer, ce guerrier solitaire et étrange dans l'obscurité. Il doit être la personne que Marlowe aime le plus au monde, et sa mort tragique pour les protéger, lui et Arthur, n'a fait qu'enfoncer un peu plus son amour vers une fascination morbide et délirante.
    MÈRE ▬ ROXANA TRAIANESCU. Princesse roumaine, descendante d'une grande famille de chasseur, son lignage est aussi pure que celui de son père. Marlowe n'a pratiquement rien retenu de sa mère, si ce n'est son manque affligeant de peur devant certains obstacles et son arrogance rare. Il en veut particulièrement à la famille Traianescu pour avoir tuer son père – on sait que Ovidiu était le cousin de Roxana – et pour cette seule raison, il aimerait tous les voir mourir dans d'atroces souffrances. Il aimait sa mère, comme Sean ne l'a jamais injurier devant eux et a toujours regretté sa mort qu'il qualifiait à la fois de « triste » et de « nécessaire »; il les emmenait quelque fois au cimetière sur sa tombe.
    FATRIE ▬ S'il est dit que Sean Abel Blake a cumulé les bâtards, Marlowe n'en a jamais vu un seul. Il a grandi avec son frère jumeau, Arthur Blake, son « frère fratricide » comme il aime à plaisanter. C'est une des rares personnes pour lesquelles Marlowe pourrait donner sa vie malgré qu'ils se disputent sans arrêt.
    ENFANT ▬ ...
    MEMBRE NOTABLE ▬ Abraham Theus Blake, Leonard Grant Blake, Prudence Donovan, Logan Marlowe Blake, Aidev Khayn Blake, Sylar Haxley Blake, Temperance Blake Hatcher, leur fille, Thomas Ulric Blake, Robyn Kinsburry, leur fils, Misery Theli Flamsteed... Les branches de la famille Blake sont plutôt étendus, pour ne parler que cette partie de la famille.

SPÉCIFICITÉ(S); Maudit par deux fois. La malédiction des Blake et la malédiction des Traianescu.
STATUT; Célibataire. Enfin...

CARACTÈRE; Lancelot, car c'est comme ça que l'on l'appelle, est quelqu'un de fort sympathique. Chevalier noble dans l'âme, il a été élevé selon des principes très droits et très strictes, quand bien même son père était un exemple de débauche.
MEILLEURE QUALITE; Chevaleresque.PIRE DÉFAUT; Rancunier.
AFFILIATIONS; Agnostique. Il est membre du club d'Echec, du British Club.

PATRONUS; Un lion ailé.
EPOUVANTARD; Aucun. (malédiction de Traianescu)
BAGUETTE; Il a hérité de la baguette de son père, une belle baguette de vingt-six centimètres de long, en bois d'if, au coeur fait d'une larme de basilic. Elle est vernie de la sève du saule pleureur du jardin du manoir Blake selon le souhait de Marlowe.
FAMILIER; Galahad, un petit chat roux assez... comique.
MA VALISE; Le Saint Graal, et le récit du Chevalier au Lion et de Lancelot du Lac. Accessoirement, il a également sur lui la chevalière de son père.





They're gathering around to hear a story...

Un guerrier de la lumière fait toujours des gestes hors du commun.
Il peut danser dans la rue en se rendant à son travail. Ou regarder un inconnu dans les yeux et parler d'amour au premier coup d'oeil. Défendre une idée qui peut paraître ridicule. Le guerrier de la lumière se permet ce genre de choses.


Si les deux petits monstres de Blake n'avaient jamais fait beaucoup de bruit à l'approche du coucher, c'était sans doute parce qu'il n'y avait rien à redouter sous le lit ou dans l'armoire, parce que leur Papa – le plus fort du monde entier il fallait bien l'avouer – les accompagnait jusque chez Morphée pour les déposer dans les bras de la douce mère, leur souhaitant de beaux rêves. C'était leur rituel, à eux, ce petit chemin que Sean empruntait tous les soirs. Quand l'horloge sonnait les dix heures du soir, il se levait sans jamais voir la fin du film qu'ils regardaient tous les trois et s'exilait tout seul quelques secondes dans la salle de bain pour prendre ses médicaments. Arthur et Lancelot restaient visés devant la télévision, cherchant à ne pas perdre une seule miette du film parce qu'après Sean avait pour habitude de leur demander comment ça se finissait, et il fallait que ça soit bien claire sinon il grondait et disait que les deux petits n'avaient rien suivi et que le soir suivant ils se coucheraient tous plutôt. C'était un rituel que Lancelot et Arthur ne pouvaient, en aucun cas, ratés.
Quand Sean ressortait de la salle de bain, c'était généralement les génériques. Lancelot et Arthur était alors déjà debout, éteignant pour l'un la télévision, pour l'autre remettant en place les coussins du canapé, et ils relevaient comme un seul petit soldat le nez sur le père qui les fixait, avec un sourire amusé quoi qu'un peu pâteux, comme fatigué. Il montrait d'un simple mouvement de tête la chambre au fond du couloir et les deux petits y marchaient calmement – ça n'était plus l'heure de courir même s'ils étaient encore tout plein de la bonne énergie des enfants. Arthur grimpait le premier dans le lit, ensuite c'était au tour de Sean de se mettre au milieu du grand lit, et Lancelot éteignait la grande lumière pour venir lui aussi sous la couette. Il venait ensuite se blottir au chaud contre le flanc de Sean qui allumait avec son long bras la petite lumière, puis il y avait une petite minute de silence comme ça, pendant laquelle il cherchait une histoire « bonne à raconter », parce que Lancelot et Arthur savaient que toutes les histoires n'étaient pas bonnes à raconter.
Sean étirait alors ses jambes et semblait glisser dans son grand oreiller, aspirait en arrière, et les deux petits monstres suivaient le doux mouvement de ce dernier, venait encore un peu plus au creux de lui. Sean était un coussin vivant, et les deux petits riaient en silence, venant poser leur tête sur l'épaule de leur papa, l'air sage la seconde d'après. Sean se raclait la gorge, resserrant un peu ses bras autour de ses rejetons, puis soufflait doucement, à voix basse. L'histoire ne devait être qu'un chuchotement, parce qu'elle était nouvelle, c'était une histoire de Papa, alors personne d'autre ne devait l'entendre. Ni l'un ni l'autre n'auraient jamais pensé que c'était parce que Sean était juste fatigué et un peu faible après s'être injecter une seringue entière dans les veines. Il clignait un peu des yeux, et le sourire de Lancelot s'étirait au fur et à mesure des secondes, impatient comme une puce de savoir quelle genre d'aventure avait pu vivre les petits chevaliers des histoires de Sean. D'ailleurs, ça commençait! Un petit frisson rapide remonta l'échine de Lance', pressé.
« C'était un petit hiver comme les paysans n'en avaient encore jamais vu, un petit hiver doux, sans bise froide pour venir glacer les joues des petits enfants. La neige était douce, toute tendre, alors les enfants pouvaient jouer à se jeter des boules de neige sans que leurs petits doigts ne se retrouvent engourdis et tout froid, sans que leur papa n'est à leur préparer de chocolat chaud parce que les petits tremblaient dans leur combinaison. La neige, toute douce, recouvrait le pays, et tout le monde aimait ça. C'était le village du chevalier au lion, et comme il venait de finir la longue quête du dragon aux yeux de chocolat, il revenait tranquillement dans son petit village pour retrouver ses fils. La petite maison qu'ils habitaient tous ensemble sentait bon, on avait préparé un grand repas pour le retour du chevalier au lion, et ça sentait si bon qu'à l'orée du village, le chevalier au lion su que les siens lui avaient fait un bon repas pour son retour. Quand il arriva à la porte de sa baraque, les deux petits chevaliers ouvrirent la porte et poussèrent des cris de joie, parce que le chevalier au lion revenait toujours avec des cadeaux de ses longs voyages, et cette fois-ci ne manqua pas à la règle. Dans son sac, il avait caché deux belles épées qu'il avait dérobé à l'hydre du fond du puits! »
« Oh! » Arthur avait relevé le nez, comme si dans son cerveau il venait de faire le lien. Lancelot rigolait en silence, toujours, excitait à l'idée de ce qui allait arriver au chevalier au lion et aux autres chevaliers, sa main droite caressant l'oreille de son père pour se calmer et se rassurer, dans un geste presque inconscient.
« Les petits chevaliers étaient fort heureux du cadeau et se mirent à parler des minutes et des minutes au chevalier au lion qui riait fort, parce qu'ils aimaient voir les petits chevaliers contents de leur cadeau. Il prit sa place à la table et tous mangèrent. Au soir ils allèrent se coucher, ensemble dans le grand lit du premier étage et s'endormirent. »
« Comme nous! » Lancelot se tortillait, tirant un peu sur l'oreille de Sean qui souriait, toujours amusé et touché de voir cette excitation d'enfants dans leurs yeux. Lui n'avait pas eut cette chance. Quelque part, il était sûr de refaire les erreurs de son père avant lui. Il reprit, sur un ton un peu plus léger.
« Donc! Ils étaient tous dans le grand lit quand un graaaand bruit frappa à l'extérieur! Ils se levèrent tous en sursaut, affolés, et ils se demandaient : mais nom d'une barrique, d'une mule et d'un facteur?! Qu'est-ce que ce bruit qui nous perce les tympans et nous provient de l'extérieur?! »
« Un dragon! » couina Lancelot, une lueur étrange dans les yeux. Il était des deux le plus fonceur, mais parfois, cette petite lueur l'aveuglait de trop. « Oh! Un géant! Ou un ogre Papa! Un ogre! » reprit en coeur Arthur, plus réfléchi, mais toujours aussi bête que son frère. Sean s'était un peu redressé, et si la fatigue lui barrait le front, il aimait tellement ce petit jeu, tellement les voir comme ça, et voir enfin leur sourire à la fin de l'histoire, parce que tout se finissait toujours bien. Le chevalier au lion et les petits chevaliers ne pouvaient pas ne pas vaincre l'ennemi. C'était ridicule, impensable!
« Le grand chevalier au lion ouvrit la fenêtre, et! Oh! Que c'était gros! Que c'était immense! Ça avait huit yeux! Ça avait six longues pattes et une gueule de dix maisons de long! Oh mon dieu! Oh non! Ça mangeait les maisons! »
« Non! Non! » Les deux petits s'affolaient, paniquaient, leurs petites mains s'accrochaient à la peau de Sean comme ils cherchaient un réconfort. Leur imagination débordante n'aidait pas à calmer leur passion, et comme pour eux c'était tout à fait logique – ils avaient vécu les aventures de l'hydre et des dragons aux yeux de chocolat avec autant d'intensité – cette nouvelle aventure les prenait aussitôt aux tripes. Sean s'en amusait, jouait la comédie, effaré avec un grand sourire.
« Un dragon à... » « J'avais raison! » siffla Lancelot, un large sourire fier sur les lèvres. « ...à quatre têtes se battait avec un ogre immense dehors, juste devant la maison! » « AH! » renchérit Arthur, s'accrochant au torse de son père, une lueur admirative dans l'œil. « Et l'ogre martelait à grands coups de poing la cuirasse d'écaille du dragon qui crachait des flammes dans tous les sens, et ça faisait du bruit, ça faisait du vacarme! Les enfants pleuraient, les femmes hurlaient, et les hommes fuyaient la queue entre les jambes! Tout le monde avait peur! Mais les chevaliers, eux, avaient-ils peur? » « NON! » reprirent les monstres dans un chœur parfait, jusqu'à la même intonation. « Non! Ils n'avaient pas peur! Ils savaient bien que quelque chose n'allait pas, mais quoi? Pourquoi l'ogre et le dragon se frappaient? Pourquoi étaient-ils ici d'ailleurs? Il fallait qu'ils sachent pour rétablir la situation! Il le fallait, nom d'un chevalier et du code d'honneur! Ils descendirent ensemble les marches, chacun son épée en main, et se dirigèrent vers les deux monstres. Le chevalier au lion s'avança et hurla alors : pourquoi vous battez vous, ô créatures fantastiques? Pourquoi l'ogre bat-il ton armure, dragon? Et pourquoi toi, dragon, craches-tu tes flammes? Ne voyez vous pas que vous enflammez nos maisons et creusez des trous dans la terre? Le dragon et l'ogre se tournèrent vers le chevalier au lion, et alors le dragon siffla au chevalier avec du mépris comme il se croyait le plus beau de toutes les créatures : l'ogre bat mon fer pour en sortir une toute petite souris qui s'y ait glissé, et je crache des flammes pour la faire fuir de l'intérieur comme il y ferait trop chaud. Le chevalier au lion rétorqua aussitôt : mais faîtes-le dont plus loin que dans le village, car vous saccagez tout! Le dragon se mit à rire, et dit alors qu'il n'avait aucun ordre à recevoir d'un petit humain dans son armure. »
« Oooh! » le ton réprobateur de Lancelot fit sourire Sean qui reprit, plus calmement alors. « Le dragon dit au chevalier au lion qu'à moins de répondre à son énigme, lui et l'ogre ne partiraient pas. » « Quel est l'énigme Papa? » Arthur tirait un peu sur son épaule, ses yeux cherchaient. « Sssch... » Sean sourit, et ferma doucement les yeux, la fatigue se faisant plus pressante, mais reprit tout de même : « Le dragon dit : dans la rivière, une fée nage jusqu'à la rive. Quand la fée est sortie de l'eau, l'eau est imbuvable. Pourquoi? » Les deux enfants se regardèrent, les yeux un peu ronds. À la vérité, ils ne trouvaient jamais de réponse aux énigmes des histoires de leur père – peut-être parce que ce n'était jamais de vraies réponses? Lancelot murmura, un peu timide : « ...parce qu'elle est sale la fée et que l'eau est pas jolie parce que la fée a nagé dedans? » Arthur tenta à son tour, après le sourire moqueur de Sean à la réponse de son jumeau. « Elle a peut-être fait pipi dedans? » Sean eut un petit rire, rouvrant doucement ses prunelles, l'air las. « Le chevalier au lion eut un petit rire, et le dragon ouvrit la gueule comme il voulait dévorer les deux enfants. Le chevalier au lion dressa son épée et siffla : Hola! Je connais la réponse à ton énigme! Mais si je te réponds, il faudra en plus de partir me donner une réponse, car je sais que vous autres dragon pouvait répondre à toutes les énigmes du monde! Le dragon accepta, amusé qu'un humain ait l'audace de demander. Il répondit alors : l'eau est imbuvable car en nageant la fée a perdu son chapeau, et tout le monde sait que la poudre des chapeaux des fées est comme le sel, et rend salé l'eau de la rivière. Le dragon resta bête, ouvrit un œil, et maugréa : qu'importe! Quelle est ta question, humain? » Ses yeux se posèrent sur Lancelot, puis sur Arthur. Les deux monstres se regardèrent, et Lancelot se fit plus petit un instant, baissant les yeux.
« J'aimerais savoir ce qui ait arrivé au frère du chevalier au lion... T'as dis qu'il avait un frère, mais le chevalier au lion va jamais le voir dans les histoires, et tu as dis que des frères, c'est fait pour être comme les doigts d'une main, côte à côte dans la bataille. » Arthur agita la tête, curieux de savoir qui était en réalité ce drôle de chevalier dont il ne savait qu'une chose : il était le frère du chevalier au lion. Sean laissa passer un instant, ses sourcils se fronçant un instant, puis il reprit, sur un ton plus bas, plus grave peut-être, comme lorsqu'il allait dire des choses pas gentilles, ou des reproches. Lancelot pinça les lèvres, peu rassuré. Il voulait juste savoir, lui, sans même pouvoir faire un quelconque rapprochement avec son propre père – après tout, son père n'avait pas de famille, non? Ils étaient tout seul, c'était ce qu'il avait toujours dit? Ils étaient de toute façon trop jeunes pour comprendre, finit par se dire Sean, trop jeunes pour comprendre... Cinq ans, ce n'est pas assez. Et d'ici là, je serais mort, et eux...
« Le chevalier au lion regarda le dragon, et lui demanda : parmi toutes mes questions, l'une d'entre elles est plus importante. J'aimerais apprendre des nouvelles de celui qui se tient pour mon frère. J'aimerais savoir ce que devient le Chevalier Sans-Nom. Le dragon ferma ses lourdes paupières, et les rouvrit plus tard pour dire : le Chevalier qui se tient pour ton frère a trouvé une princesse à épouser et a eut un enfant d'elle. Cependant, il faut mieux pour tous que tu t'en tiennes éloigné, car tu sais ce qu'il advient des chevaliers qui... » Sean se coupa dans son élan. Qui quoi? Qui s'aiment entre eux? Ses bras se resserrèrent sur ses deux fils, et il termina : « ...qui se marchent sur les pieds ; ils meurent. Maintenant que je t'ai répondu ce que faisait ton frère, je m'en irais chasser cette vilaine souris ailleurs. Alors que le dragon tournait, les deux petits chevaliers au lion s'avançaient et tiraient sur un petit fil blanc qui pendait entre deux écailles. Une petite souris blanche apparu, et le dragon, la fixant, eut un petit rire de dragon, et disparu avec l'ogre vers l'horizon. Les deux petits chevaliers au lion posèrent la souris blanche sur le sol, la laissèrent partir loin, et regardèrent le grand chevalier au lion, comme il était l'heure de dormir, après cette longue nuit à parler à un dragon. »
Arthur était déjà endormi. Sean jeta un œil à Lancelot, et lui aussi était sur le point de tomber dans un profond sommeil. Sa petite bouche entrouverte bougeait en silence, comme il devait chercher quelque chose à dire, mais ses paupières étaient déjà trop lourdes et sa main sur son oreille agrippait un peu plus fort. Les deux chérubins aux cheveux bruns s'endormirent sur leur grand démon de père.
Il posa ses yeux sur le plafond, et poussa un soupir d'aisance. Le frère du chevalier, hein... Il posa ses yeux sur l'heure, et la lumière rouge indiquait en gros chiffres 23:01. L'heure du crime. Il tendit doucement son bras pour ne pas réveiller Lancelot et éteignit la veilleuse. Sa main resta sur le petit bouton, et ses yeux parcoururent la pièce. Rien ne semblait bouger à l'intérieur. Un instant quelque chose sembla se décoller du fond opaque. Il grinça des dents et ralluma la lampe. Visiblement, pas ce soir.
Il cligna un peu des yeux, mais la fatigue fut plus forte, et il tomba profondément en arrière, comme à chaque fois. Le sommeil gagnait toujours.


« Beaucoup d'entre vous critiqueront mon père. Ils diront tout d'abord qu'il n'était qu'un putain d'alcoolique, un drogué, un fils de pute même. Beaucoup d'entre vous ressentirons pour moi de la pitié, parce qu'il a tué ma mère, et que je n'ai pas connu l'épanouissement à travers mon œdipe. Sans doute que vous le pensez aussi vous aussi.
Mais mon père était un mec bien, un héros. Peut-être qu'il a été détestable, peut-être qu'il avait des tords, sans doute qu'il était bourré de défaut, mais même malade comme un chien il s'est levé pour nous faire à manger, à Arthur et moi. Il nous a appris à compter, lire, écrire. Il a fait de mon enfance un rêve, et m'a donné une éducation que personne ne pourra jamais remettre en question.
Si vous l'aviez regardé un seul instant, réellement, peut-être que vous auriez vu autre chose qu'un chien. Cela dit, pour réponse à vos critiques injustes... entre nous, je pense qu'à ma place, il vous aurait dit une seule chose : allez tous vous faire foutre. »

Les guerriers de la lumière souffrent pour des sottises, ils se préoccupent de choses mesquines, se jugent incapables de grandir. De temps en temps, ils se croient indignes d'une bénédiction ou d'un miracle. Les guerriers de la lumière se demandent fréquemment ce qu'ils font ici. Souvent ils trouvent que leur vie n'a pas de sens.


La vie chez Sean Abel Blake était plutôt calme. En générale, le lever se faisait sur le dixième coup de l'horloge. Les enfants étaient déjà réveillés, mais ils ne faisaient que rarement de bruit avant que leur père ne se lève. Ils se réveillaient pour les huit heures, se levaient comme un seul homme, et ensemble ils préparaient le lait de leur petit-déjeuner et se mettaient devant la télé. Une fois le déjeuner fini, ils mettaient tout dans le lave-vaisselle et retournaient devant la télévision. Alors ils improvisaient. Parfois ils dessinaient, parfois parlaient, d'autre fois encore jouaient au domino, au dès, aux échecs – mais rarement parce qu'ils avaient peur de casser les pièces de verre du jeu de papa – et d'autres fois encore regardaient tout simplement les dessins animés en souriant, s'empêchant de pouffer de rire quand quelque chose de drôle arrivait, et ça arrivait hélas bien souvent. Parfois les deux allaient jusqu'à se doucher, mais ils faisaient ça rarement, parce qu'à leur âge – sept ans – ils n'avaient pas encore tout à fait la taille pour attraper le pommeau et qu'une fois, Arthur s'était brûlé et Sean s'était beaucoup fâché. Et puis, se laver avec papa, c'était quand même plus drôle, même à sept ans... surtout à sept ans.
A dix heures alors Sean se levait, le visage un peu enfariné. Il posait ses yeux sur les enfants, comme pour voir si tout allait bien – et c'était bien ça, il demandait s'ils avaient manger, déjeuner, et allait boire un café dans la cuisine, une clope au bec. Parfois il glissait de l'alcool dans son café, et ça voulait dire que la nuit n'avait pas été bonne – ils avaient entendu Daisy dire ça une fois quand elle l'avait vu faire, en passant un matin. Il ramassait son bol, se levait, et demandait aux jumeaux s'il voulait se laver le matin ou le soir – et tous les matins les jumeaux répondaient le matin, pour être sûr de se laver avec Sean. Alors ils allaient dans leur salle de bain « japonaise ». Sean rigolait en disant souvent que c'était la seule chose qu'il avait emporté de l'être qu'il avait le plus aimé, un goût pour l'orientalisme extrême. Arthur et Lancelot se lavaient, assis sur des petits tabourets, et regardaient de temps à autre leur père. Parfois surgissait une question incongrue, comme « comment on fait les bébés papa? » ou encore « mais pourquoi la mienne elle est toute petite? » « moi aussi un jour j'aurais des poils aux jambes et puis là? » « pourquoi mes cheveux à moi ils sont pas noirs quand ils sont mouillés? » « j'ai les yeux verts? » « t'as de grands pieds quand même », parce qu'après tout, ils étaient tous des garçons, et Sean n'avait jamais été pudique devant personne.
Puis ils sortaient de la douche, se séchaient, s'habiller. C'était Daisy qui faisait les courses, plus rarement Sean, mais il n'aimait pas sortir. « Dehors c'est dangereux pour des gens comme nous » disait-il pour contrecarrer les plans des deux petits monstres Blake. Ils passaient une petite heure à jouer ensemble, à tout et n'importe quoi. Parfois Sean lisait, d'autres fois c'était à Arthur et Lancelot de lire. À midi Sean se levait et faisait à manger, pendant que les deux mettaient la table et se chamailler. Après le dîner – après avoir tout mis dans le lave-vaisselle – Sean se posait dans le canapé et dormait une petite heure, mais avant il prenait son « médicament pour les nerfs ».
Arthur et Lancelot dormaient parfois, mais la plus part du temps ils commençaient à faire les leçons qu'ils devaient faire, et quand Sean se réveillait, après un autre café et une autre cigarette, il leur faisait les devoirs, pour ne pas être en retard et être un « véritable abrutis comme moi ». Aucun des deux ne pensait que Sean était un abrutis, parce que leur papa savait plein d'histoires et avait lu beaucoup trop de livre pour être bête. Il disait ça parce qu'on lui avait toujours dit – c'était tout. Au goûter, ils rangeaient les livres et goûtaient. Ils jouaient après, encore un peu, ils apprenaient des trucs et Sean leur expliquait toujours. Le violon, le piano, la guitare même, les échecs ou encore d'autres langues, Arthur et Lancelot s'amusaient, découvraient, prenaient goût.
Le dîner du soir était plus sobre. Il n'était pas silencieux, mais ils regardaient les « informations », et en parler en rigoler. Lance' était surtout son père critiquaient la société, lançait des piques acerbes aux nouvelles lois et commentaient sans s'arrêter les longues phrases hypocrites du présentateur. Il était peut-être bête leur papa, mais il connaissait « la vie », d'après ce qu'il disait. Parfois ça l'énervait, alors il zappait. Puis Sean s'exilait dans la salle de bain, et les gamins n'attendaient qu'une chose : aller dormir. Pour écouter les histoires des chevaliers et faire de beaux rêves. Sean disait souvent : « je suis votre attrape-rêve; par moi passent tous les vôtres, mais je ne laisserais jamais un seul monstre vous gâcher la nuit, alors vous ferez toujours de beaux rêves ». La vérité, c'était qu'il ne disait jamais que lui ne faisait que des cauchemars depuis quinze années.
Puis parfois la journée ne se passait pas aussi bien que ça. Du haut de leur sept ans, « Marlowe » (c'était Sean qui l'appelait comme ça, quand ça devenait sérieux – mais il l'appelait plus Lancelot, parce que ça faisait moins sévère en temps normal) se disputait souvent avec son frère Arthur, parce que tous les deux ne s'entendaient pas sur tout et rien. Parce qu'ils étaient deux chevaliers, et qu'une colère de chevalier, ça ne s'essuie pas avec des excuses mais par le sang. Ce jour-là c'était à qui allait gagner la course. Sept ans, leurs jambes courtes et leur front en sueur, Lancelot et Arthur courraient à en perdre haleine sur les deux étages de la maison. En arrivant en bas, Arthur claqua la porte de la cuisine – alors que Sean le leur interdisait formellement – et Lancelot s'écrasa contre, les mains en premier.
Sous la force de l'impacte, ses bras passèrent dans la vitre, et il y eut un bruit de verre cassé. Sean, qui était sur le canapé en train de fumer, se leva d'un bond, aux aguets. Quand une famille de chasseur vous pourchasse avec le seul but de vous enlever vos gamins, vous avez, comme qui dirait, les nerfs à vif. La petite silhouette de Marlowe, revenant vers lui, les joues inondées de larme et les bras en sang, n'aida pas l'ancien criminel à se détendre. Il écarquilla les yeux, mais le gamin pleurait tellement, trop fort, que ça lui en faisait mal au crâne. À savoir qui de l'alcool ou de gamin lui donnait cette barre au front.
« Tu as mal? » siffla Sean en se rapprochant de son rejeton, mais les yeux de Lancelot étaient rivés sur ses plaies et il tapait du pied, hystérique ou presque, ne pouvant s'arrêter de pleurer. Le sang coulait rapidement et inondait le sol en une flaque horrible. On aurait cru que le garçon allait se vider de son sang. « Marlowe, bordel de dieu...! » gronda Sean en lui attrapant l'épaule. Il reniflait mais pleurait encore plus fort la seconde d'après, agitant ses bras d'un air de dire mais tu ne vois pas que j'ai mal Papa? Pourquoi tu ne fais rien? Sean lui attrapa le menton et le releva d'un coup sec. « C'est rien. » Lancelot le fixa, et renifla lourdement, clignotant des yeux. « Regarde moi Marlowe quand je te parle, je te demande de me regarder dans les yeux... » La voix sévère de Sean n'aidait pourtant pas le gamin à rester tranquille et à la regarder comme pourtant il aurait aimé le faire, ne serais-ce que pour obéir à défaut de le faire par plaisir. Il renifla. Ses mains étaient couvertes de sang, et Sean ne semblait pas plus content que ça. Marlowe le fixa quelques secondes mais ses yeux retombèrent aussitôt sur le sol, un long frisson lui remonta l'échine et les sanglots remplirent ses yeux comme il refermait ses mains, crispé.
« Je m'excuse, je voulais pas Papa, je m'excuse, je le jure, j'ai pas fait exprès... » couina le gamin.
« Marlowe... » coupa sèchement Sean, l'enfant relevant les yeux, en larmes. « Tu vas bien? »
L'enfant fixa son père, et finalement renifla de plus belle, secouant vivement la tête de droite à gauche. Des bouts de verre avaient traversé sa peau de bambin quand ses bras avaient traversé la baie vitrée de leur appartement de fortune, en jouant avec Arthur. Sean sortit sa baguette et soupira, et la pointa sur les mains du petit garçon. Du haut de ses six ans, celui que Sean appelé Marlowe, affichait une tête de plus que les autres enfants de son âge, et son intellect était comparable à celui de Sylar à l'époque, avec un soupçon de Thomas peut-être. Avec son frère jumeau Arthur, ils étaient aussi inséparables que incisifs, s'attaquant et se défendant, ensemble sans jamais l'être. C'est peut-être mieux comme ça, avait un jour sifflait Sean en les voyant se tirer les cheveux, mais la seconde d'après, c'était encore une fois l'exaspération qui l'emportait.
L'ancien criminel avait bien changé. Il fallait dire que courir pour échapper à la mort et courir pour protéger ses enfants étaient deux choses tout à fait différente, et l'une forgeait davantage le caractère. Après la mort de Roxana, les choses s'étaient enchaînées très vites. D'ailleurs, cet enchaînement remontait sans aucun doute à sa dernière discussion avec Sylar, après quoi il avait fini par tout laisser tomber et s'était enfoncé dans cette prison – pas celle des enfants, non, celle de la course poursuite contre un ennemi invisible. Il aurai préféré une autre enfance, une autre place pour vivre que ce petit taudis que lui prêtait Daisy, mais il n'avait pas le choix. Enfin... Aidev lui aurait sans doute trouver quelque chose, et Leonard aurait sans doute été heureux de voir qu'il avait deux petits fils, mais à la vérité, il ne voulait pas rentrer chez lui. Plus jamais.
Il n'avait jamais été aussi libre que depuis qu'il vivait exclusivement avec Marlowe et Arthur. Pour avoir passer des années à renifler le passage de Sylar, à languir de le voir s'endormir contre lui dans le canapé, il n'en pouvait plus. Aujourd'hui il avait une vie, une fille avec Temperance, et c'était très bien comme ça. Sans doute que l'histoire avait dû tourné ainsi. Qui était-il pour remettre les pieds dans le plat et venir tout saccager? Qui était-il pour faire encore une fois du manoir un véritable enfer? Non merci. Il gérait, il se débrouillait et si parfois il y avait quelques erreurs de parcours, ses fils allaient très bien, étaient bien éduqués, très intelligents – tout allait parfaitement.
« Fais gaffe la prochaine fois, et dis à ton frère de revenir dans le salon pendant que je vois la baie. Et ne vous battez pas s'il vous plaît, Papa est fatigué. » Marlowe acquiesça; Arthur comme lui savait très bien ce que signifiait Papa est fatigué, c'était la limite à ne pas dépasser, la limite durant laquelle il fallait se tenir sage et ne pas faire de bruit, regarder la télévision sans son et attendre qu'il aille mieux. Les enfants n'étaient pas dupes : leur père était malade. Pas fou! mais malade. Il prenait des médicaments, avait des pilules, des potions, parfois même des seringues. Rien qu'à sa démarche, Marlowe devinait qu'ils avaient fait beaucoup trop de bruit ce soir, alors il alla chercher Arthur et se visa devant la télévision, sans un mot. C'était d'un commun accord, silencieux. Quand Papa était fatigué, ils se taisaient, et la guerre se taisait elle aussi. Elle attendrait que Sean revienne, en forme.
Sean se traîna donc mollement jusqu'à la baie et d'un coup de baguette fit que les morceaux se ressoudent au cadre. Il soupira, las, et son oreille sursautait sur le côté de sa tête, derrière ses lourdes boucles brunes, trop longues. C'était Daisy qui devait les couper, mais Daisy avait beaucoup de travail, alors il gardait ses cheveux, les laissait pousser. Marlowe regarda son père comme il disparaissait dans la salle de bain. Un cliquetis métallique confirma qu'il prenait ses médicaments. L'enfant resta silencieux un instant, puis détourna le regard, se concentrant sur la télé.
Dans la maison de Sean, il y avait des règles dîtes « fondamentales de survie », selon les propos même du père. Autant pour lui que pour les enfants, il avait mis en place tout un système pour parer à toute éventualité. La première des règles concernait les médicaments de Sean. En plus de l'interdiction d'y toucher, il y avait l'interdiction catégorique d'en parler. Quand ils avaient eut six ans, Sean les avait pris et leur avait montré tout : les pilules, les seringues, les doses. Il leur avait dit clairement que s'il ne les prenait pas en temps et en heure, régulièrement, il les tuerait tous les deux et ferait du mal à Daisy et beaucoup de personne autour de lui. Et il n'aimait pas se répéter.
La règle du « tu te tais quand Papa est fatigué » était né plus tard, quand leur conscience d'enfant avait associé les médicaments à la fatigue de Sean. Une règle qui découlait des médicaments, c'était ne pas utiliser le feu, le gaz ou même les trucs dangereux pendant que Sean dormait. Ne pas jouer avec les couteaux, les ciseaux, ne pas verser d'eau sur la télévision, ne pas mettre les doigts dans les prises... Ne pas jouer avec l'ouvre-boîte et les boîtes de conserve au risque de se couper. Tout ça, ça avait été retenu et assimilé par les jumeaux plus vite que Sean ne l'aurait cru.
La dernière des règles, et la plus importante, était celle de la « disparition ». Sean leur avait dit un jour que si au bout de trois fois, de trois longues minutes à le réveiller en le poussant hors du lit, s'il n'arrivait pas à dire un seul mot, s'il n'arrivait pas à bouger ses mains et ses pieds, s'il n'arrivait pas à ouvrir ses yeux ou encore avait les yeux retournés, il fallait prendre le numéro dans le tiroir de la commode et appelait aussitôt Daisy, parce qu'elle saurait faire quelque chose, et eux non.
Le fait d'avoir cacher un portoloin dans l'armoire était aussi une précaution de Sean. Si jamais un homme ou une femme se présentait comme étant de leur famille, ils devraient disparaître tous les deux, sans l'attendre lui. Si la situation était dangereuse – appartement en feu, duel dans la rue, engueulade, quoi que ce soit de dérangeant – fuir. Ils devaient fuir.
Fuir sans l'attendre. Lancelot s'était toujours dis qu'il ne pourrait pas faire ça, parce qu'il était un chevalier et que les chevaliers sont braves jusque dans la mort, parce que son père – le plus grand des chevaliers – n'avait pas fuit devant quiconque. Il ne se doutait pas à l'époque que ça serait ce qui faucherait la vie de son père – ça et la maladie.
Sean parlait beaucoup avec ses enfants. De tout et de rien. De principes également. Il leur inculquait des règles, des lois, tirés tantôt du code japonais de conduite, tantôt de l'art de vivre anglais. Si on l'avait critiqué lui toute sa jeunesse, ses enfants au moins seraient irréprochables, impeccable d'une beauté qu'on avait raté sur Sean. Sans jamais le dire, il souffrait de tous ces mots dits, de cette façon que son frère avait eut des années de le traiter comme un abrutis sous prétexte qu'il ne s'enfilait pas des livres et des livres. En même temps, était-il obligé de s'expliquer? Il détestait pieusement les écrivains, surtout les philosophes. Sean n'était pas bête – il les avait lu, tous, un à un, mais aucun n'avait retenu son attention. C'était tous des cons. Mais s'il fallait les lire pour que ses enfants aient un tant soit peu de reconnaissance plus tard, alors soit. Il leur lirait Chateaubriand s'il le fallait, même si c'était ridiculement inutile.
La lecture, la magie aussi. Un jour ils étaient sortis, un jour? Non, un soir. À l'abris des regards les trois compères avaient épousé la nuit, fuyant dans les ruelles, Sean bien plus à l'aguet que ses enfants qui découvraient toujours avec cette pointe d'émerveillement la ville pour ne l'avoir que trop rarement vu. Sean était l'exemple parfait que l'on pouvait sans mal disparaître dans Londres même. Ils se dirigèrent jusqu'à la petite boutique qu'il avait connu lui-même étant jeune, bien que le propriétaire avait légué à son fils étant mort quelques années plus tôt de vieillesse.
Lancelot avait été bousculé par un homme au même moment où ils allaient entré. Il jeta un regard à la grande personne qui lui retourna un sale regard. Lancelot baissa aussitôt les yeux. Le poing de Sean frappa l'épaule de l'homme. Dix ans n'avaient pas suffit à faire taire cette rage qu'il avait à l'intérieur, cette colère et cette haine qui parfois ressortaient. Si elle s'était calmée, c'était peut-être le poids des années justement qui fatiguaient petit à petit son corps. Plus lent, mais toujours aussi virulent disait-il. Il cracha quelques insultes alors que l'homme déguerpissait sans demander son reste devant cette chose, hybride d'ivrogne et de père au foyer.
Lancelot jeta un regard à son père qui le fixait alors, et il baissa à nouveau les yeux. Sean siffla, mauvais dans ces moments où l'adrénaline décuplait les spasmes dans ses mains, qui étaient apparues l'hiver dernier : « T'as pas honte? Un chevalier ne baisse jamais les yeux devant quiconque. Il doit affronter le regard pesant du badaud pour épouser son ultime quête. Lancelot, regarde-moi! Quand quelqu'un te demande de baisser les yeux... » Lancelot releva les yeux, se mordillant la lèvre à l'intérieur, comme il venait sans doute encore de décevoir son père, et de le mettre en colère quand ça n'était pas spécialement bon pour sa maladie et sa santé.
« ...Tu dois relever ton visage, et tu lui décroches une droite, une vraie droite, bien forte dans le nez ou la mâchoire, et là, tu lui hurles dessus, tu lui cris, tu m'entends Lance'? Tu lui hurles : mon père m'a fait avec des yeux, et je ne suis pas un animal pour regarder là où je marche, mais je suis un homme pour lever le nez et fixait le ciel, parce qu'il n'y a que les animaux dans ton genre pour s'avilir à regarder leur pied, en ratant leur vie comme de sales clébards de merde, et si t'es pas content, sache qu'Hegel t'encule et te dirais que si t'étais humain, tu regarderais droit devant toi parce que c'est ça qui fait de toi un homme. T'entends Lance'? Je ne veux plus jamais te voir baisser les yeux sur tes chaussures. Si on te bouscule, tu bouscules. Si on t'insulte, tu insultes. Si on te frappe, tu frappes. Si on te fait du mal, fais du mal en conséquence. Tu n'es pas rien sur cette terre. Tout le monde essaiera de te le faire croire, on te dira que tu es comme les autres, que tu es comme tout le monde, et c'est peut-être vrai, mais si toi tu ne fais de mal à personne, alors personne n'a le droit de te faire du mal. Tu comprends? Tu n'as pas à être la victime dans l'histoire si tu n'es pas le bourreau à la base. Tu n'as pas à baisser les yeux devant quiconque. Nous sommes tous fait de chaire, d'os et de sang. Le premier qui t'emmerde et te pousse à bout, tu prends une chaise et tu la lui casses sur le crâne. Tu te fous bien de ce que diront les autres, ceux qui t'aimeront vraiment te pardonneront. Je te pardonnerais toujours, Lance', et je serais fier de toi si un jour tu lances une patate dans la gueule d'un mec qui aurait craché sur toi. Parce que c'est comme ça que se comporte les vrais êtres humains, parce que tu ne dois pas, en aucun cas, jamais, accepter l'humiliation et l'avilissement. Ça te rendra moche, et je serais déçu. Tu comprends? Je n'ai jamais baissé mon caleçon devant personne. Fais en autant, et tu seras digne de moi. »
Et il poussa d'une main la tête de son fils de dix ans pour qu'il avance et entre. Ce jour-là il avait eut une baguette et des bonbons. C'était assez rare d'avoir des bonbons, alors Lancelot s'en rappelait facilement, de chaque mot prononcé par son père, les yeux cernés de noir, la peur au ventre de voir débarquer un roumain. Chaque chose le faisait sursautait. Tout l'effrayait.


« Si à l'époque j'avais su, je ne pense pas que j'aurais voulu moi-même allait dehors. Je me serais tapis dans notre lit, et je lui aurais lu des histoires, je n'aurais pas fait toutes ses choses comme me disputer avec Arthur ou traverser la baie vitrée de la cuisine.
J'aurais fait à manger, et j'aurais fait la vaisselle. J'aurais tout fait pour garder ne serais-ce qu'une seconde de plus mon père en vie, parce qu'il le méritait, il le méritait sincèrement. Il ne méritait pas cette vie de merde, il ne méritait pas de se traiter d'abrutis ou de poids lourd, et quand bien même tout ça aurait été vrai, il était mon père, alors je lui aurais tout pardonné.
En dix ans de vie avec lui – de mes trois à mes treize ans – Sean Abel Blake, qui était en proie à des délires, des hallucinations morbides, et à des pulsions meurtrières, ne m'a jamais, jamais frappé une seule fois. Pas même quand je faisais une bêtise, pas même quand je n'obéissais pas. Il s'enfermait dans la salle de bain, et il criait, seul. Ça faisait peur, c'est vrai, mais il n'a jamais levé la main ni sur Arthur ni sur moi.
Dans le fond, même en vivant avec nous et en nous aimant, et même si nous l'aimions en retour, mon père a toujours été seul.
Tout être est seul. Je l'ai appris très, trop, tôt. »




Et moi? et moi? et moi?

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Haïko Suru
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