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 someone like you. ▬ néhémie&catharsis ▬ nc17 (s/v).

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Wolfgang S. Orlov
DANGER POTENTIEL
roi des lycanthropes.

► MESSAGES : 585
Dim 23 Oct - 20:34


En le voyant marcher dan le couloir, le visage droit et le regard fixe, Mihai parfois se demandait où était passé son petit ange qui tout jeune déjà lui demander de quel droit était-il au dessus des autres, et pourquoi était-il à cette place plutôt que son frère, quand son frère ne cherchait aucune explication et se contentait de jouer. Néhémie n’avait jamais été un enfant d’orgueil, loin de là. Il s’inscrivait dans les leçons de Machiavel, de ses princes qui réfléchissent au bien du peuple qui leur est offert, parce que ça ne serait pas logique ni bien de se faire tyran quand on a cette place gratuitement, sans le moindre effort, sans le moindre coup d’état. Néhémie était né prince. Il avait le sang le plus pur qui soit sur cette terre, descendait des plus illustres, et malgré ça, il y avait quelque chose qui clochait Ce n’était pas son visage, que on héritage avait rendu à la fois dur et beau, ni même son caractère, que son éducation avait rendu docile et juste. C’était son cœur, cette petite mécanique douteuse qui faisait chuter les rois et les reines de toutes époques. Celui de Néhémie ne marchait pas bien. A cette reine indomptable qu’on lui promettait, à cette cousine aux yeux magnifiques et à la peau comme de l’ébène, il préférait encore un petit ange blond, un page ridicule, sans naissance, sans rien. Lui-même ne se comprenait pas. Comment pouvait-il aimer ce garçon ? Si seulement c’était de l’amour ? Ce petit ange aux yeux bleus avait capturé un prince, sans rien faire, sans le mériter. Néhémie le haïssait.
Il s’arrêta finalement devant le box de sa cavale et la fit entrer dans son écurie, refermant derrière lui la lourde porte de bois noir sur l’étalon épuisé sous le regard le palefrenier. Le jeune prince avait pris ses habitudes de son père, et il aurait été difficile de lui prendre les rennes de sa monture. Il guetta son cheval quelques secondes, longues, et finalement détourna le regard, donnant des ordres pour qu’il ait de quoi manger, et surtout, de quoi boire. Néhémie prit finalement direction vers la Forteresse, passant devant la jument de son frère, Diskorde. La jument sembla le reconnaître car son museau sortit du box et vint renifler les cheveux du jeune homme. Le prince eut un petit rire, passant sa main dans l’encolure de la bête.
« Tu es en retard, et…Que tu es laid. »
Néhémie eut un petit rire, reconnaissant sans mal la divine voix de son frère, à la fois grave et enjouée. Le prince se retourna et posa ses yeux sur cette figure qui, trait pour trait, était également sienne, et il ne doutait pas que les quelques plaies sur ses joues n’aient fait de lui un pleûtre aux yeux de son jumeau.
« Tu m’as l’air épuisé. J’ai une bonne nouvelle ! »
« La guerre est finie ? » Néhémie eut un petit rire alors qu’Ezechkiel roulait des yeux, toujours pris de cette nonchalance adorable, quoi qu’énervant pour leur père.
« Jamais. Mais c’est mieux encore ! Devine qui nous avons à dîner ce soir ? »
La mine de Néhémie se referma aussitôt. Son air lugubre revint, et cette aura noire, qu’on ne donnait qu’aux criminels, venait faire comme une auréole terrible et chaude autour du premier prince. Il fit la grimace et haussa les épaules.
« Qu’en sais-je. Apprends-moi. »
« Aleksescu et ses mignons ! Dante et son protégé, et nous avons aussi un jeune chevalier français. »
« Quand Dante est-il arrivé ? » Néhémie fronça légèrement les sourcils. « Un français ? »
« Un certain… » Ezechkiel leva les yeux au ciel, sa bouche s’étirant pour le prononcer au mieux, mais ça, il n’était pas sûr de pouvoir le faire « Lancélotte… ? »
« Lancelot ? » Néhémie eut un petit rire. « Quel drôle de nom. Je ne pensais pas les français assez fous pour nommer leur enfant d’une façon aussi ridicule. »
Ezechkiel fit la moue, ne comprenant pas la blague, et haussa les épaules, pour finalement tourner les talons.
« Tu ferais mieux de te débarbouiller le visage et de venir manger. Le repas sera servi dans une heure, et tu sais comme Père déteste les retards. »
« …Pitié. C’est le hibou qui dit au moineau qu’il a une grosse tête. »
Ezechkiel eut un petit rire et disparu dans le dédale des écuries. Néhémie roula des yeux, un instant calme, puis doucement son sourire s’effaça. Dante. Aleksescu. Si Néhémie n’avait jamais rien eut contre Dante, le fait même que Dante soit là soulignait qu’il y aurait aussi Catharsis, et ça, ça ne le mettait pas de bonne humeur. Leur dernière journée ensemble – et ça remontait à deux ans – n’avait pas terminé d’une manière très agréable. Si sur deux jours tous les deux avaient dormi ensemble et c’était même embrasser dans la bibliothèque, au troisième jour, quand la main du prince avait été un peu plus impétueuse sur l’enfant blond, ce dernier avait totalement paniqué et sur le moment, Néhémie s’était vexé. Il n’était pas un violeur, alors qu’il crie et qu’il pleur, ça l’avait mis en colère, et il l’avait secoué si brutalement que le page s’était mis à pleurer. Après ça, Néhémie était partit, tiraillé entre colère et peine. Deux ans plus tard, il revenait comme pour le hanter, lui qui n’avait hélas pas oublié le goût succulent de ses lèvres et ses beaux yeux bleus. Néhémie gronda, chassant ses affreuses pensées pour finalement revenir à Aleksescu. Cet ami roumain de Mihai avait tout d’inquiétant. La rumeur prétendait qu’il aimait beaucoup les mignons mais qu’ils ne duraient jamais plus d’une nuit dans ses draps, et qu’on les retrouvait généralement en plusieurs morceaux. Un vampire, comme l’était Mihai et Dante finalement, mais un vampire inquiétant cependant.
Néhémie soupira, passa sa main sur son front pleine de sueur et de sang, et finalement s’effaça dans les escaliers de la première tour, et alla au bain. Devant la psyché il nettoya les plaies qui traverser tantôt son torse, tantôt ses cuisses. La première des batailles avait été la plus difficile. Aujourd’hui, Néhémie allait et venait en terre valaque, repoussait les ottomans et revenait toujours vivant. Mais jamais intacte. Sur sa joue droite, une fine plaie – d’une flèche décochée par un arabe – était la seule marque sur son visage. Sans boue, les cheveux propres et un peu humide encore, Néhémie retrouvait cette beauté ténébreuse et sombre, ce courroux divin dans les yeux, ces deux lunes bleus métallique qui ne souffraient pas d’être comparées au ciel, tant leur couleur s’en rapprochait.
Il remit son jeans de cuir bouilli noir, le ceintura de son épée bâtarde et d’un glaive qui ne le quittait jamais – contrairement à son frère qui affectionnait les rapières, Néhémie les trouvait trop légère et pas assez résistante contre l’os d’un ennemi – et finalement une longue chemise à manche large d’un blanc cassé mais clair. Par dessus, sa cote de maille pour que jamais ses épaules ne prennent le plaisir d’être libres, recouverte alors d’une chemise à col ouverte, plus sombres. Aucunes épaulières, aucune cape. Il prit une veste, sa veste, qui sentait le sang mais elle était encore dans un superbe état quand on comptait le nombre de guerre qu’elle avait vécu. Il ne la ferma pas, et y fourra une lettre. Néhémie était fatigué ce soir. Fatigué de cette longue semaine de campagne au Nord, fatigué d’avoir galoper depuis la matinée sans s’arrêter pour être sûr de ne pas rater son père. Il bailla en avançant dans le couloir, l’air calme, l’esprit ailleurs.
Au cuisine on se préparait à donner un beau repas, parce qu’on ne se doutait pas que le « presque-Roi » Mihai et ses invités ne pouvaient manger, et que seuls leurs bambins et autres protégés allaient manger – et quand bien même ils l’auraient su, on craignait les colères de Néhémie que l’on savait aussi noires que celles de son oncle Vlad III ou de son père, Mihai. Néhémie, pourtant, n’avait pas faim. Lorsqu’il poussa la porte de la salle à manger, il avait dix bonnes minutes d’avance, mais déjà le couvert était mis, la table parfaitement dressée, et son père attendait là, son œil se posant sur son fils. La lourde carcasse du vampire était maître en ses lieux, pourtant Mihai ne s’asseyait jamais au bout de la table. Même en l’absence de Vlad, Mihai n’avait jamais pris sa place. Ni en tant que père auprès de Rosarjo – il avait toujours bien pris le soin de n’être que son tueur tout comme Cyrus l’était – ni en tant que Roi puisqu’il ne portait que de faibles ordres. Il était seigneur de guerre, mais une ombre avant tout, avançant dans les pas de son frère sans jamais le doubler, sans jamais en avoir le souhait non plus. De toutes les qualités, celle qui sied le mieux à ce visage dur et valaque, à ses cheveux noirs ondulés, c’était la loyauté. Quand bien même il ne partageait avec Vlad que le même père, quand bien même il pouvait prendre le pouvoir à n’importe quel moment, il restait là, fidèle à son poste. Un chien selon le bas peuple. Un soumis selon une Rosarjo de quelques années plus jeune et plus en colère. Mais dans les yeux de Néhémie, Mihai Aldea était tout sauf ça. Il était le modèle du Roi par excellence. Il était le plus beau des hommes, et ça, personne ne le lui enlèverait.
« Des nouvelles du front nord ? »
« Mauvaises, hélas. » Néhémie se rapprocha de son père, et sortit de la poche de sa veste une lettre encore fermée et la lui tendit. Mihai la prit mais ne l’ouvrit pas, la rangea dans la poche de sa longue veste noire. Néhémie s’essaya à ses côtés, posant son regard sur l’assiette en face de lui.
« Rosarjo est malade ? »
« Elle n’est pas à la forteresse cette semaine. »
« Je vois. »
« Tu as vu ton frère ? »
Aucune réponse. Aleksescu entra dans la salle à manger accompagné de deux mignons à lui. Aucun des deux ne passeraient la nuit, ça tout le monde le savait, mais Néhémie n’en avait cure. Il posa ses yeux sur la chaise à ses côtés, devinant que son frère n’arriverait pas à l’heure comme tous les soirs. Il mettrait alors Mihai hors de lui par ce seul comportement, et le repas finirait d’une façon qu’il n’aimait pas. Il soupira légèrement quand entra à la suite d’Aleksescu un grand blond à la taille élancée. Un instant, en vu de l’âge et des deux années sans visite, Néhémie cru que ce fut Catharsis, et ses pupilles brillèrent de ses idées lubriques que le temps avait forgé à force de frustration. Il baissa aussitôt les yeux avec un sourire mauvais, en coin, mais s’arrêta aussitôt, relevant les yeux comme le jeune garçon, blond, était plein d’assurance et s’asseyait en face d’Ezechkiel sur la table, à la gauche du Maître d’Arme qui venait d’arriver. Un regard vers Mihai, tout semblait normal. Le jeune garçon blond tendit sa main, et Néhémie le fixa d’un regard sombre, prenant sa main au bout d’un long instant.
« Néhémie, je te présente Lancelot. C’est le nouvel apprenti de Nicu. C’est un français. »
Néhémie resta bête sur le moment, relâchant la main de ce fameux Lancelot. Au même instant, Dante entrait dans la salle à manger, accompagné du vrai Catharsis qui n’avait pas changé. Cependant, la ressemblance était frappante. Le jeune prince se racla la gorge et détourna la tête. Il ne comprenait plus vraiment.
« J’ai entendu dire que la première tour de Oslava était tombée ? »
Le regard bleu du prince se posa sur Nicu, le maître d’arme, et il se racla à nouveau la gorge, son esprit s’échappant de ses élucubrations sombres pour se replonger dans la réalité. Il fronça un peu les sourcils, toujours un peu perdu quelque part.
« La première oui. Mais nous les avons repoussé au-delà de la troisième frontière. Nous aurons le temps de la redresser sans mal. Nous avons subi peu de pertes humaines. Tant que ceux ne sont que des pierres qui tombent, nous ne perdrons pas la guerre. »
« Et quand y retournez-vous ? »
« Je… Je ne sais pas. Je n’y ai pas encore réfléchi. »
Néhémie eut un petit sourire et détourna les yeux vers Catharsis, discret. Finalement, ça l’énervait plus que ça ne l’intriguait que ces maudites têtes blondes soient deux plutôt qu’une.






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Dim 23 Oct - 20:35


« J’ai là une nouvelle qui te mettra le cœur en joie fils.
- Qu’est-ce ? Dites moi père. Le jeune homme à présent âgé de quinze ans referma son livre d’un geste élégant et doux avant de posait des yeux bleus magnifiques sur son père.

Catharsis s’était tenu à l’étude toute la journée, attendant déjà aux premières heures du jour que la nuit ne tombe. Il n’y avait eu que ses prières quotidiennes pour le détourner de la philosophie antique, puis à quelques heures de voir le jour se mourir, il avait commencer à languir le retour de ce père tant aimé.

Dante s’assit sur le lit, jetant un œil aux lectures de son protégé avant que d’en dire plus. Il aimait faire languir le garçon, voir dans ses yeux l’impatience et toute l’innocence de l’enfant qu’il avait mis tant de temps à devenir. Un jeune homme magnifique il fallait bien le dire et qui attirait les regards des jeunes filles à marier comme seul un prince aurait pu le faire.
Il dégageait de Catharsis une candeur et une bienveillance qui irradiait et ne semblait aller qu’en grandissant avec le temps. Il avait cette simplicité qui est l’idéal inaccessible des hommes de robes dont il ne partageait pas les vices, du moins aux yeux de Dante. Il ressemblait exactement à un matin de mars un peu frileux mais plein de vigueur et d’espoir comme on n’en voit qu’au jour de gloire sur les champs de guerre.

Ce que Dante aimait par dessus tout chez ce fils qu’il avait fait sien c’était finalement qu’il échappait aux poids des armures, aux dictats des couronnes, au harassement du serf. Il n’était rien lui le petit ange. Il n’avait rien non plus. Rien d’autre que l’amour inébranlable et inconditionnel de son prochain. C’était sans doute ce qui le rendait si beau et lui faisait le pied si léger sur cette terre de gadoue où la glaise se nourrit de sang et de pestilence. Il était un petit miracle, fragile, délicat dans son écrin de prince. Celui que Dante lui avait fait dans son grand manoir aux murmures inquiétants.

Catharsis eut un sourire doux et patient. Dante un sourire un peu moqueur.

« Vous vous délectez de ma curiosité père… s’il vous plait, dites moi.
- Je me réjouissais d’avance de voir ton visage transformé quand tu apprendrais que ce soir nous partons pour la Forteresse du Pendu. Le sourire de Catharsis retomba en même temps qu’une curieuse ride du lion se creuser sur le front étrangement lisse de Dante, mais visiblement cette nouvelle ne produit pas l’effet escompté. Moi qui prenais ton long silence pour de la retenue voilà que tu me tires une gueule de triste satyre. Cette nouvelle ne te fait donc pas plaisir toi qui me hâtait tout le temps de te parler des princes et de l’enfante-reine ?
- Elle me flétrit le cœur père mais je dois me taire si vous le voulez bien.

Dante fronça les sourcils, perplexe.

- Nous en reparlerons. Nous partons dans une petite heure tes affaires t’attendront dans la voiture. Tâche donc de te guérir de cette vilaine contrariété que je lis dans tes yeux. »

Catharsis sourit comme son père lui baisait le front. Il se savait plus que chanceux d’avoir croisé le chemin de Dante. Depuis qu’il l’avait emmené loin de Rosenkrantz, sa vie n’avait été qu’une succession de merveille et quand une véritable contrariété se présentait, le nobliau valaque était toujours là pour l’écarter de son chemin.

Dante aurait mille fois pu profiter de ce que son fils avait une si jolie figure pour conclure un mariage intéressant. D’autant plus que lui même n’était qu’un petit noble parvenu. Mais il n’en avait jamais rien fait, et s’était même parfois mis à dos des pères en colère plus puissants que lui (du moins en apparence). Il avait toujours respecté les choix de son fils bien que ce ne fut absolument pas ce qu’un père ordinaire eût fait à l’époque.

Catharsis descendit l’immense escalier jusqu’au rez-de-chaussée. Il quittait rarement sa chambre et quand il le faisait la nuit c’était toujours avec appréhension. Avec cette sensation que des yeux l’observaient dans le noir, que des présences invisibles frôlaient sa peau, murmuraient à son oreille souvent les choses les plus abjectes. Il hâta un peu le pas et se retrouva dans la petite cour avant où son père l’attendait déjà dans la voiture. Le voyage lui parut long. D’autant plus long qu’au point du jour on dût tirer les lourds rideaux de velours pour se couper du monde et laisser son père dormir sans plus personne pour faire la conversation à Catharsis. Le cochet était affreusement raide et silencieux. Il n’y avait que le claquement du fouet pour rompre la monotonie et encore, à la longue même celui-ci devenait ennuyeux.

On les annonça et Catharsis suivit son père en bon petit page qu’il était, sage et insignifiant à côté de Dante même s’il avait grandi et le dépassait maintenant de deux bonnes têtes ce qui le laissait tout de même plus petit que les garçons de son âge.
Dante salua cordialement, imité par son fils puis se plaça à table.
L’adolescent aux cheveux blonds esquissa un sourire mi timide mi craintif à l’adresse du prince Néhémie mais ce sourire se perdit dans le vivant de la conversation alors il baissa les yeux, sage comme une image.

Dans sa tête il repensait à ses plus jeunes années passées à admirer le prince Néhémie, ce héros de la nation qui payait de son sang la liberté de son peuple. Une admiration sans borne que même l’altercation qu’ils avaient eu à leur dernière rencontre n’avait jamais pu entacher. Là, derrière ce teint à peine rougissant, il repensait à ce qu’il avait fait et à ce qu’il n’aurait pas dû faire et le souvenir de sa peur lui nouait déjà le ventre. Il prit une gorgée d’eau et feint de suivre la conversation quand tout en lui n’étaient que chaos et sermons intransigeant.

Dante eut un sourire effilé comme s’il venait de faire la découverte de quelque chose qui le ravissait au plus au point :

« Et dîtes moi messire la France ne vous manque-t-elle pas ? »

Catharsis reporta son attention sur son père et sur cet étrange jeune homme blond, un chevalier visiblement, à qui il venait d’adresser la parole.


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Wolfgang S. Orlov
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► MESSAGES : 585
Dim 23 Oct - 20:36


Néhémie resta silencieux. Il était fatigué, et ça n’aidait pas qu’on lui posât des questions auxquelles il devait réfléchir. Il releva les yeux sur son père qui fronçait les sourcils en voyant l’heure tournait et Ezechkiel toujours tardait. Néhémie baissa les yeux sur son assiette quand Dante attira son attention. Ses prunelles bleues se fixèrent sur cet étrange chevalier qui ressemblait que trop à Catharsis. Il serra les dents, comme son regard se fit plus long et perçant sur son visage qu’il ne l’aurait premièrement voulu.

«  Et dîtes moi messire la France ne vous manque-t-elle pas ? »

Mihai eut un sourire en coin et secoua doucement la tête. Dante était à peine arriver qu’il cherchait déjà la petite bête. Aleksescu haussa un sourcil à la question, posant ses yeux sur le chevalier alors. Lancelot reposa son verre sur la table et posa ses yeux bleus clair sur le vampire, sans se douter un instant de qui était cet adolescent, ignorant jusqu’à sa force même. Il le jugeait d’un regard d’homme vivant et mortel, et c’était avec ce regard finalement qu’il accueillait bien cette question. Et si il n’aimait pas vraiment qu’on lui posât des questions sur « sa » France, il n’allait pas se montrer impoli non plus.

« Je préfère de loin la belle Forteresse du Pendu à nos tristes châteaux français. » souffla t-il avec un accent français hachant son roumain. Sa voix était claire, fluette, douce presque à l’oreille.

Au même moment, la porte s’ouvrit sur Ezechkiel, tout sourire. Il se rapprocha de la table sous le regard à nouveau sévère de Mihai. Le prince n’était jamais à l’heure, mais qu’il entre sans s’excuser, ça, ça le dépasserait toujours. Néhémie se redressa avec un sourire moqueur en coin, comme à chaque fois que son frère osait ce que d’autres n’auraient jamais pu ne serais-ce qu’imaginer.
Le prince se posa à sa place, après un rapide regard supérieur à Catharsis – qui lui avait pris, deux ans auparavant, l’attention de son frère et n’en serait jamais excusé – et eut un sourire à Nicu et au jeune français.

« Que disait-on avant que je n’arrive ? »
« Si tu étais plus à l’heure, nous n’aurions pas à répéter, Ezechkiel » grinça Mihai.
« Si j’étais à l’heure, il n’y aurait aucune raison pour vous de gronder mon Père. »

Néhémie fronça légèrement les sourcils au ton d’Ezechkiel. Il n’était pas si tard que ça, et si Mihai venait juste de se réveiller – la nuit n’étant pas tombée si tôt que cela aujourd’hui – Ezechkiel avait déjà bu, assez en tout cas pour se sentir au dessus de tous, et surtout de son géniteur.

« L’on disait que les châteaux roumains étaient plus attrayants que les châteaux français… » répéta doucement Lancelot, dans un sourire calme.
« Mais la France a les plus beaux bordels, et le meilleur des vins. Et ça, ça n’a pas de prix. »

Lancelot fixa Ezechkiel, puis détourna le regard. Néhémie ne cilla pas, son regard fixant son assiette, rêvant du moment où il pourrait s’échapper et dormir, enfin. Cette soirée promettait d’être ennuyeuse à mourir.

« Avez-vous fait bon voyage ? » sourit Ezechkiel à Dante, toujours amusé de ce seigneur à la taille d’ottoman – parce qu’il était sûr que le peuple roumain était grand et le maure, non.
« Vous devriez venir demain, Néhémie. La salle d’entraînement vous ait ouverte. Vous devriez venir voir ce que notre recrue fait. De vraies prouesses pour un si jeune chevalier. »
« Je viendrais à la première heure. »

Néhémie hocha la tête, posant ses yeux sur Lancelot. Il fronça à nouveau les sourcils, reposant ses yeux sur Catharsis, puis sur son assiette. Ça n’était pas normal. S’il avait cru en Dieu, il aurait cru à une tentation de l’éternelle. Mais il n’y croyait pas. Il crachait même dessus. Ça n’était pas ça. C’était pire… Une coïncidence.






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► MESSAGES : 1431
Dim 23 Oct - 20:36


Le dîner s’écoula lentement pour le pauvre Catharsis qui osait à peine quelques œillades au prince qui lui faisait battre le cœur bien malgré lui. Il mangea comme un oiseau mais honora chaque plat comme il était bien élevé pendant que son père continuer à parler avec messire Lancelot visiblement très porté sur une certaine dame du Lac.

L’heure de se retirer arriva et le blondinet salua très poliment quoiqu’il savait pertinemment qu’il ne fermerait pas l’œil mais errerait lamentablement dans l’espoir que le prince Néhémie ferait une apparition.

« Tu ne devrais pas fou que tu es, murmura le jeune homme pour lui même alors qu’il passait sa chemise de nuit.

Il prit un livre et tenta de se plonger dans une lecture qui le divertirait de son doux tourment mais il lisait distraitement pensant sans le vouloir vraiment aux mille façons d’aborder le prince, de gagner son pardon si tant été qu’il pouvait y en avoir un. Au moins, finit-il par se convaincre qu’il fallait s’excuser sans même regarder à obtenir quoique ce soit en retour. Juste parce que c’était ce qu’il fallait…
Il resta longuement à se demander s’il fallait qu’il y aille sur le champs ou qu’il diffère au lendemain. Aller chercher le prince dans sa chambre n’aurait guère été convenable il fallait l’avouer. Mais peut-être le trouverait-il à la bibliothèque….

***
Messire Lancelot quitta la table prêt à rejoindre ses appartements. L’adolescent qui lui avait tenu la conversation tout le dîner était décidément bien intriguant. Tant de questions … eût-il été possible qu’au moyen d’on ne savait quelle ruse ce fourbe ait pu démanteler son secret ?

« Balivernes… »

Messire Lancelot eut un rire amusé pour lui-même et s’arrêta tout net en découvrant qu’il n’était pas seul. Une longue silhouette était planté dans le couloir qu’il avait pris pour rallier ses appartements.

« Prince Néhémie me trompai-je ? J’ai ouïe dire beaucoup de bien de vous à la table de sire Mihai ce soir. »

Simple courtoisie. Il ne comptait pas s’attardait de trop non plus.

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Wolfgang S. Orlov
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► MESSAGES : 585
Dim 23 Oct - 20:37


Le repas fut long pour Néhémie, moins pour Ezechkiel qui s’amusait de petits riens, mais surtout des vieilles histoires vaseuses d’Aleksescu au sujet des bordels. Mihai n’avait rien suivi du repas, fixant d’un œil terrible son fils, hésitant à le rosser devant tout le monde ou juste à fermer les yeux, encore une fois. Il finit par choisir la seconde option, sans un mot.
A la fin du repas, Ezechkiel alla dans les écuries et prit une jument. Il s’éloigna vers Slatina. Mihai ne posa aucun mot sur ce comportement, s’éloignant dans les couloirs en compagnie de Néhémie, l’air sombre. Si le seigneur était aussi lugubre, c’était à cause d’Ezechkiel, et ça, Néhémie le devinait que trop facilement. Il suivit son père, discuta avec mais Mihai se retira, plus sombre que d’habitude, laissant son fils derrière lui. Néhémie s’arrêta, l’air fatigué, et soupira. Enfin seul, pensa t-il. Seul et au calme, lui qui venait de vivre une longue semaine de cris et de sang. Il s’étira et grimaça, se remettant à l’esprit toute la frustration qu’avait été le non de Catharsis. Il baissa les yeux sur la pierre, hésitant un instant à aller le chercher dans sa chambre et à lui faire payer ce vilain affront, mais finalement, il abandonna l’idée. Parce que ce n’était pas raisonnable, et que pour avoir vu le petit ange pleurait une fois, il ne supportait pas de lui faire verser des larmes une seconde fois. C’était plus fort que lui, mais ses larmes, il les détestait, et il se dégoûtait autant d’avoir eut cette idée saugrenue d’aller le forcer. Il secoua la tête, relevant le menton et passa sa main sur sa nuque. Ses muscles étaient fatigués, et la côte de maille n’arrangeait rien. Mais il s’habituerait. C’était ce qu’il se disait depuis deux ans.
Il se tourna en entendant des pas dans le couloir, ses yeux bleus se posant sur la fine silhouette de Lancelot – il lui suffisait de voir cette assurance pour comprendre qu’il ne pouvait s’agir de son petit ange. Il eut un sourire en coin, moqueur, imaginant un instant que contre un mur, le brutalisait et le faire pleurer, lui, ça ne le gênerait aucunement. Ses pleurs n’auraient sans aucun doute aucune valeur. Il calma aussitôt ses ardeurs, la fatigue reprenant ses droits sur son corps.

«  Prince Néhémie me trompai-je ? J’ai ouïe dire beaucoup de bien de vous à la table de sire Mihai ce soir. »
« Ils me jugeront sans doute mieux que je ne le ferais moi-même, encore que j’accorde que peu de crédit à leur dires. Je ne suis pas si bon que ça. »

Le petit garçon, modeste, plein de recul sur lui, était revenu à la lueur d’une torche. Son visage pâle et ses grands yeux bleus dardaient le jeune chevalier. Il eut un léger rire, secoua la tête :

« Vous ne devriez pas traîner dans les couloirs. Le seigneur Aleksescu apprécie plutôt bien les beaux visages, et il serait triste d’abîmer un tel minois en quelques jeux barbares. »

Son avertissement était réel. Néhémie était calme, d’un sourire un peu enjôleur sans le vouloir. C’était la fatigue qui parlait, mais aussi sans doute un peu le sentiment, ce petit truc qui faisait que Lancelot lui plaisait parce qu’il avait le visage de Catharsis, et qu’à Catharsis, il aurait dit la même chose, de ce même ton doux et presque langoureux. Un prince calme, loin de l’image d’Ezechkiel, un peu brusque et brute sur les bords. Quand bien même il était des deux le plus colérique pourtant.






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► MESSAGES : 1431
Dim 23 Oct - 20:38


« Vous ne devriez pas traîner dans les couloirs. Le seigneur Aleksescu apprécie plutôt bien les beaux visages, et il serait triste d’abîmer un tel minois en quelques jeux barbares. »

Lancelot eut un rire franc visiblement amusé.

« Ce ne serait pas la première fois que je remettrais en place un soupirant un peu trop zélé prince. Si j’étais plus susceptible je dirais que vous présumez mal de mon physique. »

Un fin sourire amusé glissa sur les lèvres comme il riait d’une blague que lui seul pouvait comprendre. Son regard s’attarda sur le prince qui, ma foi, était plutôt bel homme. La main posé sur la garde de son épée, par habitude, notre arrogant ne semblait pas douter de pouvoir remettre ce cher prince à sa place si l’occasion se présentait.

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Wolfgang S. Orlov
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► MESSAGES : 585
Dim 23 Oct - 20:38


«  Ce ne serait pas la première fois que je remettrais en place un soupirant un peu trop zélé prince. Si j’étais plus susceptible je dirais que vous présumez mal de mon physique. »
« Vous jugez plutôt mal de celui des autres. »

Néhémie eut un petit sourire en coin, amusé. Son regard parcouru le corps de Lancelot, et si c’était bien vrai que Néhémie ne jugeait jamais de l’apparence, il devait bien se laisser aller à ses fantaisies, et imaginait cent façons de lui trancher tantôt la gorge, tantôt les mains. La guerre lui avait donné une imagination débordante.

« Demain nous nous verrons dans la salle d’entraînement. J’ose espérer que vous serez à la hauteur de ce que vous avancez. Je n’aime que trop peu les orgueilleux. »

Pour en avoir un comme frère, sourit Néhémie. Il tourna les talons, et si dans l’obscurité ses yeux bleus brillaient d’une lueur qui n’appartenait pas au commun des mortels. Néhémie ne se vantait jamais, pourtant, dans le château, on disait de lui qu’il était des meilleurs bretteurs de son époque, si ce ’était le meilleur. Son éducation rude en avait fait un homme de bataille, de guerre. Il épousait les projets de son père à la perfection, ou presque. Il s’arrêta un instant devant les appartements de Catharsis, puis s’effaça dans l’obscurité. Il tomba de fatigue dans son lit, endormi profondément en des songes sans images et sans odeurs, au seul bruit du raclement lourd des épées. Il rêva de guerre, comme toutes les nuits, mais juste avant de se réveiller, ses rêves se transformèrent, lubriques et pervers, voyant tantôt un ange nu, tantôt un chevalier soumis. De Lancelot à Catharsis, la tentation était là, grouillante dans son estomac. Il se réveilla de mauvaise humeur, un peu énervé, et prit un bain froid. Il faisait encore nuit dehors.
Il descendit manger un morceau avant l’aube. Il avait de ses habitudes, de se coucher dans la nuit et se réveiller avec. Le soleil était son unique compagnon. Il en profitait tant qu’il le pouvait, comme il aimait le dire. Il mangea seul et alla aux écuries vérifier l’état de son étalon. Sinistre. Il portait son nom comme un étendard, et si sa robe était blanche, c’était pour mieux faire pâlir l’ennemi. Il lui donna une pomme rouge sang et finalement, comme la matinée commençait à s’avancer, il se dirigea vers les salles d’entraînement du premier étage.
Il ne doutait pas d’y trouver Nicu et Lancelot, puisque c’était à ces heures-là que plus jeune il avait fait ses premières armes. Il fronça les sourcils en se rappelant de Lubim, mais la pensée disparue. Le combat dans la salle d’entraînement avait déjà commencé. Néhémie eut un sourire en coin, posant sa main sur la garde de son épée bâtarde et poussa la porte de la salle. Nicu s’arrêta aussitôt, avec un large sourire accueillant ; il avait toujours eut en estime le prince.
« Prince Néhémie ! Toujours à l’heure à ce que je vois ! Nous venons tout juste de commencer ! »
« Je n’oublis que rarement, Maître Nicu. »
Il hocha la tête, amusé. Il appelait toujours Nicu Maître, malgré le fait qu’il ait depuis bien des années le dessus sur lui. C’était sa façon à lui de le remercier, que de lui accorder cette place un peu supérieure, quand bien même il aurait pu le tuer en duel. Néhémie et sa retenue princière, c’était ce qui faisait que les petites âmes se prenaient pour des rois à ses côtés, s’amusaient même parfois de son manque de réaction. Néhémie était la Colère incarnée, mais il n’en faisait rien. Tout arrivait à qui savait attendre après tout. Il posa ses yeux sur Lancelot, un sourire en coin, moqueur quelque part, se perchant sur ses fines lèvres :
« Avez-vous retrouvé votre chambre sans mésaventure, messire Lancelot ? »






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Dim 23 Oct - 20:38


« Avez-vous retrouvé votre chambre sans mésaventure, messire Lancelot ?
- Ainsi que je vous l’avez dit prince Néhémie. Avez-vous passez une bonne nuit ? »

Ils échangèrent ainsi quelques banalités puis Nicu proposa un duel pour se mettre en jambe. Lancelot l’accepta avec grand plaisir visiblement. Il était bien loin de se douter que le combat était perdu d’avance et que pour triompher il aurait fallu avoir l’aide de Saint George lui même.

L’épée longue et étincelante, le chevalier se mit en garde et les premiers coups furent échangés en guise de tour de chauffe mais très vite il fallut cesser et se battre pour de bon sans retenir ses coups. L’honneur n’était pas une chose sur laquelle messire Lancelot crachait. Le bretteur français y mit donc toute sa hargne mais bien vite il fallut se rendre à l’évidence à ce rythme là le combat serait vite joué.

Une clé habile illustra son talent mais cela ne suffit guère et Lancelot termina un genou à terre soumis :

« Je ne demanderai pas grâce pour ma dignité mais ma foi mon prince vous faites un aussi excellent bretteur que ne l’avance la rumeur. »

Là dessus il se redressa toujours paré de sa superbe. L’entraînement se poursuivit puis chacun vaqua à ses occupations. Lancelot opta pour la bibliothèque où il fit la rencontre d’un petit page adorable :

« Quel âge as-tu mon garçon ? Treize ans ?
- Quinze messire Lancelot.
- Et comment as-tu nom ?
- Catharsis messire.
- Catharsis ? Je n’ai jamais entendu nom si étrange de toute ma vie.
- C’est mon père qui me le donna pour l’amour de la scène. C’est un érudit.
- Mh, je vois. Si tu es instruit tu auras sans doute quelques lectures à me recommander page.
- Certainement. »

Et Catharsis de partir à la recherche d’un tel ouvrage.

« On a dit que vous et le prince aviez jouté ce matin.
- Je te trouve bien téméraire pour un page d’adresser la parole à un chevalier sans y avoir été invité.
- Pardonnez moi messire., Catharsis acquiesça lui remettant un livre entre les mains.
- Passe. Je ne m’en formaliserai pas, c’était un duel très intéressant. Le prince a autant de vigueur qu’il a une belle figure. »

A ces mots Catharsis se raidit, ses doigts fins se serrant dans ses paumes blanches mais il se tut, gardant pour lui son péché de jalousie. Ou peut-être était-ce de l’orgueil.
Ce matin, il n’avait eu aucune possibilité de rencontrer le prince et lui présenter les excuses qu’il aurait tant voulu, un peu à cause de messire Lancelot c’était vrai. Mais ce qui contrariait le blondinet c’était d’avoir entendu de tels compliments à l’égard du prince quoiqu’ils fussent mérités.

« Tu n’en dit rien page ?
- Si messire. J’en dis que c’est sans doute vrai.
- Sans doute c’est bien là la preuve que tu doutes en vérité.
- Je ne sais pas messire. Je ne suis pas un homme d’épée messire.
- Evidemment. Tu ne comprendrai pas je suppose…
- Je suppose messire. , répondit Catharsis toujours humble mais le cœur tenaillé d’amour mêlé d’envie.

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Dim 23 Oct - 20:38


Néhémie ne s’était pas battu depuis longtemps sans avoir à enlever la vie à celui qui le défiait. Le regard calme, une expression neutre sur la face, les coups de Lancelot n’eurent cependant aucun effet. La plus belle de ses clefs eut au mieux l’effet de faire froncer un instant les sourcils du prince. Si Rosarjo l’appelait le Magnifique, ce n’était pas pour rien. Un revers, et sa garde s’enfonçait dans l’estomac du jeune chevalier pour finalement le faire plier, le descendant genoux à terre. Quelques minutes qui s’étaient faites longues par la seule volonté du prince. En seulement trois passes, ça aurait pu être clôturé. On ne défiait pas un prince, quand bien même on pensait toujours que leur naissance ne leur donnait aucune force et qu’une réputation. Les enfants de Mihai, si illégitimes furent-ils, n’étaient pas de petits joueurs.

«  Je ne demanderai pas grâce pour ma dignité mais ma foi mon prince vous faites un aussi excellent bretteur que ne l’avance la rumeur. »
« Comme je vous l’ai dis hier, les autres me jugeront cent fois mieux que je ne le ferais jamais. »

Il s’écarta du chevalier et fit quelques nouvelles passes, pour dégourdir son bras. Il ne força en rien, parce que si son sang lui permettait de se refermer plus rapidement que les autres, il restait un mortel et son sang était une monnaie rare et chère. Il ne devait pas être aussi facilement gaspiller.
Il retourna ensuite dans ses appartements, pour changer ses pansements, et alla à nouveau aux écuries. Une rapide balade avec Sinistre sur les quelques chemins, il se jura de faire la même chose avant le coucher du soleil pour permettre à l’animal de ne pas finir fou dans son box. Il croisa Ezechkiel qui venait de rentrer et le laissa aller se coucher, fermant les yeux sur son odeur de vin.
Au bout d’un instant, l’envie prenant le pas sur sa raison, Néhémie remonta les marches de la Forteresse et entra dans la bibliothèque. Au premier coup d’œil, il vit Lancelot, et ses yeux tombèrent machinalement sur Catharsis. Il eut un sourire sur le visage en voyant sa petite mine, et s’il ignorait jusqu’à ses mots, il pouvait déjà deviner en quelle genre d’excuses ridicules il se fondrait quand Lancelot viendrait à se montrer arrogant avec lui. Il avança calmement dans la bibliothèque, haussant un sourcil en voyant Catharsis, puis détourna le regard sur Lancelot.

« Un chevalier qui lit. Quelle chose incongrue. On ne demande pas aux bretteurs de penser que je sache ? »

C’est sur cet air moqueur que Néhémie se planta aux côtés de Lancelot, jetant un œil sur la lecture conseillée. C’était là ridicule au prince de dire cela quand on savait qu’il avait passé son enfance entre les livres et les épées, et que son esprit, fin et logique, avait été forgé au rythme des latins et des grecs, se nourrissant des philosophes et des opéras comme il s’était nourri de la science de la stratégie romaine et chinoise.






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Dim 23 Oct - 20:39


« Un chevalier qui lit. Quelle chose incongrue. On ne demande pas aux bretteurs de penser que je sache ?
- On aurait tord d’entretenir son corps et de laisser périr son esprit.», répondit Lancelot bien loin de se laisser démonter.

D’un regard il indiqua au page qu’il pouvait disposer. Catharsis, un peu réticent comme c’était la seule fois de toute la journée qu’il avait pu se retrouver en présence du prince, acquiesça, la mort dans l’âme toujours l’air neutre, et obéit.

- Quel drôle de petite chose que ce Catharsis. Il a plus les airs d’un enfant de chœur que ceux d’un page. Quoiqu’il vaut sans doute mieux pour lui qu’il fut page, on sait comment son les gens de robe avec les jeunes garçons. »

Lancelot eut un sourire pour le prince. Un sourire sans doute charmé mais c’était encore difficile à dire pour le peu qu’on le connaissait.

« Mais dites moi messire, si vous n’aimiez pas lire que feriez vous ici ? »

Un petit sourire chafouin sur ses lèvres fines, un haussement de sourcil. Vous aurai-je pris à un autre de vos penchants mon prince ?


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Wolfgang S. Orlov
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Dim 23 Oct - 20:39


« On aurait tord d’entretenir son corps et de laisser périr son esprit. »
« Pourvu que vous ne contredisiez pas mes ordres sur le champ de bataille. »

Un calme sourire. Machiavel lui-même l’avait dit, un peuple soumis et abrutis obéissait mieux qu’un peuple intellect, trop revêche à écouter son tyran. Si Néhémie n’était pas de ses tyrans, et s’inscrivait même dans une lignée cherchant le meilleur pour son peuple qu’il défendait en descendant lui-même sur les champs de guerre, il n’en restait pas moins lucide sur ce dernier. Une fois qu’il serait instruit, il se permettrait bien des choses, comme le contredire, et ça, ça l’énerverait.
Il posa ses yeux sur Catharsis, devinant bien les pensées qui lui traversaient l’esprit, mais n’en fit rien quand bien même Lancelot le renvoya quand sa présence ne le dérangeait pas. Il fronça un peu les sourcils, se rappelant de cette désastreuse première fois et toussa. Ça aussi, ça le mettait en colère. Il se caressa la tempe, comme pour calmer la légère douleur à l’intérieur.

« Quel drôle de petite chose que ce Catharsis. Il a plus les airs d’un enfant de chœur que ceux d’un page. Quoiqu’il vaut sans doute mieux pour lui qu’il fut page, on sait comment son les gens de robe avec les jeunes garçons. »

Néhémie le fixa et resta un instant pensif. Catharsis avait en effet ce visage doux des anges, des chérubins même, mais… Néhémie chassa cette sale pensée de son esprit, grimaçant légèrement.

« Des diables en robe de coton et petit col blanc. Tous plus détestables que les ottomans. »

La haine de Néhémie contre les curés et autres prêtres, ça n’était pas d’aujourd’hui. Quand bien même son pays n’aurait pas été en guerre contre cette infâme Eglise Catholique, il aurait craché sur tous, sur ces cardinaux infectes qui avaient poussé les gens à la chasse aux sorcières et à brûler sur le bûcher les vampires les plus jeunes. L’Inquisition, voilà le vrai visage de la religion à ses yeux, et ça le débectait d’autant plus que Catharsis avait tout d’un enfant de monastère. De la foi jusqu’aux habitudes. Néhémie le voyait bien entre les pattes de quelques infâmes, à lui faire croire par quelques paroles de ses mensonges affreux. Il remerciait quelque part son père de lui avoir épargner de croire à ses sottises.

« Mais dites moi messire, si vous n’aimiez pas lire que feriez vous ici ? »
« Peut-être serais-je venu admirer une toute autre beauté que celles des vieilles reliures de cette bibliothèque ? » Néhémie lui rendit son sourire, quoi qu’il fut sans doute un peu plus moqueur. Son regard ne trompait pas, même s’il se retenait toujours. Il releva le menton, d’un air un peu arrogant, qui lui allait pourtant si bien : « Qui sait ce que le prince vient et ose faire en ces lieux. Profaner quelques livres, mes quelques lectures impies… Ou parcourir d’autres choses. Qu’en sais-je… Que préféreriez-vous que je fasse ? »

Son petit sourire ne mentait pas. Il n’avait de toute façon pas le temps de courtiser comme il se le devait. Et puis il n’avait pas la patience, plus depuis Catharsis.






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Dim 23 Oct - 20:39


« Peut-être serais-je venu admirer une toute autre beauté que celles des vieilles reliures de cette bibliothèque ? »

Messire Lancelot eut un vague rougissement puis haussa un sourcil un brin hautain. Dans sa tête une sensation désagréable de doute se fit jour. Il détailla le prince longuement mais non. Comment aurait-il pu savoir.

« Vous auriez donc ce genre de préférence ?, se moqua un peu le chevalier pour gommer de son visage cet air un brin emprunté.
- Qui sait ce que le prince vient et ose faire en ces lieux. Profaner quelques livres, mes quelques lectures impies… Ou parcourir d’autres choses. Qu’en sais-je… Que préféreriez-vous que je fasse ? »

Lancelot déglutit mais il gardait toute sa contenance. Il sembla se donner le temps de la réflexion puis, son expression changea et il sembla un brin plus contrarié.

« A supposer que ce que je dise puisse avoir le moindre effet sur votre personne je me piquerai de savoir ce que vous oseriez de votre propre chef Prince Néhémie., pure provocation de la part d’un chevalier qui ne voulait pas courber l’échine au premier mot, qui sait, peut-être obéirai-je pour vous plaire même au delà du champs de bataille. Mais pour cela il faudrait que vous fussiez au moins aussi convainquant que ce matin si ce n’est plus. »


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Wolfgang S. Orlov
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► MESSAGES : 585
Dim 23 Oct - 20:40


Cette préférence ? Néhémie n’y avait jamais réfléchi. Si ça devait être honteux ou immoral. Il avait toujours marché du côté des opprimés. Il était valaque à une époque où on devait rougir d’avoir pour bannière et pour nous Nospheratov. Il faisait la guerre quand d’autres ne juraient que pour l’amour. Et il avait le goût des hommes quand l’Eglise clamait que c’était là la chose la plus horrible qui soit, le péché suprême qui avait fait pleuré son ange. Il ne cilla pas, mais Lancelot, par son arrogance et ses paroles piquantes attisaient à l’intérieur sa petite fureur, rallumant dans son regard la colère. Il ne lui en fallait pas beaucoup c’était vrai, mais le brasier s’enflammait enfin.

« A supposer que ce que je dise puisse avoir le moindre effet sur votre personne je me piquerai de savoir ce que vous oseriez de votre propre chef Prince Néhémie. »

Le prince arqua un sourcil. Il aurait presque secouer la tête d’un air las, mais cette provocation de chevalier, de bas étage finalement, était tellement différente de l’innocence frappante de Catharsis que c’était presque… attirant. Non pas adorable ni attachant, mais juste attirant, allumant dans les yeux du jeune prince quelque chose comme de la fougue, et cette envie irrépressible de le briser, de le faire pleurer, pour lui montrer qui était encore le prince et le noble dans l’histoire.

« … qui sait, peut-être obéirai-je pour vous plaire même au delà du champs de bataille. Mais pour cela il faudrait que vous fussiez au moins aussi convainquant que ce matin si ce n’est plus. »

Du haut de ses dix-sept ans, Néhémie était grand. Aussi grand que l’était Mihai, aussi grand que l’était Rosarjo. Des valaques, il avait bien une tête de plus, et si Ezechkiel grandissait normalement, lui avait toujours été plus. Plus beau, plus magnifique, plus adroit, et là encore, plus arrogant que jamais quand il le fallait. Quand pour plaire il devait revêtir son habit de prince impétueux, il n’hésitait jamais. Il avait conquis les cœurs rebelles des princesses étrangères, en avaient couché dans son lit sans avoir un mot à dire. Ça n’était pas un chevalier, aussi français fusse t-il, qui allait lui dire non.
Seul Catharsis avait ce droit-là.

« Quand bien même aurais-tu le choix de ne pas m’obéir… » souffla d’une voix chaude Néhémie, sa main attrapant le menton de Lancelot, son visage fin entre ses doigts, soulevant de lui-même son menton pour en admirer jusqu’à l’arrête franche « …tu m’obéiras. » Un large sourire s’étira sur ses lèvres, un sourire sardonique plaqué sur son visage. « Et je me montrerais cent fois plus convainquant dans ma chambre que dans cette bibliothèque. »

Sa voix chaude, accompagnait d’un sourire moqueur et supérieur, Néhémie avait là l’étoffe du plus grand des conquérants, qui même en amour en imposait, de ce charisme fou. Il relâcha doucement son menton, son regard métallique promettant bien davantage.

« Mais là encore, je ne serais convainquant que si messire ose passer le seuil de ma chambre. »

Un défi peut-être ? Quoi de mieux pour deux arrogants.






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Dim 23 Oct - 20:40


« Quand bien même aurais-tu le choix de ne pas m’obéir… »

Lancelot sursauta opposant une résistance aussi franche que celle que mettait le prince à lui tenir le menton relevé. Ses yeux piqué d’arrogance lui jetaient des dagues assassines.

« …tu m’obéiras.
- On ne m’avait pas parlé de vous en présomptueux Prince Néhémie. M’arracher mes faveurs. Laissez moi rire.»

Et en effet c’est un petit rire un brin étouffer qui se mourut dans sa gorge. Etait-ce de la peur ou de l’inconscience. A en juger par cette pupille rétrécie plutôt de la peur mais elle devait être mêlé d’attirance pour que le chevalier ne démorde pas de son attitude provocatrice.

« Et je me montrerais cent fois plus convainquant dans ma chambre que dans cette bibliothèque. Mais là encore, je ne serais convainquant que si messire ose passer le seuil de ma chambre.
- Oseriez-vous insinuer que j’aurais peur de votre chambre Prince Néhémie ? Ou que, parce que j’en aurais franchi le seuil vous m’auriez conquis tout à vous ? Non. Ma faveur je vous la donnerai si le cœur m’en dit je ne vous la céderai jamais. »

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Dim 23 Oct - 20:40


« On ne m’avait pas parlé de vous en présomptueux Prince Néhémie. M’arracher mes faveurs. Laissez moi rire. »

Néhémie le fixa, et il aurait pu dire qu’il n’était pas présomptueux, loin de là, mais qu’importe. Après tout, cette façon d’être impétueux, ça ne devait aller qu’à la reine pour que jamais on ne la reprenne. Le prince ne répondit rien, son visage pincé de cette sale mine qui se délectait de ce petit quelque chose qui s’allumait dans l’œil de Lancelot. De la peur ? Tant que ça ? Ca avait un côté excitant. Vraiment. Néhémie eut un fin sourire.

« Oseriez-vous insinuer que j’aurais peur de votre chambre Prince Néhémie ? Ou que, parce que j’en aurais franchi le seuil vous m’auriez conquis tout à vous ? Non. Ma faveur je vous la donnerai si le cœur m’en dit je ne vous la céderai jamais. »

Néhémie le fixa, et eut finalement un petit rire mélodieux, relâchant son visage, dépliant ses longues phalanges de pianiste. Ses yeux bleus détaillèrent le jeune homme, et c’était fou ce que ce visage lui rappelait Catharsis quand le caractère jurait avec. Lancelot pouvait bien avoir la face de son petit ange, il n’en aurait jamais la saveur. Il fallait au moins qu’il se rattrape dans son lit, sans quoi, il ne serait qu’une atroce petite copie.

« Je n’ai pas la prétention de te conquérir, Lancelot. » Un sourire lubrique se dessina sur son visage. « Ne demande pas à un prince de mettre un pieds sur une terre sans richesses. J’ai encore un honneur quand tu as une dignité. Je peux bien jouer avec toi, mais n’oublis pas ta place. »

Les longues phalanges du prince se refermèrent sur la garde de son épée en posant sa main sur la garde de cette dernière. Quand celle d’Ezechkiel s’appelait Discipline, celle de Néhémie portait le nom de Funérailles. Il lança un dernier regard à Lancelot, un sourire en coin, moqueur.

« Cela dit, gardez mon conseil. La nuit, les couloirs ne sont pas sûrs… »

Une promesse voilée ? peut-être. Le prince ne serait pas toujours aussi sage, pas quand le désir et la frustration le taraudaient.






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Dim 23 Oct - 20:40


« Cela dit, gardez mon conseil. La nuit, les couloirs ne sont pas sûrs… »

Un regard noir. Pour l’heure son audace l’avait sauvé des lubricités de ce prince au moins aussi arrogant que lui. Inutile de dire que la frustration tenait notre chevalier mais il ne pouvait pas se permettre de finir nu dans le lit du Prince.
Messire Lancelot serra les dents et laissa passer cinq minutes avant de quitter la bibliothèque fort de cette idée que le prince était définitivement parti. Il gardait à l’esprit ses promesses à peine voilée de lui faire un sort.

Plus détendu, le chevalier s’autorisa un rougissement violent rehaussé d’une expression mauvaise de contrariété. La colère le tenaillait autant que la frustration. Plongé dans ses pensées, il ne prit plus garde au précieux conseil du prince et s’enfonça d’un air contrarié mais absent dans les couloirs mal éclairés qui menaient à ses appartements.

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Dim 23 Oct - 20:40


Néhémie eut un fin sourire de renard et sortit dehors. Ce n’était pas dans ses habitudes de jouer à ce genre de jeux, mais l’arrivée de Catharsis dans le château le mettait dans un sale état. Ça et la fatigue de la dernière semaine accumulées faisaient que Néhémie n’était pas d’humeur, d’humeur à rien. Il se dirigea dans sa chambre et dormi une petite heure dans l’après-midi. Il se réveilla plus tard dans la soirée, peu avant que le dîner ne soit avancé, et sentit quelque chose dans son dos. En se retournant doucement, il vit les mèches brunes de son frère et ses grands yeux le fixant. Néhémie eut un sourire amusé, en coin, posant sa main sur la joue de ce petit diable d’Ezechkiel :

« Que fais-tu dans mon lit mon prince ? »
« Je regardais un ange dormir. » Ezechkiel ronronna doucement comme Néhémie écartait quelques mèches de cheveux de son front blanc. « Père est très en colère n’est-ce pas ? »
« Hier tu as trop parlé. Tu as de la chance que Père ne t’ait pas rossé devant les invités. »

Ezechkiel esquissa une moue boudeuse puis se redressa doucement. Il eut un petit sourire ronronnant, un sourire de chat, cherchant la caresse quand Néhémie était le seul à pouvoir reluire son ego :

« Tu ne perds plus ton temps avec le page de Dante ? C’est une bonne chose que tes passions s’éteignent aussi vites. »

Néhémie le fixa, et ne répondit pas. A chaque fois c’était la même chose, la même jalousie qui pointait dans les yeux clairs du second prince, et si Néhémie pouvait se piquer d’être colérique, face à son frère, il était toujours resté de marbre, calme. Même quand cette phrase, aussi insignifiante fut-elle, le mettait de mauvaise humeur pour la soirée.

« Sois à l’heure ce soir, Ezechkiel. S’il te plaît… »
« J’y veillerais. »

Néhémie sortit du lit et alla voir sa cavale, comme un vieux rituel. Il sortit Sinistre de son box et fit un rapide tour de la périphérie de la Forteresse, perché sur l’étalon de trait. Flattant son encolure, il repensait à Catharsis et à Lancelot, à ses promesses avortées. Il laissa les rennes lui échappait et si ce fut le cheval qui guidait, il ne se perdait pas, que trop habitué aux mélancolies de son maître.
Le premier prince laissa sa bête errait puis après un long instant de réflexion prit les rennes et la fit rentrait dans la Forteresse du Pendu, avisant le bois mort qui bordait le pont-levis. Son visage s’assombrit finalement, le cœur un peu lourd de cette colère qui ne s’en allait pas, et ne s’en irait que par la force des poings contre Catharsis lui-même. Un seul pardon lui suffirait pourtant, mais même ça, le page ne semblait pas apte à lui donner. Ce n’était pas comme s’il l’avait forcé. Il n’avait fait que répondre et donner, pensant que c’était ce qu’il voulait. Si seulement il n’avait pas dit toutes ses choses, si seulement il ne lui avait fait rien croire, peut-être que tous les deux n’en seraient pas là actuellement, murés dans ce jeu ridicule qui finirait par lui faire faire une chose horrible. Néhémie ferma les yeux et maugréa en faisant rentrer Sinistre dans son box.
Il monta les étages et alla s’asseoir à sa place comme il était l’heure du souper. Ezechkiel était toujours absent, et Néhémie ne doutait plus qu’il serait encore aujourd’hui en retard. Après tout, si ça n’avait tenu qu’à lui, il aurait décalé d’une demi-heure le souper, qu’Ezechkiel fusse à l’heure une fois dans sa vie ; mais c’était trop de clémence. Comme il n’y avait encore personne à table, Mihai eut un sourire en voyant Néhémie s’asseoir à sa droite :

« J’ai reçu des nouvelles d’Oslava. La tour avance bien et les lignes ennemies reculent. Une semaine de repos de plus te sera accordé si tu le désires. »
« J’y penserais Père. » Néhémie repensa à Lancelot, un sourire fin et moqueur se dessinant sur sa face « Il serait intéressant que je forme la recrue de Nicu. Elle me semble bien chétive. »

Mihai eut un petit rire et roula des yeux. Cet enfant n’avait que trop raison, même s’il l’ignorait.






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Dim 23 Oct - 20:41


« Il serait intéressant que je forme la recrue de Nicu. Elle me semble bien chétive.
- Bonsoir mes seigneurs. »

La voix de Dante flotta jusqu’à eux. Un petit regard échangé avec Mihai qui lui seul pouvait saisir le dialogue muet qui se faisait entre eux à ce moment là. Dans l’ombre de Dante, Catharsis tout de candeur et de gêne. Il n’aimait pas se retrouver en présence du prince Néhémie en public. Non pas parce qu’il avait trop honte mais parce que ça ne faisait que creuser d’avantage encore le fossé entre eux. Un page n’avait pas à adresser la parole sans qu’on ne l’ait sollicité ainsi que l’avait fait remarqué messire Lancelot un peu plus tôt. Et quand bien même, si le jeune Catharsis avait demandé pardon au prince on se serait étonné et on aurait posé des questions.

L’ange blond salua le prince comme il se devait, la mine un peu contrite mais toujours aussi douce. Dante lui prêta un siège comme il ne se faisait pas mais il répugnait à voir son fils attendre debout derrière sa chaise pendant tout le repas.

« Seigneur Mihai, prince Néhémie…,

Catharsis tourna le regard vers le nouvel arrivant. Le chevalier Lancelot – qui ne lui prêta pas attention d’ailleurs – était toujours aussi superbe et plein d’assurance. Il rayonnait comme l’or éclatant au sommet du clocher d’une église exhibé à la vue de tous quand Catharsis ne rayonnait que de sa propre modestie quasi virginale. Deux styles diamétralement opposés.
Dante surpris le regard de son fils sur le chevalier y mettant l’éclat d’une forme d’admiration ou peut-être de jalousie si l’on se rappelait de ce que le prince venait d’annoncer à son père.

« Messire Lancelot, cingla Dante comme il ne souffrait pas qu’un petit prétentieux le snobe.
- Aux mille excuses conseiller. J’espère que vous nous régalerez de votre conversation ce soir, s’excusa le chevalier apparemment sincère.
- Je l’espère aussi sinon c’est que l’on m’aura coupé la langue. »

Les yeux du chevalier se posèrent sur le page Catharsis, surpris de le voir attablé avec les seigneurs. Mais il ne posa pas de questions, préférant de loin évité l’incident diplomatique.

« Je n’oublierai pas ma place cette fois-ci prince Néhémie, ajouta le chevalier espiègle en se plaçant précisément là où on l’avait attablé la veille.

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Wolfgang S. Orlov
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« Bonsoir mes seigneurs. »

Néhémie hocha la tête dans un sourire alors qu’un sourire calme se dessinait sur le visage de Mihai répondant au dialogue sans bouger les lèvres. Néhémie posa ses yeux sur Lancelot et un sourire moqueur vint effleurait ses lèvres. Pour la première fois peut-être, il n’avait pas posé ses yeux sur le page, son regard avait tout de suite cherchait le chevalier. Pure vengeance ? Peut-être. Après tout, il lui avait dit non, à lui, après l’avoir chauffer. Il avait posé une germe et n’avait rien arrosé. Il ne pouvait pas pleurer alors que la fleur soit morte.

« Seigneur Mihai, prince Néhémie… »

Mihai ne le salua pas en retour. Après tout, le Seigneur n’avait pas vraiment de devoir ni de salut à rendre, et puis, son fils s’intéressait de trop à ce petit menteur de français. Mihai eut un sourire, notant par la même occasion que l’arrogance était encore à ce jour le pire des défauts. Néhémie, lui, ne remarqua rien. Par habitude peut-être, il n’y avait jamais qu’eux deux à table. Il en oubliait presque Dante et son maudit page.

  « Messire Lancelot » Néhémie eut un sourire moqueur en coin. Si seulement il avait su, ce bon petit Lancelot, qu’à cette table, sa vie était celle qui valait le moins cher, quand bien même Dante n’était qu’un noble parvenu.
« Aux mille excuses conseiller. J’espère que vous nous régalerez de votre conversation ce soir. »
« Je l’espère aussi sinon c’est que l’on m’aura coupé la langue. »

Mihai eut un petit rire discret, et Néhémie un sourire sincère. Dante se taisant, c’était un peu comme Néhémie priant Dieu : une douce aberration que parfois l’on se permettait de rêver. Bien sûr, ça n’arriverait jamais. Néhémie passa sa langue sur son palet, voyant à la belle heure que son frère ne viendrait pas encore ce soir à l’heure, et si possible même, puant le vin et la mauvaise bière du bordel de Slatina. Tôt ou tard, il ramènerait un bâtard avant même de s’être marier. Ça ne gênerait pas. Après tout, c’était ce qu’était Mihai. Un bâtard illégitime.

« Je n’oublierai pas ma place cette fois-ci prince Néhémie. »
« A la bonne heure. Cela m’aurait ennuyé de devoir vous la rappeler encore une fois. »

Le sourire chafouin du prince ne laissait aucun doute sur ce qu’il disait, et si Nicu qui venait d’arriver pensait à la joute du petit matin où Néhémie l’avait en effet remis en place, c’en était autre chose. Une chose voilée, que Mihai décela facilement dans l’esprit du chevalier – comme il s’interdisait par morale et confiance de lire dans l’esprit de ses deux fils.






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Catharsis suivait les échanges toujours aussi discret qu’à son habitude. On l’en aurait presque oublié et visiblement c’était effectivement le cas du prince Néhémie qui ne lui adressa pas même un regard. Il n’avait même pas l’air de feindre l’ignorer mais tout simplement de ne l’avoir même pas vu, même pas cherché. Une pointe douloureuse piqua le cœur de l’adolescent qui détourna bien vite le regard pour ne pas jalouser d’avantage l’amitié que le prince semblait vouer au chevalier. C’était sans compter sur les grands éclats de rire du jovial du français.

« A la bonne heure. Cela m’aurait ennuyé de devoir vous la rappeler encore une fois.
- Je me la ferais rappeler avec plaisir pour peu que les formes y soient. »

Une invitation curieuse qui échappa à l’esprit encore trop naïf de Catharsis et peut-être pour le mieux car si le pauvre petit page avait dû se douter que sous cette remarque anodine n’était en fait qu’une invite déguiser à se faire prier d’amour, il s’en serait probablement pâmé de douleur.

Le dîner passa sans qu’il ne dise rien tout occupé qu’il était à essayer de ne pas entendre les échanges sympathiques que partageaient Néhémie et messire Lancelot. Dante lui adressait de temps à autre un regard mais ne dit rien qu’ils ne se retrouve seuls tous les deux.

« Aurais-tu de l’humeur mon fils ?
- C’est un mal de cœur père et je suis impuissant à le guérir.
- Impuissant ou réticent ?
- Impuissant. Même Dieu n’allège pas ma peine, c’est une épreuve qu’il m’impose pour mes péchés. Oui je sais père, vous ne croyez pas qu’une telle chose existe…

Dante posa la main sur l’épaule de son fils, comprenant sans mal le tourment qui l’animait.

- Si j’étais Dieu…
- Père ! ,s ‘indigna l’enfant.
- Si j’étais Dieu je crois que j’aurais bien autre chose à faire qu’à tourmenter les adolescents en les jetant dans la concupiscence ne crois-tu pas ? N’y a-t-il pas assez de guerres et de misère en ce monde pour que ton Dieu, tout amour soit-il et malgré toute sa miséricorde, ait d’autres allants que de te rendre transi d’amour ?
- Père Dieu transcende tout. Il ne souffre ni contrainte de quelque ordre que ce soit ni limite. Il peut-être aux champs de guerre et auprès de moi tout à la fois.
- Mais Dieu est-il si cruel qu’il te travestirait un doux tourment d’amour en péché mortel. Tu réfléchis de trop Catharsis, laisse toi donc aller à ton aimante nature. Crois moi tu n’es pas un pécheur et diantre j’en connais des pécheurs. »

Là dessus, le conseiller souhaita la bonne nuit à son fils et disparut. Catharsis attendit un instant dans le couloir, un peu déboussolé, mais, entendant les voix de messire Lancelot et de Néhémie dans le couloir, il disparut comme un rat fuirait se terrer dans l’ombre.

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Wolfgang S. Orlov
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« Je me la ferais rappeler avec plaisir pour peu que les formes y soient. »

Néhémie eut un sourire entendu, prenant cette simple phrase pour une Faveur, pour une rose donnée disant presque « courtisez-moi mon seigneur », quand Néhémie ne prenait jamais le temps de courtiser. Il n’avait pas eut cette habitude, parce que son beau visage faisait vite oublier les principes, et sa seule fougue bousculait les mœurs. On aimait à être posséder, et comme c’était la seule chose que donner Néhémie, on s’en contentait généralement plutôt bien. On osait pas se faire prier, quand le prince Aldea aurait pu avoir n’importe qui dans sa couche s’il avait voulu. Se croire au dessus de lui, c’était se piquer d’un orgueil à double tranchant.
Tout être humain était remplaçable. Sauf un.

A la fin du repas, Néhémie rejoignit ses appartements quand Nicu entraîna Lancelot à sa suite vers la salle d’entraînement pour préparer la journée qui suivrait. Quand la nuit fut assez avancée pour que Mihai aille se terrer dans le petit salon privé du troisième étage, se calant dans le fauteuil de velours rouge passé, le regard dans le feu crépitant dans la cheminée, Néhémie sortit de sa chambre et alla s’adosser contre le mur, attendant le passage de Lancelot dans le couloir. Il serait forcément seul, puisque Nicu avait ses appartements de l’autre côté de la forteresse.
Les yeux brillant dans le noir comme deux ellipses bleus translucides, Lancelot passait juste à ce moment. Néhémie fit claquer sa langue sur son palet, un sourire en coin accueillant le chevalier :

« Vous avez encore ignoré mes précieux conseils… ça n’est pas sage de ne pas m’écouter. »

Néhémie se redressa légèrement, décollant son échine du mur froid. Il hésitait encore à comment il allait pouvoir le profaner, mais les idées dans son crâne ne manquaient pas ; il y avait réfléchi dès le repas, et ce n’était qu’une question de seconde avant qu’il ne goûte à cette succulente petite créature. N’en faire qu’une bouchée serait un jeu d’enfant.






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Dim 23 Oct - 20:41


« Vous avez encore ignoré mes précieux conseils… ça n’est pas sage de ne pas m’écouter.
- Allez vous me réprimander prince Néhémie ? »

Le chevalier s’arrêta à hauteur du prince et avisant son air calculateur il dit :

- Voilà donc le démon qui rend vos couloirs si dangereux ? »

Il approcha encore d’avantage mais laissant toujours cette distance respectueuse entre eux. Et d’ailleurs comme il l’avait insinué il n’entendait pas franchir ce pas mais attendait qu’on le courtise. Il avait repensé la chose dans l’après midi pour finalement convenir qu’il pouvait accorder sa faveur et protéger son secret tout à la fois. Après tout, les seigneurs de guerre sont le plus souvent des rustres qui couchent leurs amantes en chemise il ne voyait pas pourquoi il en serait aller autrement dans ce pays.

Messire Lancelot eut un sourire fin toujours teinté d’arrogance.

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Wolfgang S. Orlov
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Dim 23 Oct - 20:42


« Allez vous me réprimander prince Néhémie ? »

Néhémie fixa Lancelot et son regard brilla de cette étrange lubricité, aussi malsaine qu’angoissante. Le prince cependant ne répondit pas, sa bouche restant close, ne se gaspillant pas. Sa langue repassa encore une fois sur son palet, non pas pour y claquer, mais pour l’effleurer. Lancelot l’attisait sans même le savoir, et comme le démon qu’il était, Néhémie ne mettrait pas longtemps à succomber. Après tout, il n’avait aucune conscience morale. Trousser un chevalier dans le couloir, c’était tout à fait probable. Ici qui plus est, personne ne passerait, pas même la garde. Tout pendant que Mihai était réveillé, le château ne risquait rien. Personne n’entrerait. C’était encore la journée que la Forteresse était la plus faible.

« Voilà donc le démon qui rend vos couloirs si dangereux ? »
« Je ne me piquerais pas d’orgueil à rendre cette Forteresse plus dangereuse qu’elle ne l’ait. Je ne suis qu’une ombre… » Un fin sourire en coin. « Puis-je vous raccompagner ? On ne sait jamais ce qui peut arriver… »

Ses yeux clairs ne mentaient cependant pas sur la véritable raison de cette demande. Faire ça dans les couloirs, c’était pour lui dégradant. Et l’amener dans sa couche, ça n’était pas pensable, pas le premier soir. D’ailleurs, personne n’avait jamais couché dans son lit si ce n’était Ezechkiel. …et Catharsis. Mais il ne comptait plus comme un être. C’était là un traître.






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Dim 23 Oct - 20:42


« Je ne me piquerais pas d’orgueil à rendre cette Forteresse plus dangereuse qu’elle ne l’ait. Je ne suis qu’une ombre…
- Vous revoilà Néhémie-le-Modeste.
- Puis-je vous raccompagner ? On ne sait jamais ce qui peut arriver…
- Avec plaisir. »

Effectivement ce ne pouvait qu’être avec plaisir. L’envie de glisser sa main dans celle du prince effleura messire Lancelot mais un tel geste ne l’aurait que par trop trahi alors il n’en fit rien. Ils prirent simplement la direction de ses appartements tandis que lui réfléchissait d’avantage encore au moyen de se faire pardonner sa pudeur excessive. Mieux valait parer à toute éventualité.

Ils ne croisèrent pas un chat et ce n’est qu’arrivé devant la bonne porte que messire Lancelot rompit le silence, ouvrant la porte d’un geste ample :

- Oserez vous jusqu’à passer le seuil de ma chambre ou devrons nous nous souhaiter la bonne nuit tout de suite?, s’amusa Lancelot rappelant les douces menaces de la bibliothèque.

Il était clair que dès à présent, la situation était libre de toute ambiguïté.


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Wolfgang S. Orlov
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Dim 23 Oct - 20:42


« Avec plaisir. »

Le regard de Néhémie brilla, et son sourire s’étira. Avec plaisir. C’est dans un silence de mort que le prince suivit le chevalier. Son regard suivait les courbes de son corps qu’il devinait fin. De son poignet à sa cheville, son squelette, s’il était long, était étiré, et sa chute de reins laissait deviner une croupe adorable, d’un rebondis de pêche ; ce qui laissait finalement au prince un sourire.
Il s’arrêta comme ils arrivaient aux appartements de Lancelot.

« Oserez vous jusqu’à passer le seuil de ma chambre ou devrons nous nous souhaiter la bonne nuit tout de suite? »

Néhémie fixa le jeune homme, la chambre, puis à nouveau le jeune homme. Un fin sourire s’étira sur son minois d’ange, et si ses yeux brillaient comme les prunelles d’un démon, il avait davantage l’air du prédateur que du prince.

« Hélas, on ne tente pas le démon de ses couloirs. »

Et sur la fin de ses mots, Néhémie entrait dans la chambre, sa main attrapant le poignet de Lancelot, si fin et gracile entre ses doigts, comme il refermait de son autre main la porte. Un simple tour de passe-passe, et le verrou refermait la porte. D’une main forte, Néhémie ramena Lancelot face contre la porte, sa main coincée dans son dos, s’appuyant contre son dos. Sa bouche, déformée par un sourire victorieux, effleura sa nuque. Il allait le déflorer contre cette porte, le profaner et le faire crier tous ses dieux si tant qu’il y croyait. Néhémie gronda comme une bête qui se restreint, sa main glissant sur la chute de reins du jeune homme s’attarda sur la garde de l’épée du chevalier. Il eut un sourire malsain. Ça serait drôle, en effet…










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