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 Sun Burns (pv)

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Huyana Ajagutaq-Imaq
ETUDIANTE. ► 4e année de SACM.

► MESSAGES : 84
Mer 5 Jan - 20:13


Deuxième jour de soleil. Huyana en avait les yeux brûlés mais quel bonheur! Pour être honnête à la lumière naturelle du jour, elle, elle avait une tête à faire peur. Sa peau quasi-translucide, faisait un ton uni avec la couleur de ses cheveux. D'ailleurs ceux de sa promo avaient tiré une drôle de gueule en la voyant arriver ce matin-là. Dans le noir, à la lumière artificielle des sortilèges, elle avait déjà l'air pâle mais là... pas grave. Elle s'était programmé un bain de soleil devant les fontaines. Une paire de lunette de soleil sur le nez - elle n'allait pas se soucier de savoir si ça lui allait ou non - la grande asperge avait pris la direction du Solrarium et elle était là, allongée sur le muret qui surplombait le tout, un bras et une jambe balançant dans le vide, une bouteille d'eau de deux litres à côté d'elle.

Le Solarium était , par définition, l'endroit le plus lumineux et donc le plus chaud de l'Université. On en aurait oublié qu'on était en Angleterre. D'ordinaire, Huyana évitait de se retrouver à cet endroit à midi mais là, elle passait outre la chaleur pour retrouver le soleil. Huit mois de nuit, c'était beaucoup plus qu'elle ne pouvait supporter. Elle était physiquement déprimée en quelque sorte. Mais là, les yeux fermés, un large sourire sur les lèvres, elle savait qu'elle tenait le bon bout. L'air de rien, elle refaisait dans sa tête ses stratégies de domptage. L'hydre qu'elle avait trouvé dans le petit lac à son arrivée à Ealdwic avait grandi au-delà de toute espérance. A l'état normal, ce genre de créatures ne dépassaient pas un centimètre, une petite vingtaine quand elles étaient imprégnées de magie mais là... là Huyana était dépassée au sens propre du terme. Elle n'avait montré son secret qu'à Zenshou. Elle en avait bien sûr parlé aux magisters, histoire de ne pas flirter de trop avec l'illégalité. On lui avait dit qu'elle allait sans doute devoir présenter son orbe des phoenix plutôt que des maîtres avec une créature possiblement urticante qui de surcroit la dépassait en taille. Mais au fil du temps, elle s'était attachée à ce monstre, c'était un peu son monstre.

Elle entendit un bruit de pas qui lui sembla familier, détournant la tête pour le voir venir, son sourire s'élargit encore d'avantage.

" Un deuxième soleil, que demander de plus?"








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Zenshou S. Suru
ETUDIANT. ► 4e année de
SORTILEGES & ENCHANTEMENTS.

► MESSAGES : 50
Ven 7 Jan - 16:38




Shima avait été la première à lui faire savoir que le soleil était revenu. Zenshou était resté un peu bête au début, comme si il avait été dans un rêve et que tout ce qui l’avait alors entouré n’avait été qu’un immonde rêve obscure. Mais non. Le journal annonçait la mort d’un nouveau démon, ce qui avait eut pour effet de dissiper le noir opaque qui couvrait depuis quelques mois déjà le ciel. La terre allait enfin redevenir fertile et les fleurs vivraient à nouveau. C’était une bonne chose quelque part. Et Zenshou se plaisait à revoir l’astre tant vénéré dans son pays. Le Soleil, ou l’ultime flamme qui tue en frôlant. Shima, joyeuse et radieuse dans son costume d’animal, avait même réussi à le traîner au dehors, et la première fois depuis quelques mois, elle avait pu mettre un pas dehors sans avoir à trembler ou à risquer de mourir de froid. C’est ainsi qu’un panda roux traversait les couloirs de Ealdwic alors que Zenshou passait juste derrière lui, le regard calme, le port altier et bien droit. Noble. Il fut salué par les quelques membres du club de duel qui l’avaient reconnu de l’année passé, et un troisième année vint même lui tenir la conversation pour savoir si sa place était assurée à nouveau dans l’équipe. Zenshou haussa les épaules : rien n’était décidé, rien ne serait décidé avant les élections, et ça n’était qu’à la nouvelle rentrée. Shima tira sur le pantalon de son maître et Zenshou reprit calmement sa marche, sans regarder où il allait, suivant docilement la lampade qui traînassait, vibrait sous les rayons clairs et éblouissants du soleil. Le maître du feu, lui, réfléchissait à un peu tout. A la nouvelle rentrée, et à l’âge qui s’approchait à grand pas, au jour où son peuple le rappelerait et où il devrait faire un choix. 25 ans. Il ne lui restait que trois ans pour se décider, et tout le temps où il avait été loin des siens, il s’était sentit seul. Seul et désemparé quelque part, d’être si seul dans ce monde si grand, remplis de gens différents et pourtant aussi indifférents que les autres asahi. Tout le monde était-il comme ça, indifférent? Non. Il y avait quelqu’un, unique, ici, qui s’était intéressée d’elle même, qui avait persevéré jusqu’à se faire une place d’amie par ses propres moyens, sans avoir l’aide de Zenshou qui avait agit comme une bactérie en face d’une autre bactérie, et avait tenté de la renvoyer. Mais elle avait persisté. Et elle était là, magnifique et étrange à la fois. Ce n’était pas Zenshou qui le pensait. Il le constatait, parce qu’il était objectif et partial. Il savait reconnaître une “belle” fille d’une fille fade ou laide, et tout cela grâce à la connaissance de l’âme. Zenshou haussa un sourcil, voyant que Shima s’approchait de Huyana, elle qui la détestait pourtant.

" Un deuxième soleil, que demander de plus? "
“ La paix dans le monde. ” répondit aussi simplement Zenshou alors qu’il s’asseyait sur le sol, voyant Shima se roulait dans l’herbe, heureuse. “ Enfin, j’imagine que l’on peut demander encore davantage. Mais ça n’est pas le propos. ”

Zenshou hocha la tête pour lui-même, voyant passer au loin les jeunes premières années qui venaient s’inscrire. Une masse compacte incapable de se repérer. Lui avait toujours su, comme un sens inné. Il aurait pu être maladroit, mais il ne l’était pas non plus. La nature l’avait doté de choses utiles, en revanche, elle avait mis quelque chose de douteux dans son humour, et en avait fait un homme aigri, à vingt-deux ans seulement.

“ Tu essayes de bronzer? ” Silence. “ Ça fait du bien, du soleil. ”

Le djinn de feu ferma les yeux, un poil amusé.






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Huyana Ajagutaq-Imaq
ETUDIANTE. ► 4e année de SACM.

► MESSAGES : 84
Ven 7 Jan - 19:55


Huyana s'abrita du soleil avec sa main pour voir Shima approcher, puis Zenshou. Le joli panda ne l'appréciait guère, Huyana s'était toujours demandé pourquoi, mais il n'en restait pas moins que quand on la voyait on avait tout de suite envie de tendre un doigt pour lui grattouiller la tête. Sauf que Huyana c'était fait mordre tellement de fois que...

“ La paix dans le monde. Enfin, j’imagine que l’on peut demander encore davantage. Mais ça n’est pas le propos. ”

Huyana eut un petit rire. L'humour de Zenshou... c'était tout un poème. Au tout début qu'ils se connaissaient, elle tiquait toujours, se demandant si c'était juste son humour qui était foireux ou si c'était contre elle. Maintenant elle ne se posait plus la moindre question. Il était comme ça, et elle ça la faisait sourire tout simplement. Ca ne s'inventait pas, ça s'était installé avec le temps c'est tout.

" Mh si tu veux la paix dans le monde pour ton anniversaire je suis au regret de te dire que ça va faire short pour mes petites mains mais soit... tu préfères pas plutôt la lune?", répondit-elle avec un petit rire, en le regardant à contre jour.
“ Tu essayes de bronzer? Ça fait du bien, du soleil. ”
" Je crois qu'encore un mois de plus à ce régime et je pouvais faire les visites du musée...", répondit-elle en lui montrant sa main.

Entre ses doigts la peau était si claire qu'on aurait dit de la membrane par endroit. Elle ne s'était pas regardée mais quelque chose lui disait qu'elle avait l'air d'un amphibien. De loin, on l'aurait cru habillée tout en blanc. Curieuse vision d'un garçon qui prenait le soleil à côté d'une apparition en blanc. C'est peut-être ce qui expliquait que:

" Hey!! Attention à toi Stupéfix!!!"

Huyana eut tout juste le temps de sursauter et de tirer sa baguette. Elle n'aimait pas vraiment voir des trouble-paix débarquer de nulle part. Sans être aussi misanthrope que Zenshou, elle aimait la tranquillité.

" Oh pardon je... j'ai cru que t'étais un spectre...", fit le garçon de loin en voyant Huyana se redresser.

La blonde retourna un regard blasé à Zenshou.

" J'te jure...", fit-elle en se laissant retomber dans l'herbe les bras grand ouverts. Elle respirait le bonheur," Je m'en fous, il fait trop beau pour faire la gueule, pas vrai Shima?", elle jeta un regard au panda, puis à Zenshou, "ça va te faire du bien à toi aussi ce soleil."

Sûrement plus à lui qu'à elle. Elle avait toujours - peut-être bêtement - associé l'un à l'autre, sans doute à cause de la chaleur.






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Zenshou S. Suru
ETUDIANT. ► 4e année de
SORTILEGES & ENCHANTEMENTS.

► MESSAGES : 50
Dim 9 Jan - 6:08




Et elle riait. Huyana était peut être la seule fille assez folle pour rire à ce qui n’était pas une blague de la part de Zenshou. Juste une remarque, soit, fort amusante, mais pas drôle. Pas assez pour en rire. Zenshou pourtant ne répondit rien, parce qu’il savait sa réponse un peu grotesque mais n’en faisait pas exprès. C’était dans sa façon d’être, c’était sa logique à lui de ne dire que des choses qui coulent de sens. La clarté des propos était la meilleure façon de se faire comprendre, et c’était là une règle qu’il avait toujours respecté : se faire comprendre, au mieux. Quite à utiliser ce que les autres appelaient des “vulgarités” (chez le peuple asahi, un mot a un sens, un sens n’est pas vulgaire puisqu’il désigne une chose de la vie, alors les vulgarités n’existent pas, comme il n’existe pas plus de langage courant, familier ou soutenu). Enfin, il l’observa comme elle s’en amusait.

" Mh si tu veux la paix dans le monde pour ton anniversaire je suis au regret de te dire que ça va faire short pour mes petites mains mais soit... tu préfères pas plutôt la lune?"
“Tu vises haut. C’est bien. Avec un peu de chance, tu toucheras une étoile.*”

Il hocha la tête, plus sympathique, avec un léger sourire. La lune, les étoiles, l’ambition en somme. Zenshou admirait par dessus tout les personnes qui gardaient la tête froide et qui faisaient en sorte de se donner les moyens d’arriver à leur rêve, à leur bonheur. L’ambition était une bonne chose, tout comme l’orgueil, car les deux ensemble donnent des gens capables de bouger des montagnes, si tant est que l’orgueil soit pesé par la morale, et l’ambition par l’humanisme. Chose rare sur ce que Zenshou appelait “le monde du dehors”, tout ce qui n’était pas l’île asahi.

“ Tu essayes de bronzer? Ça fait du bien, du soleil. ”
" Je crois qu'encore un mois de plus à ce régime et je pouvais faire les visites du musée..."
“Cela fait deux mois que tu peux faire les visites.”

Il arqua un sourcil. Zenshou, en chef de la troupe de duel, sortit aussitôt sa baguette et se retourna. Mais le garçon était déjà pris sur le fait voyant la silhouette se redressait. Le jeune homme avait déjà cessé tout geste pour s’excuser. Le djinn du feu ne cilla pas. Les erreurs arrivaient à tout le monde. Et de tous les sens, la vue était le plus traître, et c’était d’ailleurs de ce premier sens que l’on cherchait à se débarrasser lorsque l’on est maître d’arme. Parce qu’il trompe plus qu’il n’aide, et qu’on repose davantage sur l’oreille alors. Zenshou n’en était pas encore là. Ça viendrait, avec les années, peut être.

" Je m'en fous, il fait trop beau pour faire la gueule, pas vrai Shima?"

Shima s’arrêta de gigoter sur l’herbe, regarda Huyana et émit comme une sorte de petit cri, comme seuls les panda roux étaient capable d'emmètre, et se remit à se traîner sur le sol, le postérieur en l’air et les pattes avant traînant sur le sol. La nymphe n’avait aucun honneur quand il s’agissait de soleil, surtout après plus de trois mois de noir absolu. Elle avait été confiné dans l’appartement et dans le menton de Zenshou pendant si longtemps qu’elle aurait tué pour sortir un mois plus tard, pour sûr.

"ça va te faire du bien à toi aussi ce soleil."

Il la regarda et eut un petit sourire. Le soleil, sur l’île asahi, était le symbole de la renaissance, et la lune de la mort, mais l’un n’allant pas sans l’autre, les deux phases étaient tout à fait aimé du peuple du feu. La chaleur se dégageait après tout de la terre, puisque la lave du volcan faisait comme des veines rouges sous la terre, marquelant l’île entière. Ce n’était pas le froid alors le problème, mais l’obscurité. Le peuple priait pour le soleil, mais ce n’était que pour mieux apprécier le soleil qui flamboie. Sans doute. Zenshou n’en savait rien. Il n’avait passer que huit ans là bas, et ça n’avait pas été fabuleux pour autant qu’il s’en rappelle.

“Un mois plus tôt, et j’aurais pu fêté le solstice. C’est dommage.” Il hocha la tête pour lui. “Mais c’est une bonne chose. Ça veut dire que Zenshou Ryûû(le dragon Zenshou) a retrouvé la sortie du volcan et illumine à nouveau le ciel. C’est une bonne raison pour faire la fête.”

Il regarda Shima qui revient vers lui, ronronnante presque, et se love tout contre lui, nichant son nez dans le creux de son cou, sa queue remuant en sentant la main de Zenshou dans son dos, la caressant tout naturellement.

“J’irais sans doute boire l’Atsukan(saké chaud) dans le restau’ nippon du coin. En espérant qu’ils sachent le faire.”

Ce n’était pas exactement, voir pas du tout, une tradition japonaise, mais un héritage de leur ancêtre samouraï, alors il y aurait bien un pecno dans Londres sachant faire chauffé le Saké et le lui servir flambé, non? C’est ce qu’il espérait, puisque c’était le seul alcool autorisé, et comme il n’avait pas pu fêter le solstice, au moins irait-il boire l’alcool pour célébrer la renaissance de Zenshou le Destructeur, à défaut de faire le Engikai no Hi(spectacle du feu) à l’heure cette année.


(* proverbe arabe, mais je l'ai entendu de la bouche de Dubosc, alors, je dirais Dubosc.)







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Huyana Ajagutaq-Imaq
ETUDIANTE. ► 4e année de SACM.

► MESSAGES : 84
Dim 9 Jan - 18:30


Zenshou avait cette façon bien à lui de mener une conversation. Il ne suivait que rarement le fil qu'un autre aurait pu suivre et pourtant ses réponses avaient comme une logique implacable. Elle n'avait jamais vu personne demander à Zenshou de se répéter. Ce n'était pas seulement son charisme qui coupait court à toute envie de poser la moindre question, c'était surtout parce qu'il était toujours clair. Il ne prenait jamais aucun détour, ce qui ne l'empêchait pas de faire preuve d'une certaine poésie à ses heures (toujours selon Huyana). Il restait malgré tout quelqu'un de secret. Elle le regardait à l'ombre d'un rayon de soleil, tandis que c'est cheveux à elle commençait à retrouver un peu de leur blond.

“Un mois plus tôt, et j’aurais pu fêté le solstice. C’est dommage.” Elle joua des doigts, essayant pour une fois de contenir son enthousiasme alors qu'elle mourrait d'envie de répondre quelque chose à ça. “Mais c’est une bonne chose. Ça veut dire que Zenshou Ryûû(le dragon Zenshou) a retrouvé la sortie du volcan et illumine à nouveau le ciel. C’est une bonne raison pour faire la fête.”

Un sourire s'épanouit sur les lèvres d'Huyana et une petite lueur dans le bleu de ses yeux indiquait que quelque chose lui brûlait les lèvres. Mais patiente, elle se dit qu'il valait mieux faire taire son excès de zèle. Ca faisait quatre ans qu'elle pratiquait Zenshou et elle ne lui connaissait pas de grand amour pour les fêtes, d'ailleurs, depuis qu'elle était à Ealdwic elle n'avait jamais pu trouvé personne pour fêtait dignement toutes les fêtes de son calendrier à elle (plus d'une par mois). Elle l'avait quelque fois entendu parlé du solstice, mais il lui avait toujours dit que "un jour" ils le fêteraient ensemble, sauf qu'il y avait jusque là toujours eu "un truc" pour remettre à plus tard. Là il n'y avait tout simplement pas eu de soleil au solstice, donc effectivement, aucun intérêt à le célébrer. N'y tenant plus, elle allait se décider à ouvrir la bouche quand il ajouta:

“J’irais sans doute boire l’Atsukan(saké chaud) dans le restau’ nippon du coin. En espérant qu’ils sachent le faire.”
" ... tout seul?", demanda-t-elle d'une toute petite voix qui ne manquait pas de tinter de sous-entendu. Elle ne pouvait décemment pas se pendre à ses bottes en le suppliant de l'amener, surtout que connaissant Zenshou... mais bon elle y tenait à son solstice d'été alors il fallait bien qu'elle défende son idée sous peine de se le voir encore passer sous le nez, " c'est vrai que c'est passé de quinze jours mais il n'y avait pas de soleil du tout... ce serait bête de ne pas célébrer le retour du soleil. Et puis tu me l'avais promis..."

Elle avait ce grand sourire qui s'excusait d'avance d'être chiante en sous entendant presque à l'avance "mais tu m'aimes bien quand même..." et un petit regard en coin pour voir si malgré tout son manège prenait. Elle trouverait bien un moyen de lui faire dire oui, le tout étant de ne surtout pas le renfrogner sinon elle n'avait plus qu'à attendre un an pour que sa requête soit réexaminée...






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Zenshou S. Suru
ETUDIANT. ► 4e année de
SORTILEGES & ENCHANTEMENTS.

► MESSAGES : 50
Dim 16 Jan - 9:47



Avec le temps, il avait appris à la connaître, et ce temps le lui rendait bien. Aujourd’hui, il la voyait comme une enfant, qui ne sait quoi faire, qui aimerait, mais qui ne peut pas, bloquée à l’intérieur. Normal. On impose pas à Zenshou ses envies et ses choix, parce que comme une flamme, il est libre, poussé par le vent et uniquement par le vent. Le reste l’importe peu. Tout le reste n’est que cendre en attente d’un feu dévastateur. Du corps qui brûlera jusqu’au meuble qui s’écroule avec la maison. Tout ça n’est rien. Futilité de l’âme, flatterie de mauvais goût au mieux. Zenshou, pourtant, se doute bien que Huyana le sait, le connaît, que ce sourire sur ses lèvres, c’est comme pour lui rappeler qu’un jour, il a dit des mots, et que c’est aujourd’hui qu’il doit les souffrir. Une promesse est une promesse. Le peuble asahi est peut être arrogant et colérique, mais la flamme garde la vie en son sein, et la vie n’est qu’une grande promesse. Il ferme les yeux. Shima, à l’intérieur, rigole déjà que ce maître si fort se soit pris dans les liens de ses propres mots.

“J’irais sans doute boire l’Atsukan dans le restau’ nippon du coin. En espérant qu’ils sachent le faire.”
" ... tout seul?"
“Avec Shima.”

Le panda roux eut comme un rire moqueur derrière ses moustaches. Cette question était un peu ridicule, mais la réponse l’était encore plus. Zenshou, implacable, réfléchissait. Il savait l’être humain vile, et de tout ce qui était humain, ce qu’il détestait le plus était : l’hypocrisie, et les sous-entendus. Parce qu’en matière de logique, un sous-entendus est, par nature, une forme d’hypocrisie. Dire ce qu’on n’a pas dit, en somme. Comme pour se laisser le temps de se raviser si jamais la ruse ne fonctionne pas. Il eut un léger mouvement de tête, pour lui-même, alors qu’elle reprenait.

“C'est vrai que c'est passé de quinze jours mais il n'y avait pas de soleil du tout... ce serait bête de ne pas célébrer le retour du soleil. Et puis tu me l'avais promis...”

Il la regarde, l’observe, silencieux d’abord. Il réfléchit. Est-ce qu’il est vraiment d’humeur? Il n’en sait rien. Il tousse, finalement, son regard noir de cendre roulent, balayent le paysage sans savoir ce qu’il doit répondre, et personne pour le lui souffler. Personne, sauf Huyana elle-même.

“C’est une fête très traditionnelle. Il est pas question de... de rire aux éclats... Enfin...” A deux, ce n’est pas tellement drôle finalement, alors que lorsque la foule des asahi se soulève, chantant d’une seule et même voix l’Hymne du Feu, alors oui, c’est magique, magnifique; Il hausse finalement les épaules. “Mais j’imagine que ça serait insulter Zenshou Ryûû de ne pas fêter son retour, alors, mh... C’est ok. Comme ça, je tiens ma promesse en même temps. On aura qu’à se retrouver après les cours, vers 19h.”

Dire où, c’est ridicule. Ils sont voisins, que diable!






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Huyana Ajagutaq-Imaq
ETUDIANTE. ► 4e année de SACM.

► MESSAGES : 84
Dim 16 Jan - 17:51


Elle s'y était faite après quatre années à passer le plus clair de son temps libre avec Zenshou. Il avait comme un don pour saper l'enthousiasme de n'importe qui. Par nature, Huyana était plutôt quelqu'un de passionné. Jamais non plus le genre à vous taper sur le système parce qu'elle était beaucoup trop respectueuse. Dans sa curiosité, dans son feu, elle savait malgré tout s'effacer et se taire quand les circonstances l'exigeaient. Mais tout de même, Zenshou avait la palme de la réplique blasante. Elle le lui pardonnait le plus souvent, se retenait dix fois sur dix de le secouer comme un prunier pour lui faire remarquer qu'il n'y mettait jamais du sien. Il fallait vraiment qu'il dépasse les bornes pour qu'elle le lui fasse vraiment remarquer. Assez froidement si elle était blessée... là ce n'était pas le cas mais ses yeux bleus d'eau glissèrent sur le côté, pour elle-même. Soit. Avant que Zenshou ne l'invite elle pouvait se brosser. Mais après tout, s'il avait vraiment voulu rester seul, il ne lui aurait même pas parlé de ça. Elle était bien placée pour savoir que lorsqu'il voulait être seul, il savait aussi bien y faire.

“C’est une fête très traditionnelle. Il est pas question de... de rire aux éclats... Enfin...”

Elle haussa un sourcil. Se moquait-il d'elle à la mettre en garde comme on aurait fait avec un enfant? Voilà ce que voulait dire ce sourcil levé. Elle avait souvent l'air de rien Huyana avec ses cheveux courts, et ses éclats de rire lumineux comme des éclats de soleil. A côté de son aîné, Nayati, elle ne passait pas pour une princesse. Elle ne serait passé pour une princesse à côté de personne d'ailleurs. Elle était si simple, dans sa façon de parler, de bouger, de défier parfois. Mais en elle-même, elle était sage, instruite, curieuse du monde mais respectueuse à la fois. Plus raisonnable qu'on aurait bien voulu le lui prêter. Elle était sans doute l'agent le plus naturel de tout espoir d'amitié entre des peuples ennemis depuis on-ne-savait-plus-quand. Mais elle ne s'en vantait jamais. Vous pouviez côtoyer Huyana tous les jours sans savoir tout cela. Sans jamais vous douter que cette drôle de fille qui dressait les créatures farouches et qui dormait toute nue sur sa peau d'ours, ce n'était peut-être pas n'importe qui. Zenshou le savait quoiqu'aux yeux de Huyana ça n'avait pas grande importance. Elle ne se rappelait même plus comment il l'avait appris. De sa bouche à elle dans une conversation ou une autre. De la bouche de Tyee qui parlait toujours trop ou de Nayati qui ne manquait jamais de faire respecter sa soeur comme elle le méritait. Mais qu'importe. Ses iris bleues se posèrent un instant sur Zenshou comme il posait l'heure de leur rendez-vous. Elle sourit et le quitta après avoir jeté un coup d'oeil à sa montre.

A l'heure dite, elle attendait patiemment dans le couloir dans une tenue qu'elle avait choisi avec soin parce qu'elle portait les couleurs du peuple dont elle s'apprêtait à découvrir les traditions. Elle n'avait pas demandé à Zenshou pour le savoir mais elle considérait que c'était simplement de l'allant de soi. Elle n'avait bien sûr pas le costume exacte mais l'intention y était. Une chance que son petit bain de soleil lui avait redonné quelques couleurs, parce qu'il n'était déjà pas habituel de la voir porter ce genre de couleur, alors si elle avait dû voir ses cheveux et sa peau si claire ressortir exagérément ... Elle l'attendit patiemment, ne voyant pas l'intérêt de frapper à la porte alors qu'elle savait qu'il était là, et qu'il devait se préparer ou dans le pire des cas, il arriverait là en fin de compte.







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Zenshou S. Suru
ETUDIANT. ► 4e année de
SORTILEGES & ENCHANTEMENTS.

► MESSAGES : 50
Jeu 3 Fév - 4:02




Il allait regretter amèrement ce qu'il lui avait promis, il le savait, mais il n'y pouvait rien. Après tout, ce qui était dit était dit, et il ne serait jamais revenu sur une promesse, question de principe et d'éducation. Il réajuste ses habits sur ses épaules, traditionnelle comme rarement avant. Shima, elle, l'accompagnerait. Il enfonça un doigt dans le liquide couleur or et le passa sur sa joue en un trait. Il enfonça un doigt propre dans le charbon noir épais en liquide savonneux et le passa juste en dessous du trait noir. Et enfin, il se lava les mains, et l'enfonça dans le peau rouge, passant ce dernier sur le bas de sa joue. Les trois traits, qui ne dégoulinaient pas, tenaient parfaitement en place. C'était parfait. Il tourna les talons, ceintura une épée autour de taille et regarda l'heure. En retard, ou presque. Il recula, avisa Shima qui passa entre ses jambes, ronronnante et douce, puis alla vers la porte, excitée à l'idée de connaître le soir. Zenshou tira sa cape sur ses épaules dans un claquement sec qui lui allait si bien, et s'éloigna vers la porte, tournant la clenche. Shima s'échappa aussitôt, remarquant la présence de Huyana. Zenshou sortit également et referma la porte, sans la fermer. Il n'y avait pas besoin. Quiconque entrerait aurait la peur de sa vie. Il posa ses yeux sur Huyana, qui portait les couleurs sombres mais fières du peuple des flammes, mais n'esquissa aucun sourire. C'était une charmante attention, mais on ne devait pas attendre de lui quelques félicitations en retour. Il détestait à avoir à complimenter. On ne fait jamais qu'une chose pour soi. Il s'approcha, l'avisant, et tendit sa main, pointant son buste.

« Le noir représente le travail, les terres arides de cendre de mon pays. Le rouge représente le sang, car nous sommes tous frères et tous égaux sur la terre des miens. Enfin, l'or représente le soleil, unique divinité de mon peuple. Il n'y a que les princesses qui ont le droit de s'habiller d'or et de rouge. Le noir est réservé aux basses classes, et au Pilier de Cendre, celui qui commande aux armées et aux régiments d'infanterie. Il porte le noir et le rouge. Jamais d'or, si ce n'est sur le visage. L'oeil voit le soleil, mais jamais le corps n'en profite, car un bon soldat est un soldat qui vit dans le sang et dans la cendre et ne s'en plaint pas, ne perdant jamais de vue » finit-il en montrant sa joue « la patrie, ses frères et ses terres »

Il tourna le dos, sans un mot, et commença à marcher dans le couloir. Pour n'importe qui de normal, Zenshou était un être étrange. Extravagant, imposant, mais lointain à la fois. Son potentiel et sa ténacité en faisaient un excellent combattant, doué et travailleur, mais au reste, il était associable et distant, comme s'il aurait aimé que le monde entier l'ignore. Réminiscence de sa vie d'enfant peut être, où pendant sept longues années les regards n'avaient jamais été posé que sur lui, trop critiques pour un enfant de cet âge qui avait grandi sans parent, comme étant le fils d'un traître et d'une fille de l'eau. Son silence, à lui, était synonyme de beauté. Zenshou parlait quand il en avait assez. Zenshou usait des mots comme d'un bouclier. Quand il se taisait, c'est que tout était clair, qu'il n'y avait pas de mot à user pour comprendre de la situation. Son monde était à l'envers, mais il venait d'une patrie archaïque, où le fer était fondu en épais, et non pas en tracteur. Il sortit de l'Université, se dirigea vers le lac et s'arrête sous un cerisier en fleurs. Il se pencha, posa son sac sur le sol et en sortit une nappe noir avec une marque rouge en son centre, de l'or formant comme des vagues en cercle sur le tissu sombre. Il y sortit quatre grandes barquettes, pour au moins six personnes, de nourriture, et sortit ensuite un pichet entier d'un saké couleur rosé, comme si une flamme dansait à l'intérieur. Il avait changé d'avis ce soir. Il s'était mis à la cuisine en rentrant, parce que c'était sa façon de remplir le contrat. Il sortit finalement les bougeoirs uniques, représentant en fer noir le symbole de la nation du feu, portant sur eux huit bougies qu'il alluma. Il sortit finalement les couverts, en deux baguettes attachées par un élastique, et un bout de papier coincé entre, et regarda Huyana, s'asseyant en face. Shima se posa sur sa droite, s'asseyant comme un humain l'aurait fait, le regardant alors.

« Il existe plusieurs plats traditionnels, mais je n'ai pas pu tous te les faire, faute d'ingrédients, mais tu as quand même ici ce que je fais habituellement quand je suis tout seul. Ça n'a pas tout à fait la même saveur que lorsque c'est fait dans mon pays, car les ingrédients sont un peu différents, mais... mais c'est bon. Pour bien fêter le retour de Zenshou Ryûû, on dit qu'il faut manger huit plats. Même si tu ne prends qu'une pincée d'un plat, prends le, car sinon, Zenshou Ryûû se fâchera et … ouais. Bref. Tu en prends huit minimum. » Il fit une pause, réfléchissant, et reprit : « Le saké est maison. Le riz de la terre et le feu de la vie. Pour tout dire, il sera un peu plus fort car j'ai laissé échappé un éclair à l'intérieur, mais c'est une bonne chose. La vie et le dragon sont là dedans rassemblés, afin d'offrir à tout asahi l'essence même de la vie de notre île. Le saké c'est pour ouvrir le repas, séparé les quatre premiers plats des quatre derniers, et finir le repas. Il ne faut jamais en boire seul, ni en boire de trop, parce qu'on dit que tous les jours, il ferait perdre la tête à un sage. C'est un alcool fort, parce qu'il est le seul que l'on puisse boire, une fois dans l'année. On dit qu'un verre tuerait un phénix, mais je n'en suis jamais mort, alors tu devrais survivre » Il eut un sourire, amusé. « Bon appétit. »

Son accent français était un peu pourri, mais il faisait ce qu'il pouvait. Il fit un petit signe avec le pouce, et ouvrit les huit boîtes devant leurs yeux. Ici, crevettes, riz, poisson, morceau de boeuf, de poulet, de gambas, de … qu'y avait-il à manger dans ces boîtes?! Tout un magasin?! Tout avait l'air appétissant et amusant la fois. Ici, une algue enroulait autour de crevettes coupées en cube et de riz, avec des concombres crus et des filaments de carotte fut le premier choix de Zenshou, qui bu son saké dans un tout petit verre avant de croquer dedans, avec une petite mine réjoui qu'on ne lui connaissait que très rarement, voir jamais.







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Huyana Ajagutaq-Imaq
ETUDIANTE. ► 4e année de SACM.

► MESSAGES : 84
Ven 25 Fév - 13:08


Le silence. C'était le langage le plus clair que Zenshou utilisait. Dans le silence, il ne s'emmêlait jamais les pinceaux et il y avait comme quelque chose de naturel au silence de l'asahi. Quelque chose qui relevait de l'évidence quand chez d'autres, c'aurait été la gêne qui se serait installée. Huyana suivit, observant le même silence, par respect mais surtout parce que ce soir, elle ferait à la manière de Zenshou. Certes elle ne portait pas le noir si bien que lui, ou peut-être était-ce simplement qu'on ne lui en avait pas souvent vu jusque là. L'or aurait sans doute caressait son grain de peau est son teint de façon bien plus seyante, mais c'aurait été vaniteux de porter de l'or. Du moins c'était ce qu'elle s'était dit et ce qu'elle continua de se dire même après les explications de Zenshou. Huyana avait tendance à considérer qu'en tant que princesse, son rôle premier était de faire montre d'humilité devant les autres, elle n'aurait pas eu la prétention de se vêtir en princesse asahi quand sur les terres de cendres elle aurait été au mieux un diplomate au pire... mieux valait ne pas y penser.
Quand il eut fini de lui expliquer la symbolique des couleurs, elle acquiesça toujours en silence et lui emboîta le pas. Ses grands yeux d'eau détaillaient discrètement la tenue de Zenshou qu'ils ne lui avaient encore jamais vue et elle se fit la réflexion que c'était l'habit dans lequel elle le préférait mais bien sûr, elle n'en dirait rien comme elle savait à quel point il était peu friand de ce genre de remarque, futiles à ses yeux. Huyana tiqua en voyant qu'ils prenaient la direction du campus mais, bon public, elle ne dit rien. Ce serait donc un cerisier en fleur qui leur tiendrait lieu d'hôte ce soir et la djinn d'eau ne vit là qu'un mieux, un petit plus qui rendrait la soirée d'autant plus unique.

« Le saké est maison. Le riz de la terre et le feu de la vie. Pour tout dire, il sera un peu plus fort car j'ai laissé échappé un éclair à l'intérieur, mais c'est une bonne chose. La vie et le dragon sont là dedans rassemblés, afin d'offrir à tout asahi l'essence même de la vie de notre île. Le saké c'est pour ouvrir le repas, séparé les quatre premiers plats des quatre derniers, et finir le repas. Il ne faut jamais en boire seul, ni en boire de trop, parce qu'on dit que tous les jours, il ferait perdre la tête à un sage. C'est un alcool fort, parce qu'il est le seul que l'on puisse boire, une fois dans l'année. On dit qu'un verre tuerait un phénix, mais je n'en suis jamais mort, alors tu devrais survivre »

Elle lui rendit son sourire et le laissa disposer des plats. Chaque fumet était un pur délice et elle se découvrit bien vite une envie de manger de bon appétit. Elle porta son petit verre de saké à ses lèvres, appréciant la brûlure chaude sur son palais puis dans sa gorge comme il le lui avait recommandé. Ce ne serait pas tous les jours que Zenshou Suru cuisinerait pour elle, et d'ailleurs il y avait bien longtemps que personne n'avait cuisiné pour elle. Le florilège des plats éveillait sa curiosité autant que ses couleurs et ses parfums. Là elle reconnaissait l'odeur du poisson et par inclinaison naturelle c'est là dessus que ce porta son premier choix.

« C'est délicieux Zenshou, je te remercie d'avoir préparé tout ça. », car il était de coutume chez elle de remercier quiconque prenait soin de vous dresser un couvert et de vous offrir à boire et à manger. Elle avait une petite étincelle dans le regard, celle-là même qui disait mieux que les mots qu'elle se régalait et que son côté enfantin, celui qui s'émerveillait d'un rien, avait trouvé sur la nappe noire et or de Zenshou, un petit coin de paradis. « Il y avait longtemps que je n'avais plus touché à un repas de fête. Ca réchauffe le coeur, ou bien est-ce ton saké... », ajouta-t-elle avec cette légèreté naturelle qui lui était propre.

En temps normal, la tradition eût voulu que Huyana célèbre dignement chaque pleine lune, qu'elle observe un soir de deuil à la nouvelle lune et qu'elle célèbre les équinoxes sans faute. Elle ne manquait pas de tenir le jeûne les nuits sans lune et de saluer l'astre bienveillant à ses occasions mais elle était bien loin du faste et de l'excitation qu'elle aurait du soulever à chacune de ses occasions comme l'océan se soulève, gonfle et enfle. Mais pour cela il lui aurait fallu au moins un compagnon pour festoyer et jusque là, elle n'avait trouvé personne chez qui l'envie ou l'intérêt soit assez éveillé pour ce faire. Mais l'idée faisait son chemin, qu'il faudrait bien retourner cette faveur que lui faisait Zenshou en lui faisant partager ses propres coutumes.







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Zenshou S. Suru
ETUDIANT. ► 4e année de
SORTILEGES & ENCHANTEMENTS.

► MESSAGES : 50
Lun 2 Mai - 20:17




Shima s’était glissée sur les genoux de son maître, et mangeait proprement – ou presque – les petits plats qu’il lui donnait ; Zenshou, lui, mangeait par habitude, il mangeait avec une mine qui n’était pas spécialement réjouie, à la limite du peiné même. Manger ça, fêter ça, c’était encore se rappeler toutes les choses qu’il avait raté, et pire encore, le fait que bientôt il devrait retourner dans son pays. La mort ou la soumission. Quel drôle de peuple il fêtait là. Quel peuple… Un peuple qui avait tranché la tête de son père. Il avala tout rond ce qui ressemblait vaguement à un sushi entouré d’une sauce rougeâtre à base de groseille et de framboise et eut un petit sourire en voyant comment Shima, elle, ne portait pas attention à tout ça. Il releva ses yeux sur Huyana, et la blancheur de sa peau contrastait tellement avec la noirceur de l’endroit qu’il eut un petit sourire idiot en coin. Dans les yeux de l’asahi, c’était peut-être la première fois qu’il la voyait vraiment comme elle était – jolie, rayonnante, et plus que ça, femme. Jusqu’à maintenant, elle n’avait été que la suivante, cette petite teigne qui s’entêtait à lui parler et à lui faire la conversation alors qu’il avait déjà du mal à placer trois phrases dans la journée. Mais cette suivante était une femme, au-delà de ce que pouvait penser les autres. Les traits fins de son visage, cette beauté et cette grâce tout à fait naturelle, l’éclat dans ses yeux ; tout ça n’avait rien de masculin, loin de là. Il baissa finalement les yeux, jugeant que scruter les gens sans leur permission était déplacé. Il avala les derniers mets dans l’ordre que la tradition lui avait inculqué, un ordre rigoureux qu’il n’avait pas à l’esprit de trahir puisqu’il n’y avait aucun intérêt à ne pas faire comme l’usage le voulait. Shima ronronna à la fin du repas, glissant sur le sol, rassasiée. Zenshou eut un sourire et bu une gorgée chaude de saké, qui lui réchauffa les joues sans le voir.

« Il y avait longtemps que je n'avais plus touché à un repas de fête. Ca réchauffe le coeur, ou bien est-ce ton saké... »
« Cela me fait plaisir que ça te fasse plaisir. »

Il hocha la tête, sincère dans sa démarche quand ça aurait pu paraître suspect ou même totalement inutile comme remarque. Parfois, les anglais oubliaient que Zenshou comme Huyana n’étaient pas de ce monde. Qu’ils n’appartenaient en rien à leur morale ou même à leur environnement. Il avait fallu du temps à Zenshou à s’habituer aux pluies torrentielles, quand dans son pays, il ne pleuvait que rarement, voir jamais. Il avait vu des années entières passées sans la moindre trace d’eau, et pourtant, les fruits et les légumes poussaient. L’eau venait d’en-bas, et jamais d’en-haut. Il tendit finalement le bras et ramassa petit à petit les mets, même si au final, il avait si bien calculé qu’il ne restait pas grand-chose pour le lendemain. Il eut un sourire en voyant que Shima s’éloignait et se rapprochait du lac, le museau en l’air, semblant faire signe à Zenshou qu’il était l’heure. Il leva alors les yeux, observa le ciel sombre et se leva. La lune était bien haute. Il tendit sa main à Huyana, plus par mimétisme anglais que par tradition, puis se mit à avance vers le lac.

« La légende de la fondation du pays Asahi veut qu’un dragon ait donné un jour à un prince et son ami des pouvoirs afin qu’ils vivent sur l’île au sol de cendre, en échange de quoi, il faudrait sacrifier tous les ans brebis et bovins en son nom, afin de le nourrir. Aujourd’hui est le jour où Zenshou Ryûû, dragon ancestral dont on dit que le corps est l’île sur laquelle mon peuple vit, se réveille et réclame son met. Une fois jetée, si une fumée noire s’élève du volcan sacré, on élève un grand banquet où on mange jusqu’à tard dans la nuit. C’est pour accueillir la première lumière de l’aube et encourager le soleil à se lever que les habitants dansent dans les rues et tapent sur des morceaux de fer en brandissant des feux d’artifice et des torches. Quand les premières lueurs frappent le ciel, il est de notoriété que le Pilier de Cendre, maître d’arme et chef des armées, fasse une démonstration de sa puissance. Il est accompagné par le roi, et les princes si il y a. Le but de la démonstration est juste de remercier le peuple, et pour cela, il faut faire quelque chose de beau, afin de réchauffer leur cœur à tous… » Il regarde le ciel, et il a un rire, un seul, bref, le premier depuis tellement longtemps. « Je n’attendrais pas les lueurs de l’aube car je ne suis pas encore Pilier de Cendre, et encore moins dans mon pays… »

Il se pencha en avant et frotta ses mains ensemble. Il faisait encore chaud, mais il avait besoin de ce petit quelque chose pour que la flemme naissance. Il regarda Shima, avec un petit sourire, et lui tendit la main, alors qu’une flamme s’enroulait déjà autour de son bras, comme une longue langue de feu.

« M’accompagneras-tu, Shima ? »

Shima regarda Zenshou, avec un petit sourire de panda étrange, et s’approcha de lui. La langue de feu s’enroula aussitôt de la petite créature qui bientôt ne fut plus qu’un brasier étrange. On la discernait encore, mais difficilement, à travers les flammes bleues qui se mirent à devenir multicolore. Noire à la base, se dégradant peu à peu vers le bleu, puis le vert, le rouge et enfin le violet. Zenshou la regarda, et la petite créature s’élança sur l’eau. Si en tant normal, un panda serait tombé dans l’eau, Shima posa sa patte sur l’eau et n’y entra pas. Au contraire, les flammes formèrent comme une flèche, et l’eau s’écartait presque devant elle, de grosses bulles remontant à la surface pour signifier ô combien l’eau pouvait être chaude. Comme la créature courrait sur l’eau, des flammes bleutées restées sur l’eau, comme un brasier grégeois. Zenshou se releva, frottant davantage ses mains, avec un sourire amusé.

Ses mains finirent par être recouverte de flammes bleues, longues et terribles, alors qu’il avança d’un pas décida vers l’eau s’arrêtant devant. Il ferma les yeux, se concentra, et en des gestes précis, ressemblant à une danse venue d’une autre époque, de multiples flèches de flammes partirent, filantes dans la nuit comme une nuée d’étoiles filantes sur l’eau foncée et pourtant éclairée par Shima. Les flèches se relevèrent et s’assemblèrent pour former plusieurs petites lucioles qui fourmillaient bientôt au-dessus du lac. Intrigués peut être par la lumière, quelques personnes regardaient par la fenêtre de l’abbaye, et certains, plus audacieux encore, sortaient de l’école pour se rapprocher.

Les lucioles, au-dessus de l’eau, s’assemblèrent pour former des feufolets fous, bougeant sur l’eau foncée. Shima courait toujours, longeant la berge pour laisser un mur de flamme derrière elle, tournant en rond, comme pour former un serpent. Zenshou se concentra, gronda un instant, et les feufolets s’assemblèrent pour former des chats. Neuf félins se tenaient sur l’eau, grimaçant d’un côté, alors qu’en face une meute de loup s’élevait. C’était un théâtre, et les gens ébahis ne disaient mots. Zenshou était si concentré qu’un seul regard vers Huyana aurait mis à l’eau le spectacle. D’ailleurs, il ne faisait attention à rien, pas même à Shima. Il siffla, ses mouvements se firent plus rudes, et les chats se jetèrent sur les chiens. La collision des flammes bleus et violettes formèrent une sorte de bouquet lumineux, puis un mur de flamme s’éleva et c’est sept hauts mustangs, immenses comparés aux vrais bêtes, qui se mirent à hennirent, se cambrant puis repartir sur l’eau, suivant dans une course folle Shima. Zenshou s’épuisait visiblement, mais Shima n’avait toujours pas fini son rond interminable sur l’eau. Il tiqua, et deux mustangs tombèrent dans l’eau – ce qui ne semblât pas le déranger – car tout de suite après, les derniers chevaux s’assemblèrent dans un bouillonnement rageur. Sortit de la boule de flammes plusieurs oiseaux. Un corbeau ici croassait en s’envolant dans les airs, haut, si haut qu’on ne le regarda pas et qu’une colombe s’échappait de la boule de feu. De cette dernière s’échappa de nombreux oiseaux, tous très différents, du cacatoès hilarant au noble albatros, qui montèrent si haut dans le ciel qu’on ne voyait plus que des points de couleurs différentes, entre un rouge sang et un violet hasardeux. Shima s’arrêta au moment où on discernait que les points formaient un dessin : et ce dessin c’était…. !

Un gros « boom » éclaboussa les berges du lac et les gens hurlèrent, pas de peur, mais de surprise, quoi que tous plus ou moins amusé. Sur le lac, à nouveau calme, les murs de flammes s’enroulèrent, comme une seule langue immense de feu, ronde. Il y eut un bruit, que tout le monde reconnu, et on écarquilla les yeux en voyant s’élevait la tête monstrueuse d’un serpent au-dessus de l’eau. Haut de six mètres, le monstre de feu sifflait nerveusement, en fixant le ciel. En haut alors, les points filèrent comme des étoiles pour s’assembler en une nova. Un cri perça le ciel, et de longues ailes se déplièrent sur le ciel. Le serpent de feu vert attendait patiemment l’attaque réservée de ce qui n’était non pas un aigle mais un phoenix : sa queue d’arabesque ne laissait aucun doute. L’animal de feu rouge siffla dans les airs, et s’élança vers le bas dans un grand battement d’aile. Shima eut un petit rire de panda inaperçu sur l’eau, et le serpent se transforma en tigre immense, qui se dressa sur ses deux pattes arrière, grondant en montrant les crocs. Le phoenix qui s’abattait grossissait à vue d’œil pour finalement se voir pousser des moustaches, jusqu’à devenir un dragon japonais, à la gueule forte. Le choc des deux bêtes fut violent ; un souffle chaud balaya la forêt et les environs, si fort que les premiers arbres bougèrent, et la lumière qui se dégageait des flammes se rencontrant laissa finalement place à un millier de petits papillons de feu, virevoltant avant de s’effacer dans la grâce du vent. Shima était alors au pied de son maître, Zenshou, qui respirait fort, en sueur, les mains tremblantes.

Il y eut le silence.
Puis une nuée d’applaudissement.











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